Tereos investit plus de 50 millions d'euros dans la sucrerie de Connantre

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Site de la sucrerie de Connantre
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© D.R. - Tereos

La plus importante sucrerie de betterave du monde se lance dans une cure d’économies d’énergie en organisant sa transition du fioul vers le gaz. Le process industriel sera revisité en 2013 et 2014 dans le but de réduire les coûts de 25 % et de répondre aux dernières normes environnementales.

La sucrerie de Connantre, dans la Marne, est la plus importante au monde en termes de capacité. Appartenant au groupe Tereos, elle absorbe chaque année 2,4 millions de tonnes de betteraves en provenance de 2 700 hectares, dans un rayon de 45 kilomètres autour de l’usine. Située dans le Sud-Ouest marnais, elle transforme ces betteraves en 300 000 tonnes de sucre cristallisé (vrac et conditionné) et en 170 000 tonnes de sirop base pureté (SBP), destiné aux distilleries d’alcool du groupe, dont celle Morains, toute proche.

"Notre forte capacité de transformation est un avantage car cela permet d’écraser les frais fixes, mais nous sommes pénalisés au niveau de nos frais variables par notre consommation d’énergie due à une installation déjà ancienne fonctionnant au fioul. Trop cher. Nous allons y remédier avec un plan d’investissements échelonné sur quatre années, de 2013 à 2016, destiné à passer complètement au gaz. C’est un projet structurant qui nous permettra de diminuer notre dépense énergétique de 25 %, au final", explique Hugues Maquin, directeur de cette imposante unité de production construite en 1975, et comptant parmi les 39 sites industriels du quatrième groupe sucrier mondial (26 500 salariés, 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires).

Maintenir tous les équilibres

Le groupe coopératif français va consacrer plus de 50 millions d’euros à cette opération qui va fortement modofier le process industriel. Il va falloir "corriger et maintenir l’équilibre thermique de l’usine au fur et à mesure de l’avancée des travaux. Une étude d’ingénierie est réalisée", note Hugues Maquin, en indiquant que les buées de carbonatation - fournissant une vapeur basse pression gratuite - vont pouvoir être récupérées à l’avenir.

"Nous mettons en place un point froid supplémentaire au niveau de nos lignes de diffusion afin de diviser par 6 ou 7 la consommation lors de cette étape consistant à extraire le sucre des cossettes de betteraves par courant d’eau chaude. Au cœur de l’ouvrage, nous transformons en outre l’atelier d’évaporation destiné à concentrer le jus de betterave en sirop, en ajoutant un cinquième stade d’évaporation", détaille le directeur de Tereos Connantre.

Il profitera de cette première phase de travaux en 2013 pour rénover les différents circuits d’eau et de condensats de l’usine, de manière à conforter l’outil et à gagner globalement en efficacité.

En 2014, ce chantier très technique se poursuivra dans l’atelier de cristallisation, lui aussi parmi les plus énergivores. "Au lieu d’engager une cuisson avec un sirop à 74 % d’extraits secs lors d’une cuisson classique, nous allons pourvoir cette fois démarrer à 80 % d’extraits secs. Nous gagnerons ainsi une étape de concentration et améliorerons notre régularité", envisage-t-il.

Au sortir de ces travaux, le gain énergétique avoisinera 20 %. "Avec le remplacements des chaudières, effectué en deux temps sur 2015 et 2016, nous réduirons encore de 5 % nos consommations. Ce faisant, nous aurons réduit significativement nos émissions de CO2, de NOx et poussières. Nous serons alors en mesure de satisfaire aux exigences de la directive environnementale européenne IDE entrant en vigueur le 1er janvier 2016", conclut Hugues Maquin, serein.

L’usine Tereos de Connantre emploie 150 salariés permanents et environ 100 saisonniers durant les campagnes betteravières, lesquelles franchissent désormais le cap des 110 jours/an, contre 85 jours il y a encore cinq ans.


Premières synergies avec la féculerie d’Haussimont

Spécialisé dans le sucre, l’alcool et l’éthanol, le groupe Tereos est aussi le n°3 européen de l’amidon, à base de céréales, notamment. Via sa filiale Syral, il a pu élargir sa gamme en acquérant fin 2011 la féculerie d’Haussimont, produisant dans la Marne de l’amidon à base de pommes de terre. La sucrerie de Connantre n’étant distante que d’une vingtaine de kilomètres de la féculerie d’Haussimont (Marne), les premières réunions de travail visant à dégager des synergies ont permis d’ouvrir des pistes dans les domaines de l’épandage des effluents comme au niveau de la maintenance industrielle, en combinant les effets de saisonnalité. "Tereos renforce son assise en Champagne", assure Hugues Maquin, le directeur de l’usine de Connantre.

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