imprimer

Théolia parie sur le Maroc

Par Ana Lutzky - Publié le

© Vestas

L’opérateur éolien compte sur une option d’achat pour mettre la main sur un parc éolien très venté au Maroc, afin de l’agrandir. Le parc est opportunément situé... à proximité d’une interconnexion électrique vers l’Espagne.

Théolia dispose d’une pièce de choix au Maroc. Veillot mais prometteur en cas de modernisation, son parc éolien de Tétouan lui offre une capacité de 50 MW dans un site idéal : très venté, et bien placé pour exporter du courant vers l’Espagne.

En janvier 2008, Théolia avait acheté le tout pour 42,5 millions d'euros : l’entreprise avait acquis la Compagnie Eolienne du Détroit, qui était contrôlée majoritairement par EDF et disposait du parc. Les 84 éoliennes produisent environ 190 gigawatts-heure par an. Avec deux fois plus de vent que sur un parc moyen, les machines souffrent beaucoup et vieillissent prématurément, et Théolia souhaite aujourd’hui optimiser la qualité du site.

Le spécialiste de l’éolien aimerait  tout d’abord en augmenter la puissance : les petites machines Vestas de 600kW datent des années 2000, alors que les éoliennes commercialisées aujourd’hui sont dix fois plus puissantes. Pour mener à bien ce projet, Théolia doit tout d’abord discuter avec l’électricien national, l’ONE. En effet, Théolia est concessionnaire du parc jusqu’en 2019. Une option d’achat permet néanmoins dès septembre 2010 d’envisager une reprise de l’actif, à la valeur de 17 millions d’euros. Si les contacts avancent bien, l’entreprise s’attend à une « formalisation d’ici à la fin de l’année », a-t-elle fait savoir en marge de l’annonce de ses résultats annuels.

Dans l’hypothèse ou le deal prend forme, ce ne sera qu’à la toute fin que seront connus le modèle et le constructeur des éoliennes : « les turbines constituent 80% de l’investissement. Vous négociez jusqu’au dernier moment », explique  Jean-François Azam, directeur opérationnel chez Théolia. Par ailleurs, le marché est « dans une phase de mutation technologique », ajoute-t-il : place aux machines d’attaque directe, sans boîte de vitesse entre le rotor et la génératrice. L’industriel attend de voir.

Côté potentiel, les atouts sont là : le Maroc compte passer d’une puissance éolienne de 300 MW à 6.000 MW d’ici 2020, le projet s’inscrit d’autre part dans le cadre du plan solaire méditerranéen, avec lequel la législation marocaine prévoit déjà la possibilité d’exporter du courant. Enfin, le parc de Théolia, au nord du pays, se situe juste à côté de  l’interconnexion entre le Maroc et l’Espagne. Si le groupe français Alstom vient de remporter  un contrat de 100 millions d’euros pour la fourniture au Maroc d’une ferme éolienne d’une capacité de 100 MW, Théolia est sans conteste dans la course.
 

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter