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Thmson-TE/ Simens/ Philips

Publié le

Ils renouvellent ensemble la radiologie numérique Thomson Tubes électroniques (TTE), filiale de Thomson-CSF, Siemens et Philips s'associent au sein d'un joint-venture, Trixell, pour industrialiser ensemble un nouveau capteur radiologique plat.


L'un, TTE, est le premier fabricant mondial d'amplificateurs de brillance pour tables de radioscopie numérique. Les autres, Siemens et Philips, portent deux des plus grands noms de l'imagerie médicale. Pour exploiter ensemble un nouveau détecteur plat numérique pour la radiologie, ils viennent de fonder une société conjointe. " Trixell a deux missions : industrialiser un premier capteur pour la radiographie, puis développer toute une famille de capteurs complémentaires, explique Jean Chabbal, son directeur général. L'objectif est de livrer quelques centaines de capteurs dès la mi-1998, puis de progressivement monter en puissance jusqu'à plusieurs milliers par an. " En termes de marché, l'enjeu est d'importance, quoique difficile à quantifier. Première indication : " Le marché français de la radiologie est de l'ordre de 600 millions de francs par an ", expose Jean-Roch Serra, directeur de la division médicale de Siemens. Celui des nouveaux capteurs plats pourrait être de 100 à 200 millions de francs par an. En effet, il existe en France environ 5 000 sites de radiologie, chacun équipé pour 1 à 2 millions de francs d'appareils radiologiques. Mais, même s'ils en sont la pièce maîtresse, les détecteurs qui captent l'image représentent une fraction seulement de cette valeur. " De l'ordre de 20 % ", estime Jean-Roch Serra. C'est donc 20 % d'un marché de remplacement de 5 à 10 milliards de francs sur dix ans qu'espère capter Trixell. Et ce, seulement en France. Car une particularité des capteurs plats fait que, à terme, ils devraient remplacer les autres technologies. " Ils ont le potentiel d'atteindre une sensibilité suffisante pour toutes les applications de la radiologie numérique ", révèle Jean Chabbal. Leur arrivée risque donc de changer la donne sur un marché très partagé. D'un côté, les fabricants de films (Agfa, Kodak ) proposent les écrans radioluminescents à mémoire pour la radiographie, c'est-à-dire pour la prise d'images statiques à doses de rayons X relativement élevées : une forme de radiologie appelée radiographie. De l'autre, les spécialistes du génie médical vendent des tables d'examen dotées d'amplificateurs de brillance qui conviennent plutôt à la radioscopie, c'est-à-dire la prise d'images en dynamique et à faibles doses de rayons X. Avec le nouveau capteur, TTE entre sur un nouveau marché , celui de la radiographie. Alors que, jusqu'ici, le groupe ne jouait avec les amplificateurs de brillance qu'un pur rôle d'équipementier sur le marché de la radioscopie. " Notre groupe occupe environ 35 % du marché mondial des amplificateurs de brillance ", explique son porte-parole, Philippe Delbonnel. A noter que ni Siemens ni Philips ne lui en achètent, alors que General Electric est son principal client. General Electric qui va sans doute devenir le principal concurrent de Trixell ! Pour TTE, la naissance de Trixell est donc doublement stratégique. Outre un nouveau marché, à plus long terme, la nouvelle société apportera aussi la solution de remplacement des amplificateurs de brillance quand la recherche-développement aura suffisamment accru leur sensibilité. Et, ce jour-là, Trixell aura la certitude d'avoir deux premiers clients qui, à eux seuls, occupent 50 % du marché européen : Phillips et Siemens ! Pour ces deux spécialistes du génie médical, l'enjeu n'est pas moins important. D'abord, ils ont l'avantage de partager des coûts de développement et d'industrialisation qui, comme toujours en génie médical, sont particulièrement élevés. " Siemens Division médicale consacre par exemple 12 % de son chiffre d'affaires à la recherche-développement ", indique Jean-Roch Serra. Un détail corrobore l'importance de ces coûts dans le cas du capteur plat : depuis longtemps, Siemens et TTE collaborent au sein de divers projets Eurêka afin de bénéficier de la manne européenne. D'un autre côté, la fondation de Trixell assure Siemens et Philips qu'ils accéderont en premier à une technologie révolutionnaire. La minceur des nouveaux capteurs va en particulier renouveler radicalement le dessin des tables télécommandées. Conséquence ? De nouveaux modes de radiologie, voire de nouvelles applications, pourraient apparaître. Etre le premier à pouvoir les offrir est un avantage commercial considérable dans un marché figé par la réduction des dépenses de santé.



Les trois partenaires

Thomson Tubes électroniques


Chiffres d'affaires : 1,8 milliard de francs. Effectifs : 2 500 personnes.

Activité : Tubes électroniques professionnels.

Siemens Division médicale

Chiffre d'affaires : 24 milliards de francs. Effectifs : 22 000 personnes.

Activité : génie médical.

Philips Systèmes médicaux

Chiffre d'affaires : 10,5 milliards de francs. Effectifs : 10 000 personnes.

Activité génie médical.

Le joint-venture a une implantation à Moirans, près de Grenoble. Son capital s'élève à 50 millions de francs, dont : TTE, 51%; Siemens, 24,5 %; Philips, 24,5 %. Il emploie 45 personnes, dont 90 % provenant de chez TTE. Ses moyens : une salle blanche classe 10 000, des moyens de connexion, de dépôt de surface, 2 000 mètres carrés de locaux.



Une extrême complexité

Le composant dont les trois partenaires préparent l'industrialisation est sans doute le capteur le plus complexe jamais osé en production de masse ! Plusieurs éléments le composent, mais c'est surtout le premier qui est essentiel. Il s'agit d'une dalle de verre recouverte d'une substance scintillante, laquelle recouvre une matrice de plusieurs millions de pixels photo-sensibles. Son rôle est de transformer les rayons X en lumière visible, laquelle est à son tour transformée, à la surface de chaque pixel, en millions de signaux électriques !

USINE NOUVELLE N°2587
 

 

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