Theolia remonte la pente
Par Ana Lutzky - Publié le
L’entreprise spécialisée dans l’éolien a fortement réduit sa perte nette au premier semestre 2009. Les comptes progressent, mais le résultat net reste dans le rouge.
« Producteur européen d'électricité à partir des énergies renouvelables. » C’est encore la baseline accolée à l’entreprise Theolia sur Google. Plus pour longtemps. Lors de l’annonce des résultats semestriels de l’entreprise, son directeur général Marc van’t Noordende a souligné que l’entreprise se recentrait désormais autour d’un seul mot d’ordre : « develop, operate and sell ». En d’autres termes, une fois le parc éolien sur pied, il laisse à d’autres le loisir de produire de l’électricité : « nous sommes un développeur de projets, pas un producteur. Notre projet, c’est le produit, ce n’est pas l’électricité produite. »
La stratégie détaillée par le patron de Théolia semble se tenir. D’une part, la demande d’énergie éolienne restera forte avec les engagements mondiaux des gouvernements contre les émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, la visibilité sur les rentrées d’argent à venir et la rentabilité du modèle de Théolia rendent les retours sur investissement certains et prévisibles. Enfin, les clients finaux, des industriels et grands groupes d’électriciens souvent publics ou semi-publics, sont insubmersibles.
L’entreprise revient de loin. En novembre, Theolia annonçait, un plan de survie incluant la suppression de « près de la moitié » de ses effectifs et des cessions d'actifs. Le spécialiste des fermes d'éoliennes était à court de liquidités et se trouvait contraint d'abandonner ses objectifs financiers pour 2008. Marc Van't Noordende, à l’époque le nouveau patron appelé par les actionnaires en catastrophe fin septembre pour succéder au fondateur Jean-Marie Santander, expliquait que l’entreprise n’avait pas les moyens financiers d’assurer la croissance imaginée. « Theolia a investi agressivement, [ce qui] est malheureux », avait-il reconnu. Pour retrouver des marges de manœuvre, Theolia a donc cédé des actifs. La société s’est aussi recentrée sur l'activité éolienne, a réduit de moitié les effectifs du siège pour baisser ses coûts, et annoncé qu'elle annulait le projet de cotation en bourse de Theolia Emerging Markets.
L’échéance de 2012. En octobre 2007, la société avait levé un emprunt convertible de 233 millions d'euros. En 2014, une clause permettra aux obligataires soit de convertir leurs obligations appelées "Océane" en actions, soit d’être remboursés. Mais ces derniers peuvent aussi prendre leur décision de manière anticipée en 2012. Le prix de l’action Théolia ayant de chuté de 17 euros à 5 euros, le plus probable, si la situation n’évolue pas, est que les obligataires demandent à être remboursés en 2012. Or de cet emprunt, il ne restait que 63 millions à la fin juin 2008, et plus rien en décembre. En tenant compte des taux d’intérêt, il faudra donc que Théolia réunisse 255 millions d’euros en prévision du coup dur (si tous les obligataires demandaient le remboursement en 2012). « L’entrée d’un actionnaire pourrait être une solution », a dit le directeur général, « mais aucun ne se tient caché derrière la porte », a-t-il glissé avec humour.
Le cash reste la priorité. Corollaire à cet enjeu de recapitalisation, un des grands chantiers du directeur général est de mettre au clair la trésorerie. Fin octobre, c’était la panique à bord : le cash disponible de la société s'élevait à 14 millions d'euros, alors que son plan de dépense pour novembre et décembre se situait entre 15 et 20 millions d'euros. La trésorerie de Théolia avait fondu comme neige au soleil : au 31 décembre 2007 elle ressortait à 326 millions d'euros contre 95 millions d'euros au 31 octobre 2008, pour un montant disponible de 14 millions d'euros. La position de trésorerie disponible du groupe s'est depuis nettement améliorée, notamment grâce aux encaissements issus des ventes de Thenergo, de projets éoliens en France et de parcs en exploitation en Allemagne. Le cash disponible de la holding est ainsi passée de 9 millions d’euros au 31 décembre 2008 à 28 millions d’euros au 30 juin 2009.
La société a amélioré sa situation financière, réduisant son endettement de 498,1 millions d'euros au 31 décembre 2008 à 487,6 millions d'euros au 30 juin 2009. Sur la base d'un chiffre d'affaires de 104,93 millions d'euros, en hausse de 89 % en comparaison annuelle, le producteur d'électricité à partir de l'énergie éolienne a dégagé un Ebitda de 25,37 millions, en progression de 177 %. Le résultat net au 30 juin 2009 est toujours négatif, en perte de 14,1 millions d'euros. Mais au 30 juin 2008, la perte s'élevait à 26,2 millions d'euros . Soit une amélioration de plus de 86 %.
| Parties prenantes | Part du capital de Theolia |
| Gama Enerji | 17 % |
| Management | 1 % |
| FC Holding | 11 % |
| Investisseurs institutionnels | 53 % |
| Actionnaires individuels | 18 % |
| Parties prenantes | Part du capital de Theolia |
| Gama Enerji | 17 % |
| Management | 1 % |
| FC Holding | 11 % |
| Investisseurs institutionnels | 53 % |
| Actionnaires individuels | 18 % |

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