"Thales a bien l’intention d’en découdre avec Alstom en Chine"

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  Pour Christian Grégoire, le directeur de la stratégie de la division transport de Thales, le contrat de signalisation ferroviaire remporté à Nanjing, pour 33 millions d’euros, marque le retour en force du groupe sur les rails chinois. Avec en ligne de mire les 25 projets de métros récemment approuvés par les autorités.

L'Usine Nouvelle - Vous annoncez aujourd’hui, 18 septembre, avoir remporté le contrat pour la signalisation de la liaison ferroviaire avec l’aéroport de Nanjing, en Chine. En quoi ce contrat est-il important ?
Christian Grégoire - Le métro de Nanjing, c’est d’abord un nouveau client pour notre système de signalisation ferroviaire de pointe CBTC (Communication Based Train Control) dédié au transport urbain et péri-urbain. Et un client à fort potentiel : Nanjing est une ville très importante du sud de la Chine qui prévoit d’ouvrir quatre nouvelles lignes de métro d’ici à 2014. Ce contrat, c’est aussi le premier remporté par Thales SAIC Transportation System, la co-entreprise avec Shanghai Electric Corporation (SEC) et sa filiale Shanghai Automation Instrumentation Co (SAIC) que nous avons créée fin 2011

Cela faisait un certain temps que vous n’aviez pas remporté de contrat dans le ferroviaire en Chine …
Si l’on excepte Hong Kong, où nous avons renforcé notre présence avec un contrat en janvier 2012, nous avons eu une période de creux en Chine ces deux dernières années. Les règles ont changé depuis 2010. Pour répondre en direct aux appels d’offres dans la signalisation ferroviaire, il est devenu nécessaire de présenter une co-entreprise avec un industriel chinois. Nous avions anticipé ce changement, mais il nous a fallu du temps pour trouver le partenaire optimal et finaliser notre rapprochement avec SEC et SAIC. Nous disposons d’une licence d’activité depuis décembre dernier.

Vos concurrents ont-ils profité de ce "passage à vide" ?
Il est certain qu’Alstom, avec sa coentreprise Casco, s’en est donné à cœur joie ! Désormais, Thales a bien l’intention d’en découdre avec son concurrent Alstom sur le marché chinois. Notre coentreprise est très structurante. Nous avons réalisé un transfert de technologies profond qui couvre l’ensemble de notre offre CBTC, jusqu’au métro sans conducteur. Même si Thales conserve dans son giron certains éléments critiques pour la sécurité.  Notre centre de Shanghai, ouvert en avril dernier, regroupe 250 personnes. Nous voulons devenir le leader du marché chinois du CBTC. Et pour cause ! Il pèse autour d’un un milliard d’euros par an, environ la moitié du marché mondial.

Les autorités chinoises ont récemment validé 25 projets de métro pour 100 milliards d’euros. Combien en visez-vous ?
Cette annonce vient à point nommé pour notre co-entreprise. Elle est importante car elle confirme que les turbulences qui ont touché le rail chinois en 2011, avec le limogeage du ministre des chemins de fer pour corruption et l’accident de TGV, ne remettent pas en cause le développement du transport urbain. Les besoins sont de toute façon criants avec la croissance des villes. Ces 25 premiers projets devraient aboutir à des appels d’offres dès l’an prochain. Nous serons candidats sur environ la moitié de ces projets. L’idée est de s’appuyer sur nos références en Chine. Par exemple,  Shanghai où nous avons terminé la signalisation de trois lignes en 2011. L’opérateur du métro de Shanghai est réputé et exerce une forte influence sur un certain nombre de municipalités. Nous viserons celles-ci en priorité.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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1 réaction

quel est l objectif | 19/09/2012 - 21H37

Combattre Alstom est un objectif erroné, chasser en meute serait beaucoup plus intelligent et productif !!!

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