Thierry Lepaon, un chaudronnier favori pour prendre la tête de la CGT

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Thierry Lepaon - CGT
© AFP

C’est un ouvrier de l’industrie que la commission exécutive de la CGT a choisi comme candidat à la succession de Bernard Thibault comme secrétaire général. Mais Thierry Lepaon, ancien chaudronnier-soudeur, membre du parti communiste, représente aussi la centrale au niveau national.

Aujourd’hui, on croise plus souvent Thierry Lepaon, 52 ans, au Conseil économique, social et environnemental (CESE), où il préside le groupe CGT, que dans une usine. Mais l’homme que la commission exécutive de la CGT vient de choisir pour succéder à Bernard Thibault, a derrière lui une carrière de chaudronnier-soudeur, démarrée à 17 ans.

Peu connu du grand public, il s’est fait connaître au début des années 2000, prenant la tête, comme délégué syndical CGT, de la fronde des salariés de Moulinex opposés à la fermeture de leur usine. Il sera d’ailleurs le dernier licencié du site. Depuis, il est resté ancré dans son territoire, et dirige la fédération CGT du Calvados.

En juin, à la sortie du CESE où François Hollande venait de prononcer son premier discours présidentiel devant cette assemblée, Thierry Lepaon affirmait "n’être candidat à rien, mais au service de la CGT si on le (lui) demande". Il a su rester sur cette réserve pendant toute la durée du psychodrame qui vient d’agiter la centrale de Montreuil, apparaissant comme le "joker" qui permettra de sortir de la crise. Une habileté qu’on lui reconnaît aussi dans sa manière de négocier, ou de rechercher le compromis au sein des commissions du CESE.

Membre de la commission exécutive de la CGT (54 membres), responsable confédéral en charge de la formation professionnelle,  il ne fait pas partie du saint des saints, le bureau de la centrale. Mais il a le soutien de l’ex-numéro deux de la centrale, Maryse Dumas, qu’il croise au CESE. Encore très influente, elle a beaucoup poussé sa candidature. Thierry Lepaon revendique une proximité avec Bernard Thibault : "je travaille à ses côtés depuis suffisamment d’années maintenant, dit-il, pour avoir son oreille comme il a la mienne". D’ailleurs, à la tête de la CGT, il ne devrait pas modifier la stratégie de l’actuel secrétaire général.

Convaincre le CCN

Son défi, maintenant, est de convaincre le comité confédéral national (CCN) des 6 et 7 novembre prochain, qui représente les fédérations professionnelles et les unions départementales. Puis d’être élu au Congrès de Toulouse, du 18 au 22 mars 2013. Pour éviter d’amplifier la crise interne, les soutiens d’Eric Aubin, candidat malheureux à ce poste, pourraient se rallier à la candidature de Lepaon. A condition d’avoir des gages sur la réforme interne de la confédération, qu’ils appellent de leurs vœux et que souhaitait mettre en œuvre Eric Aubin. Une question de rééquilibrage des pouvoirs entre fédérations, entre fédérations et unions locales, dans les nombreuses instances dirigeantes de la CGT. Thierry Lepaon doit s’exprimer aujourd’hui sur ce sujet.

Souvent considéré comme un interlocuteur aux épaules solides par les autres syndicats ou les organisations patronales, Thierry Lepaon ne participe pourtant pas aux négociations sur l’emploi en cours. Mais avec ses contacts au CESE, de Raymond Soubie, ex conseiller social de Nicolas Sarkozy, aux représentants du Medef, il est désormais doté d’un carnet d’adresses national étoffé. Certains, à la CGT, lui reprochent d’ailleurs d’être proche d’un groupe de réflexion, le Quadrilatère, qui réunit des syndicalistes, des patrons, des journalistes. "Heureusement que des patrons rencontrent des syndicalistes parlent et vice-versa", a-t-il réagi.

Ce spécialiste de la formation, militant de la lutte contre l’illettrisme, a rendez-vous ce mardi soir avec le ministre de la Formation professionnelle, Thierry Repentin.

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