TÉLÉCOMMUNICATIONSQUEL SYSTÈME DE COMMUNICATION MOBILE CHOISIRLes systèmes de communication mobiles - radiomessagerie et radiotéléphone - offrent de nouveaux moyens de dialogue aux travailleurs "nomades". L'entreprise peut en tirer profit.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2515

TÉLÉCOMMUNICATIONS

QUEL SYSTÈME DE COMMUNICATION MOBILE CHOISIR

Les systèmes de communication mobiles - radiomessagerie et radiotéléphone - offrent de nouveaux moyens de dialogue aux travailleurs "nomades". L'entreprise peut en tirer profit.



A condition de doter les utilisateurs potentiels du bon système. A quoi bon opter pour un coûteux radiotéléphone GSM quand un "pager" suffit? Aujourd'hui, l'embarras du choix commence. Il n'existe pas moins de trois opérateurs de radiomessagerie, deux opérateurs de radiotéléphone GSM, une kyrielle de sociétés - les SCS - qui les commer-

cialisent. S'y ajoutent le Bi-Bop et, bientôt, le Dect. La guerre des prix fait rage.Témoin SFR, qui vient d'annoncer une baisse sensible de ses tarifs GSM. Quel service choisir, pour quel besoin et à quel prix? Qui équiper dans l'entreprise? Comment contrôler les communications et limiter les excès? Ce dossier tente de fournir des repères dans un univers en perpétuelle évolution. Les services offerts par chacun des opérateurs y sont détaillés. Des entreprises qui ont doté leurs

personnels de systèmes de communication mobiles expliquent leurs choix. Quelle communication mobile choisir pour son entreprise? Depuis les deux dernières années, la question a vraiment un sens. Entre le radiotéléphone GSM (Réseaux Itineris de France Télécom et Ligne SFR de la Générale des eaux), le Bi-Bop (France Télécom), les multiples radiomessageries (les "pagers") et bientôt les radiotéléphones aux normes Dect et DCS1800, l'offre de services de communication mobiles ne cesse de croître et de se multiplier. Elle forme une contrepartie crédible aux réseaux filaires traditionnels et ouvre un tout nouveau mode de communication nomade. Si l'on imagine sans peine qu'un P-DG porte son dévolu sur un radiotéléphone GSM, standing oblige, en fait, tout type d'équipement est envisageable. En témoigne Dominique Malige, directeur des systèmes d'information de Valeo. Il est pour sa part un "mordu" du service de radiomessagerie Kobby d'Infomobile (filiale de Bouygues). D'un geste machinal, il interrompt le vibreur de son pager, attaché à sa ceinture, et consulte les messages reçus, soit directement sur son "messageur" (traduction française de pager) lorsqu'il se déplace, soit sur l'écran de son micro-ordinateur. Il se félicite de cette continuité des communications. La radiomessagerie, longtemps synonyme d'astreinte, est, il est vrai, en train de faire peau neuve. L'arrivée de deux concurrents, Infomobile avec son service Kobby et SFR avec son service Tam Tam, a réveillé le marché que contrôlait jusqu'alors France Télécom. Le premier service sans abonnement a vu le jour. Les prix baissent. Et même si le mot d'ordre est la conquête du grand public, les usagers professionnels sont les premiers à bénéficier de cette campagne de séduction.

