Thomson : une présidence vacante et un directeur général par intérim31/03/2008
Frank Dangeard (cf. photo) quitte ses fonctions de P-DG de Thomson et refuse la seule présidence du groupe. Julian Waldron est nommé directeur général par intérim.
Le groupe français de technologies et de services pour les médias a annoncé hier le départ de son p-dg Frank Dangeard et la désignation au poste de directeur général, pour une période intérimaire, de son actuel directeur financier, Julian Waldron. Celui-ci présidera un comité exécutif inchangé et cumulera les deux fonctions, dans l'attente de la nomination d'un nouveau directeur général.Lors de la publication de ses résultats annuels, le 14 février, Thomson avait expliqué qu'il reviendrai à une structure de gouvernance dissociée, qui sépare les fonctions de président et celles de directeur général. Cette décision s'inscrit dans la lignée de sa transformation « achevée » en équipementier et fournisseur de services dans l'image vidéo et les réseaux, sortant des activités d'électronique grand public. Vendredi, Frank Dangeard a décliné l'offre du conseil d'administration de rester à la seule présidence du conseil, estimant, selon le communiqué de Thomson, que « la fonction de président et l'avenir du groupe, tels qu'envisagés par le conseil, seraient mieux assurés par un autre que par lui ». Il a néanmoins accepté dans « un souci de transition », d'assumer le rôle de président jusqu'au 12 avril au plus tard. En outre, le conseil d'administration a souscrit à la proposition de son ancien p-dg de réduire son indemnité de départ à hauteur de 18 mois de sa rémunération 2007, « en ligne avec les pratiques de gouvernance que le groupe compte appliquer à l'avenir ». Comme un constat d'échec... 50 ans, diplômé d'Harvard et ancien numéro 2 du France Télécom, Frank Dangeard a pris les rênes de Thomson en 2004, date où les fonctions de président et de directeur général ont été réunies. Il a mené la mutation de l'électronicien grand public en difficulté, que l'Etat français a failli céder, en 1996, pour un franc symbolique à Daewoo. Thomson est désormais un des leaders mondiaux des technologies numériques et vidéos, spécialisé notamment dans les services de post-production aux sociétés de médias, de divertissement et de publicité. Mais l'ère Dangeard a également été marquée par une lourde chute du titre Thomson, sortie du CAC 40 l'an dernier et dont les trois quarts de la valeur se sont évaporés. Aujourd'hui, sa valorisation dépasse tout juste 1 milliard d'euros. Renouvelé à 85 %, son chiffre d'affaires a été divisé par deux entre 2000 et 2007 (à 5,63 milliards d'euros) et ses effectifs se sont effondrés de 65 000 salariés fin 2004 à 22 000 fin 2007. Dans ce contexte, alourdi par de mauvais résultats 2007 et une perte de 54 % de l'action depuis le début de l'année 2008, suivis de rumeurs de démantèlement, le départ de Frank Dangeard, artisan de la rénovation de Thomson, sonne comme un constat d'échec. Le conseil d'administration réaffirme pourtant « son attachement à l'orientation stratégique globale, en vue d'établir un leader mondial des solutions vidéos ». Matthieu Maury |
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