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Thales/Safran : la tension monte avant la réalisation de l'accord

Par Rémy Maucourt - Publié le
Sagem
© D.R.

Le rapprochement entre les deux groupes est encore en négociation, mais les salariés de Safran protestent déjà contre ses possibles conséquences. Le projet est également mis en doute pour sa logique industrielle.

"Nous craignons [...] de nombreuses suppressions d'emplois et la fermeture des centres de Dijon, de Poitiers, et d'Argenteuil." Philippe Purenne, délégué syndical central adjoint CFDT de Sagem DS (Groupe Safran), a participé à une manifestation ce jeudi 13 octobre, au matin, devant le siège de son entreprise. L'objectif des salariés : peser sur les négociations en cours entre leur groupe, Safran, et Thales. Plusieurs centaines de personnes manifestaient aussi à cette occasion.

Le mouvement a été lancé par un front syndical uni CFDT/CFE-CGC/CGT/CFTC/FO. Chacun de ces syndicats a appelé à débrayer au moins une heure dans les centres Safran de province. Résultat : "environ 900 personnes se sont rassemblées devant l'usine de Montluçon (Allier, NDLR), 450 à Poitiers et entre 200 et 250 à Dijon", selon Philippe Purenne.

Un projet inquiétant pour les salariés

En gestation depuis 2007, le projet de rapprochement entre les deux équipementiers de défense français est revenu au coeur de l'actualité cette semaine. Mardi 11 octobre, le site internet de Challenges annonce que l'accord définitif serait signé le 14 octobre. Plusieurs sources internes ont depuis contredit cette information.

La solution qui semble se dessiner entre Safran et Thales consiste en la création de deux co-entreprises. L'une regrouperait les activités d'optronique des deux groupes, et Thales en serait l'actionnaire majoritaire. L'autre serait dédiée à l'avionique, et plus particulièrement aux centrales inertielles, sous le contrôle de Safran.

Outre les craintes de suppression d'emplois, ce projet est critiqué en terme de stratégie industrielle. Dès le mois de mai dernier, Gérard Mardiné, représentant CFE-CGC chez Safran, expliquait à l'Usine Nouvelle la complexité de la séparation entre l'avionique et l'optronique. "Un schéma industriel absurde" selon lui. L'accord définitif est attendu avant la fin du mois d'octobre.

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