Un mode de communication démythifié

Aujourd'hui, du simple bip au message en toutes lettres de 400caractères, toute une gamme de services de radiomessagerie est disponible. Le pager qui reçoit ces messages joue le rôle de véritable répondeur de poche. Les opérateurs font de gros efforts de pédagogie pour démythifier ce mode de communication et en faciliter l'accès. Le téléphone mobile, lui, n'a plus besoin d'être présenté. Avec plus d'un million d'abonnés, le succès du radiotéléphone est enfin au rendez-vous. Si la décrue du nombre d'abonnés aux services analogiques, Radiocom 2000 et SFR, s'amorce lentement, les deux services numériques GSM, Itineris et Ligne SFR, voient leur audience croître de façon exponentielle. La bataille des prix que se livrent les deux opérateurs et l'accélération du déploiement des réseaux expliquent pour partie cet engouement. Qui équiper? Comment contrôler les communications et limiter les excès? Quel opérateur choisir? Autant de questions que se posent aujourd'hui les entreprises et auxquelles ce dossier tente de répondre. Comparée au raz-de-marée de la radiotéléphonie, la croissance de Bi-Bop se fait au compte-gouttes. Seules 85000personnes ont souscrit un abonnement à ce qu'il est convenu d'appeler le téléphone mobile du piéton. Limité géographiquement aux agglomérations de Paris, Lille et Strasbourg, limité en termes de performances, ce service se targue toutefois d'être la solution la plus économique. Et cela risque d'être encore plus vrai à l'automne. A cette date, la société Prologos, qui a acquis les droits d'exploitation d'un réseau de type Bi-Bop à Bordeaux, ouvrira son service. Avec une équation économique simple. Elle se propose d'offrir un service de communication mobile sans surcoût par rapport aux communications filaires, voire à un prix inférieur. Ce premier coin enfoncé dans le monopole des services filaires préfigure une offre de substitution de plus en plus concurrentielle. Voilà pour le présent. Et l'avenir? L'évolution des communications mobiles se déroule comme un film en accéléré. Pas un mois sans qu'un nouveau service ou de nouveaux tarifs, voire le nom d'un nouvel opérateur, soient dévoilés. L'événement majeur sera l'ouverture commerciale, au début de l'année prochaine, du troisième grand réseau de radiotéléphonie numérique à la norme DCS1800 par Bouygues Télécom. Si la norme DCS1800 est proche, dans l'esprit, de la norme GSM, elle exploite une fréquence plus élevée, ce qui lui confère une puissance et une capacité plus grandes. L'opérateur pourra donc gérer une plus grande densité d'abonnés disposant de portatifs de faible puissance. Ce qui fait du DCS1800 la norme idéale pour les usages urbains.

Une grande offensive de France Télécom

La norme Dect offre quant à elle une alternative au réseau Bi-Bop. La Compagnie générale des eaux a la première testé cette technologie à Saint-Maur-des-Fossés cette année. En filigrane se dessine l'idée de connecter les abonnés résidentiels en s'affranchissant du réseau filaire de France Télécom. Dans l'immédiat, l'opérateur va lancer une grande offensive dans la radiomessagerie en commercialisant à l'automne Tatoo, un service sans abonnement à destination du grand public, et un service à la norme Ermès. Et le duo France Télécom et SFR annoncera dans la foulée de nouveaux services sur leur réseau de radiotéléphonie numérique. En particulier des services de transmission de messages courts, d'envoi de fax et de transmission de données. Avec la transmission de données sans fil, on aborde un autre volet de la communication mobile, qui est représenté en France par les réseaux 3RD. Il est mentionné ici pour mémoire, ce dossier étant consacré aux seuls modes de communication mobiles entre personnes. Pour que le tableau ainsi esquissé soit achevé, il faut tout de même mentionner les réseaux 3RP. Ces réseaux professionnels fournissent un service de communication mobile à un groupe fermé d'abonnés. Ils vont à leur tour vivre le passage de l'analogique au numérique avec l'arrivée de la norme européenne Tetra. Laurence GIRARD







RADIOTÉLÉPHONE GSM : LA TARIFICATION S'ADAPTERA AUX USAGES

Posséder un radiotéléphone peut être très onéreux. France Télécom et SFR vont devoir moduler leurs tarifs en fonction de l'utilisation qu'en font les entreprises.



