TeliaSonera et Telenor : France Telecom en balance17/04/2008
France Telecom serait intéressé par les opérateurs scandinaves Telenor et TeliaSonera. La rumeur, parue il y a deux jours dans Le Figaro, a été évoquée par le directeur financier de FT dans une interview au Financial Times. Pour les analystes, cette déclaration est un « positionnement » de l'opérateur.
La valse des consolidations regagne-t-elle le secteur des télécoms ? Dans une interview accordée au Financial Times, le directeur financier de France Telecom, Gervais Pelissier, confirme l'examen par l'opérateur d'un éventuel rachat du Suédois TeliaSonera. Dans cette interview, M. Pelissier a aussi évoqué l'opérateur norvégien Telenor.Les arguments en faveur d'un tel achat sont légions. A commencer par l'opérateur suédois, TeliaSonera (TS), qui au travers de ses filiales réparties dans 18 pays, possède 100 millions de clients. Une majorité d'entre eux sont recrutés par les opérateurs de mobiles détenus par TS en Europe de l'Est. Pour Joël Stradling, analyste pour le cabinet Current Analysis, cette expertise sur les mobiles demeure l'argument majeur pour un rapprochement des deux opérateurs « TeliaSonera possède une réelle compétence sur la technologie convergente fixe/mobile, mais aussi sur les services. Orange aussi, mais TS pourrait lui apporter une connaissance approfondie de ces technologies et de leur commercialisation. Ce qui serait un vrai plus au moment où les revenus issus de la voix déclinent régulièrement chez les opérateurs européens. » Autre argument avancé en faveur d'un rapprochement, « durant les cinq dernières années, l'opérateur suédois n'a pas réalisé d'excellentes performances financières. Le gouvernement conservateur pourrait être tenté de réduire sa présence dans l'industrie », explique Bernt Ostergaard de Current Analysis. De fait, pour réduire son endettement l'Etat suédois a déjà annoncé son souhait de céder sa participation de 37,3 % au capital de TeliaSonera. Concernant les performances financières, 2007 à tout de même été synonyme d'un chiffre d'affaires de 10,25 milliards d'euros pour un bénéfice net de près de 2 milliards d'euros l'an dernier, soit une marge nette de plus de 18 %. Une rentabilité enviable. Du côté de Telenor, l'opérateur norvégien est valorisé en bourse à environ 23 milliards d'euros et dégage une marge opérationnelle de 16,2 %. De plus, « il n'y a aucune indication sur d'éventuelles velléités de vente de Telenor par le gouvernement finlandais », commente Bernt Ostergaard. La branche « business » en questions... Malgré ses nombreux atouts techniques et sa légère progression en chiffre d'affaires, la filiale services d'Orange marque le pas devant les autres segments de marché. A contrario, TS est le premier opérateur global scandinave et Orange Business Services le plus petit comparativement à BT Global Services, AT&T ou encore Verizon business dans cette région. S'arroger TS apporterait à OBS une incontestable plus-value, mais les deux opérateurs partagent déjà largement leurs réseaux, via des accords croisés et l'opération offrirait plus de complexité opérationnelle que de réels profits. Contacté, France Telecom n'a pas souhaité ajouter de commentaires aux déclarations de Gervais Pelissier, juste rappelé que France Telecom « regarde plusieurs opportunités, dont TeliaSonera et Telenor, et confirme ne pas être très avancés dans les discussions. Mais nous rappelons aussi notre promesse faite aux actionnaires de réduire notre ratio dette nette/ebitda.» De leur côté, ces derniers semblent avoir peur de revivre le faste des années 2000 durant lesquelles l'opérateur s'était lancé dans des opérations de rachats à tout crin. Jeudi soir, l'action de l'opérateur perdait 5 % à 19,7 euros. Le rachat de Telia, s'il était avéré, est estimé à 25 milliards d'euros par les analystes. Mais ces derniers restent sceptiques, « à mon avis, ces déclarations sont de l'ordre de la posture, juste une manière de dire qu'ils réfléchissent à de la croissance externe. Je ne pense pas qu'ils aient de réelles intentions d'achats... », conclut Bernt Ostergaard. Fabrice Frossard |
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