En annonçant il y deux jours que le groupe énergétique Poweo renonçait à son projet de terminal méthanier sur leur commune, les élus de Saint-Jouin-de-Bruneval en Seine-Maritime sont peut-être allés vite en besogne.
Le groupe a en effet déclaré dans la soirée du 5 janvier que sa filiale Gaz de Normandie (GdN), société créée pour le développement d’un terminal méthanier à Antifer sur le périmètre du Port du Havre, maintenait son projet, « en attendant le prochain appel à propositions du Grand port maritime du Havre (GPMH), propriétaire du site ».
A l’appui de sa décision, GdN aligne de multiples arguments : « La sécurité d’approvisionnement de la France en gaz naturel reste un enjeu majeur et Gaz de Normandie est confiant en la pertinence de son projet. Le port d’Antifer est le meilleur site sur la façade atlantique pour implanter un terminal méthanier La proximité d’Antifer avec les grands centres de consommation de la Haute-Normandie et de l'Ile-de-France, est un atout majeur. Les études réalisées permettent d’affirmer que l’impact environnemental sera très minime et ce projet a été qualifié d’intérêt général par l’Etat
français ».
GdN explique par ailleurs avoir déjà investi 22 millions d’euros dans les études d’ingénierie et d’impact environnemental depuis 2007, ce qui lui confère « une grande expertise et légitimité » à répondre au prochain appel à propositions du GPMH, lorsque les circonstances économiques le justifieront.
GdN estime en effet que « si le contexte actuel limite le développement de nouvelles infrastructures d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), la société suivra avec attention les évolutions du marché afin d’identifier le moment opportun pour poursuivre son projet ».
Un avis partagé par le GPMH qui a rappelé en substance le 3 janvier, d’abord la vocation industrielle du site d’Antifer où se trouve déjà un terminal pétrolier. Ensuite, que si la conjoncture n’était pas favorable aujourd’hui pour l’approvisionnement en gaz du pays, la situation pourrait se retourner à l’avenir et que le moment venu elle relancerait effectivement un appel à proposition pour un projet industriel à Antifer.
Celui de GdN, société formée aux deux-tiers par Poweo et un tiers par la Compagnie industrielle Maritime (CIM), consiste en une usine de regazéification d’une capacité annuelle d’expédition de 9 milliards de m3 pour un investissement estimé désormais par le groupe à 800 millions d’euros.