Début 1994, Michel Thépot, responsable des programmes de télécommunication de Hewlett-Packard, donne le feu vert tant attendu: tous les collaborateurs du constructeur américain qui en feront la demande seront équipés de téléphones mobiles GSM. Un an et demi plus tard, ils sont 250 à en bénéficier, et la liste s'allonge chaque jour. Mais attention: il ne suffit pas d'en exprimer le souhait, encore faut-il en justifier l'usage! Et si Hewlett-Packard a choisi d'entrouvrir les cordons de la bourse, ce n'est pas par simple prodigalité (on s'en serait douté, connaissant la réputation de cette société américaine), mais parce que Michel Thépot, au terme d'une enquête minutieuse, a prouvé l'intérêt économique de cet investisement. Jusqu'ici limité au cercle restreint des directions générales, l'usage du téléphone mobile se répand dans les entreprises. La société de maintenance d'appareils de chauffage CGST-Save a choisi l'an dernier d'équiper de téléphones mobiles ses centres d'intervention. "Pour offrir à nos clients un service de dépannage vingt-quatre heures sur vingt-quatre tout en limitant les contraintes auxquelles sont soumis les techniciens qui sont d'astreinte de nuit, nous avons opté pour des téléphones mobiles", témoigne Alain Flodrops, directeur technique. Près de soixante-dix postes sont à la disposition des centres régionaux. Et maintenant les commerciaux de la société en réclament à leur tour. Le déploiement rapide des deux réseaux de radiotéléphonie numérique GSM, Itineris d'une part et Ligne SFR d'autre part, la guerre des prix que se livrent les deux opérateurs France Télécom et SFR expliquent cette diffusion rapide du téléphone mobile dans les entreprises. La barre du million d'abonnés au radiotéléphone en France a été franchie en juin. Toutefois, Jean-Louis Buron, directeur de Motorola Tel.co, souligne un ralentissement de cette croissance au premier trimestre. "Lorsque nos clients résilient leur abonnement, ils évoquent souvent des raisons de coût", précise-t-il. La guerre des prix va donc se poursuivre, et la rentrée risque d'être chaude. Jusqu'à présent, les deux opérateurs n'ont eu de cesse de se copier l'un l'autre. Ainsi, France Télécom a opté dès le départ pour l'indivisibilité de la première minute de communication. SFR, pour sa part, divisait cette première minute en périodes. Cette subtile différence sera gommée en septembre, SFR ayant choisi d'imposer à son tour ce minimum de communication. De même, le coût de l'abonnement de base est identique, ainsi que la taxe de mise en service. Enfin, depuis juillet, France Télécom propose un tarif de communication unique sur tout le territoire. Ce sera chose faite à la rentrée pour SFR moyennant un supplément d'abonnement. Reste aux entreprises qui souhaitent s'équiper d'étudier en détail les tarifications et d'effectuer des simulations de coût pour comparer les deux offres. A priori, lorsque le besoin de communication est avant tout local ou régional, SFR tient la corde. Si au contraire les communications nationales dominent, France Télécom sort gagnant.

