Theolia : avis de vents contraires
Le 03 mars 2010 par Ana LutzkyLa valse des patrons déstabilise le conseil d’administration du groupe éolien, alors qu’une assemblée générale des actionnaires le 19 mars doit approuver une augmentation de capital d'un montant maximum de 100 millions d'euros.
Chez Théolia, le vent tourne, et vite. Débarqué, Marc van't Noordende a été remplacé au poste de directeur général par Eric Peugeot, ancien Président du Conseil d’administration de la société. Une manœuvre comprise comme une reprise du pouvoir par l’actionnaire Willi Balz, détenteur de moins de 10% de la société. Ce dernier pourrait être opposé à l’augmentation de capital en préparation, et pourrait souhaiter monter à 30% du capital pour reprendre la main sur la gouvernance du groupe.
Au plus fort de la crise qui avait secoué Théolia au bord du gouffre financier, le sobre Marc van't Noordende avait pris ses fonctions en septembre 2008, succédant au tonitruant Jean-Marie Santander. Il s’était alors employé à redresser la barre, améliorant la transparence de la communication de l’entreprise et cédant des actifs non stratégiques afin de renflouer la trésorerie bien mal en point. Le nordique avait ainsi écumé les banques helvètes afin de renégocier la dette à taux fixe sur 15 ans : un changement radical de politique de financement comparée à celle de son prédécesseur Jean-Marie Santander, qui avait opté pourun crédit à taux variable.
A la recherche des fonds perdus. Voici trois semaines, Eric Peugeot a pris les manettes opérationnelles de la société, épaulé par Jean-François Azam à la direction opérationnelle et François Rivière, qui remplace Olivier Dubois aux finances. Cette réorganisation intervient à un moment critique. Pour éviter la faillite, Theolia a finalisé la renégociation de son emprunt obligataire de 253 millions d'euros auprès d'une assemblée générale de créanciers le 18 février. Les principaux obligataires, représentant 65,5% du montant nominal de l'émission, ont accepté une restructuration de cette dette. Une assemblée générale des actionnaires doit se tenir le 19 mars afin d'approuver la réalisation d'une augmentation de capital d'un montant maximum de 100 millions d'euros, condition sine qua non pour que l’entreprise verser les 253 millions d'euros de son emprunt obligataire le 1er janvier 2012 en cas de demande de remboursement anticipé de l'intégralité de cet emprunt.
Ladite AG s’annonce houleuse. Le producteur d'électricité éolienne a annoncé hier qu'un actionnaire minoritaire, Michel Meeus, avait demandé la révocation de quatre administrateurs, Louis Ferran, Philippe Dominati, Philippe Leroy et Jean-Pierre Mattéi. Il a demandé à la place sa propre nomination ainsi que celles de Fady Khallouf et Gérard Creuzet, présentés comme administrateurs indépendants. Le conseil, présidé par Eric Peugeot, invite les actionnaires à rejeter ces résolutions. Il estime que « changer radicalement la composition du conseil d'administration en cours de réalisation de la restructuration financière créerait un risque important pour l'avenir de l'entreprise ».
En cas de concrétisation du plan de financement, à propos duquel un expert indépendant doit remettre un rapport au conseil d'administration début 2010, Theolia assure qu'elle aura augmenté sa trésorerie de 40 millions d'euros, ramené sa dette au titre de l'emprunt obligataire à 127 millions d'euros remboursables le 1er janvier 2015, tandis que ses fonds propres auront grimpé d'environ 150 millions d'euros.
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