Théolia limite la casse
Par Ana Lutzky - Publié le
L'opérateur d'éoliennes a bien remonté la pente en 2009. Il a notamment réduit sa perte à 21,1 millions d'euros, contre 245,2 millions l'année précédente.
« Nous sommes sur la voie de la guérison » a déclaré Eric Peugeot, le PDG de Theolia. En 2009, le groupe a accusé une perte nette de 21,1 millions d'euros contre un déficit de 245,2 millions en 2008. L'augmentation de capital prévue « permettra de déterminer [son] avenir » a ajouté le PDG. Le chiffre d'affaires a crû à 328,6 millions d'euros, contre 70 millions en 2008. Du coup, sa dette nette est passée de 498 millions fin 2008 à 396 millions fin 2009.
Cette bonne performance s'explique notamment par la reprise des ventes fermes d'éoliennes. Nulles en 2008, ces vente ont permis de faire rentrer 65 millions d’euros dans les caisses l’entreprise en 2009. Concernant 2010, « la priorité sera d'intensifier le développement du portefeuille de projets ». Le communiqué de la société cite notamment parmi ses trois marchés clés sur lesquels il prévoit de se pencher particulièrement : la France, l'Italie et l'Allemagne et dans les pays émergents, le Maroc, l'Inde et le Brésil.
Le groupe déclare également qu'il va se concentrer sur son augmentation de capital et indique qu'il devra lever au moins 45 millions d'euros en juin-juillet pour pouvoir assurer la continuité de son exploitation sur 12 mois. Les gros actionnaires historiques suivront certainement le mouvement. Des financeurs institutionnels et industriels (des industriels de taille moyenne, "complémentaires en termes d’activité" et "européens", a indiqué Eric Peugeot) se sont dits intéressés.
Valse des patrons
Au plus fort de la crise qui avait secoué Théolia au bord du gouffre financier, le sobre Marc van't Noordende avait pris les commandes en septembre 2008, succédant au tonitruant Jean-Marie Santander. Il s’était alors employé à redresser la barre, améliorant la transparence de la communication de l’entreprise et cédant des actifs non stratégiques afin de renflouer la trésorerie bien mal en point. Le nordique avait ainsi écumé les banques helvètes afin de renégocier la dette à taux fixe sur 15 ans : un changement radical de politique de financement comparée à celle de son prédécesseur Jean-Marie Santander, qui avait opté pourun crédit à taux variable.
Débarqué, Marc van't Noordende a été remplacé au poste de directeur général par Eric Peugeot, ancien Président du Conseil d’administration de la société, alors qu’un petit groupe d’actionnaire commençait à entrer en résistance contre la restructuration. Une manœuvre comprise par certains comme une reprise du pouvoir par l’actionnaire Willi Balz, détenteur de moins de 10% de la société. Ce dernier pourrait être opposé à l’augmentation de capital en préparation, et pourrait souhaiter monter à 30% du capital pour reprendre la main sur la gouvernance du groupe. Interrogé, Eric Peugeot a estimé qu'il était "bien difficile" de connaître les intentions des actionnaires historiques.
Convaincre de renflouer
Début février, Eric Peugeot a pris les manettes opérationnelles de la société, épaulé par Jean-François Azam à la direction opérationnelle et François Rivière, qui remplace Olivier Dubois aux finances. Cette réorganisation est intervenue à un moment critique. Pour éviter la faillite, Theolia a finalisé la renégociation de son emprunt obligataire de 253 millions d'euros auprès d'une assemblée générale de créanciers le 18 février. Les principaux obligataires, représentant 65,5% du montant nominal de l'émission, ont accepté à 100% une restructuration de cette dette. Plus houleuse, une assemblée générale des actionnaires a eu lieu le 19 mars afin d'approuver la réalisation d'une augmentation de capital d'un montant maximum de 100 millions d'euros, condition sine qua non pour que l’entreprise verse les 253 millions d'euros de son emprunt obligataire le 1er janvier 2012 en cas de demande de remboursement anticipé de l'intégralité de cet emprunt. L’augmentation de capital a été votée, « à 99,5% », se réjouit Eric Peugeot.
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