Des tarifs négociés au niveau du groupe

La carte de couverture des deux services est également un élément discriminant. Il faut distinguer la couverture 8watts, qui correspond à un usage de son téléphone mobile dans le véhicule, et la couverture 2watts, qui privilégie l'usage du portatif en zone urbaine. A priori, France Télécom a souhaité couvrir très vite le territoire et a privilégié l'équipement des axes routiers. SFR, dont le développement du réseau a été moins rapide, s'est concentré dans un premier temps sur les zones urbaines. Mais ces différences tendent à s'estomper avec le temps. Choisir l'opérateur est une chose. Il faut aussi choisir sa société de commercialisation de services (SCS). Ces SCS, une dizaine au total, ont passé des accords avec les opérateurs et se chargent de la gestion d'un parc d'abonnés. Elles proposent des services complémentaires, comme la facturation détaillée, la consolidation des factures au niveau du groupe, le remplacement des cartes en cas de défaillance, mais également des services d'information et de réservation. Parmi les SCS, certaines s'intéressent plus particulièrement à la clientèle des entreprises. Vodafone, Cellway, CMC ou Sagem, par exemple. Elles offrent bien évidemment des conditions spécifiques pour des prises d'abonnement groupées. Pour sa part, Michel Thépot s'est tout naturellement tourné vers Motorola Tel.co, Hewlett-Packard ayant déjà choisi ce partenaire aux Etats-Unis pour gérer ses communications mobiles. Les remises sur le tarif des communications sont ainsi négociées au niveau du groupe. "Le service de téléphonie mobile nous coûte pour chaque utilisateur environ 800francs par mois", indique-t-il. Alain Flodrops ne s'est pas non plus interrogé très longtemps pour choisir son partenaire. Sa société, CGST-Save (société de maintenance d'installations de chauffage) étant une filiale de... la Compagnie générale des eaux, il traite donc avec CellCorp, une SCS filiale de SFR. Cette parenté entre les deux sociétés se traduit par des conditions avantageuses consenties par l'opérateur. Qui équiper dans l'entreprise? Autre question majeure. Michel Thépot a choisi la méthode empirique. Il a pendant six mois analysé les réactions d'une trentaine de volontaires répartis dans différents services et représentant les diverses activités de Hewlett-Packard. Et il en a conclu que l'usage du téléphone mobile avait un impact positif sur les performances de cette population cobaye, ce qui justifiait l'investissement. Toutefois, chaque personne qui souhaite s'équiper doit remplir un formulaire présent dans sa messagerie électronique et le soumettre à un supérieur hiérarchique chargé de donner le feu vert. Les forces de vente représentent le gros des troupes équipées. Alain Flodrops regrette quant à lui que l'équipement des commerciaux de CGST-Save ne soit pas systématique, mais soit plutôt présenté comme une faveur octroyée aux plus méritants. Tous se rejoignent dans leur souci de maîtriser les coûts. Une consommation trop faible ou trop élevée et la sanction de la résiliation de l'abonnement plane. Il est vrai que les disparités des consommations est un phénomène marquant. "Le montant des factures mensuelles oscille entre 400 et... 4000francs!", indique Michel Thépot. Jean-Louis Buron estime la facture moyenne des abonnés au service de Motorola Tel.co à 400francs par mois. Mais il souligne la diversité de comportement des utilisateurs. Il préconise ainsi un aménagement des tarifs pour tenir compte de cette diversité: "Pour les petits consommateurs, il faut proposer un abonnement très peu cher, assorti d'un coût des communications plus élevé; à l'inverse, les gros consommateurs doivent bénéficier d'un coût des communications plus faible moyennant un supplément d'abonnement." France Télécom ne dit pas autre chose en annonçant pour l'an prochain une modulation des tarifs en fonction des usages.

De nouveaux services à l'automne

En attendant, plusieurs évolutions de l'offre de l'opérateur sont attendues cet automne. Dès septembre, la messagerie vocale disposera d'une indication d'appel: une icône en forme d'enveloppe s'affichera sur l'écran du mobile lorsqu'un message sera déposé dans la boîte vocale. En octobre, le service Itineris sera étendu à des pays non européens qui ont fait le choix du GSM, comme Hongkong ou Singapour. Enfin, en novembre, les services de transmission de données, de messages courts et de fax feront leurs premiers pas. Et France Télécom et SFR se préparent à l'arrivée d'un nouveau concurrent, Bouygues Télécom. Celui-ci ouvrira en début d'année prochaine son service DCS1800, qui est en fait une évolution du GSM vers des capacités plus élevées et des densités d'abonnés plus grandes. L. GIRARD







DECT: UNE SOLUTION COMPLÉMENTAIRE AU GSM

La technologie Dect est expérimentée par la SFR. Des combinés mixtes Dect-GSM doivent apparaître très prochainement.



On a souvent opposé les technologies Dect et Bi-Bop, car les deux sont synonymes de téléphonie mobile pour les piétons, pour un usage résidentiel ou professionnel. Mais les querelles d'experts intéressent peu les utilisateurs. L'essentiel est de voir comment chacun des opérateurs, en fonction de ses choix technologiques, se place sur le marché, et d'analyser les offres concurrentes. Ce n'est pas un hasard si la Compagnie générale des eaux a demandé et obtenu l'autorisation d'exploiter un réseau de téléphonie sans fil Dect. Exploitant déjà un réseau de radiotéléphonie numérique GSM par le biais de sa filiale SFR, elle complète ainsi son offre. Car les deux technologies, loin d'être concurrentes, jouent la complémentarité. A tel point que des combinés mixtes apparaîtront très prochainement sur le marché, en particulier chez Alcatel et Ericsson. Le téléphone Dect prolonge le service de téléphonie mobile en zone urbaine, voire résidentielle. La première expérimentation Dect, menée à Saint-Maur-des-Fossés, dans la banlieue parisienne, concerne trois cents résidents qui ont accepté de jouer le jeu depuis mars dernier. En novembre, la phase expérimentale s'achèvera, et la Compagnie générale des eaux devra dévoiler sa stratégie de commercialisation de services. A priori, tous les sites câblés exploités par cette société sont susceptibles d'accueillir un service mobile Dect. Dans le cadre de l'appel d'offres des autoroutes de l'information, la Compagnie générale des eaux avait envisagé de tester le service Dect auprès d'une clientèle élargie aux industriels sur son site de Nice. L'évolution réglementaire des télécommunications en France conditionne donc la vitesse de déploiement des services Dect. La Compagnie générale des eaux a l'ambition d'offrir un service de téléphonie complet pour concurrencer pleinement France Télécom. La technologie Dect lui en donne les moyens. Mais concurrencer un opérateur dont la notoriété est forte et le service de qualité n'est pas chose aisée: "Plutôt que de proposer un service identique moins cher, nous envisageons une offre de service enrichie pour un prix équivalent, voire supérieur", précise Nicolas Houéry, directeur général de CGRP. L.GIRARD



BI-BOP: IL N'A PAS DIT SON DERNIER MOT

Limité à quelques grandes agglomérations, le service Bi-Bop peut toutefois concurrencer le GSM grâce à son coût nettement inférieur.



Bi-Bop va-t-il rebondir? La question semble saugrenue tant ce service de France Télécom avance à pas comptés. Avec 85000abonnés, Bi-Bop ne porte pas ombrage à Itineris, service phare de l'opérateur. Pourtant, il ne faudrait pas enterrer Bi-Bop prématurément. D'autant qu'un nouvel opérateur, Prologos, s'apprête à relancer ce service, qualifié de mort-né dès son lancement. Jean-Pierre Souviron, fondateur de Prologos, ancien directeur des relations industrielles et internationales à la DGT au ministère des Postes et Télécommunications, croit aux vertus de cette technologie "bon marché".Il veut lancer sur le marché un système de technologie Bi-Bop pour concurrencer France Télécom. Profitant donc de la relative mollesse avec laquelle l'opérateur soutient son service et de son peu d'empressement à l'étendre au-delà des trois villes de Paris, Strasbourg et Lille, il s'apprête à relever le défi et à le proposer dans les villes qui seront les moins courtisées par les grands opérateurs. Dans un premier temps, Jean-Pierre Souviron a choisi Bordeaux. Pour atteindre son objectif de coût concurrentiel, il a demandé à un trio d'industriels de reconcevoir l'ensemble du système pour réduire son prix d'un facteur cinq! Reste à faire la preuve du bien-fondé de ses choix techniques sur le terrain. Si tout va bien, le service devrait être commercialisé avant la fin de l'année. Jean-Pierre Souviron souhaite créer la sensation en étant le premier à proposer un service de téléphonie mobile moins cher que le service filaire traditionnel de France Télécom. Selon lui, si la couverture du service le permet, les abonnés pourront téléphoner dans la rue comme c'est le cas avec le Bi-Bop, mais également de chez eux. L'offre de Prologos constituerait alors une véritable contrepartie à celle de France Télécom. En attendant, les résidents de Paris, de Strasbourg ou de Lille peuvent évaluer l'offre Bi-Bop de France Télécom, qui a récemment fait évoluer son service avec le lancement d'une offre sans abonnement. Si les abonnés sont majoritairement des particuliers ou des artisans, les entreprises aussi se laissent séduire par le faible coût du service. C'est le cas de Hewlett-Packard, qui préconise depuis deux mois pour ses collaborateurs parisiens l'usage du Bi-Bop s'ils n'ont pas un besoin express d'un téléphone GSM. Une vingtaine l'ont déjà choisi.

L'utilisation intra-entreprise sur un site

Le Bi-Bop, de par son faible coût, possède enfin un domaine d'application spécifique. Il peut servir de mode de communication intra- entreprise sur un site. Il suffit pour cela d'équiper l'entreprise de bornes Bi-Bop. Tous les employés muni du terminal communiqueront ainsi entre eux grâce à ce mini-réseau de télécommunications privé, mais également avec tous leurs correspondants extérieurs. L.GIRARD







RADIOMESSAGERIE: LA CONCURRENCE RÉVEILLE LE MARCHÉ

L'arrivée des services Kobby et Tam Tam a réveillé un marché contrôlé jusqu'à présent exclusivement par France Télécom.



En février, Tam Tam frappait un grand coup dans l'univers quelque peu endormi de la radiomessagerie. Le premier service de radiomessagerie sans abonnement venait de voir le jour. Le but: convaincre enfin le grand public de l'intérêt de ce mode de communication. Et, surprise! les industriels et même les banques ont été sensibles à ce renouvellement. Pour preuve, la Générale de restauration et la Verrerie-Cristallerie d'Arques sont de nouveaux adeptes de Tam Tam. La centaine de chauffeurs qui vont livrer les centres de restauration collective reçoivent leur plan de route directement sur l'écran de leur messageur. Quant aux commerciaux de la Cristallerie, ils obtiennent en cours de route des informations sur les clients qu'ils sont censés rencontrer. "Les personnes s'approprient plus facilement un produit conçu pour le grand public. Et, quitte à être suivi par l'entreprise, autant que ce soit par le biais d'un messageur qui les mette également en contact avec leur famille et leurs amis", constate Jérôme Gueugnier, directeur du marketing de TDR, opérateur de Tam Tam. Il est vrai que toute communication est à la charge de l'appelant. Le possesseur du messageur n'a, une fois l'appareil acheté et la taxe de mise en service acquittée, plus aucune charge. La réception d'appels personnels est donc complètement transparente pour l'entreprise qui a choisi d'équiper certains de ses employés. L'acceptation du messageur est un problème délicat. France Télécom a longtemps donné au service Alphapage une connotation d'astreinte. Les services d'intervention d'urgence, les Samu, les services après-vente ont donc été les premiers équipés. Hewlett-Packard, par exemple, a fait ses premiers pas dans la communication mobile, il y a quatre ans, en dotant son service après-vente de récepteurs Operator et Alphapage. Aujourd'hui, alors que l'usage du téléphone GSM s'est répandu au sein de l'entreprise, la radiomessagerie reste l'outil de communication de prédilection des techniciens et des ingénieurs d'après-vente. "La radiomessagerie répond parfaitement au besoin de communication entre l'entreprise et son personnel en déplacement. Pour un contact direct avec les clients, nous privilégions le radiotéléphone GSM", justifie Michel Thépot, responsable des programmes de télécommunications de Hewlett-Packard.

Un service moins coûteux que le téléphone mobile

Un avis partagé par Alain Flodrops, directeur technique de CGST-Save: "Nous limitons l'usage de la radiomessagerie Alphapage à nos systèmes d'astreinte en télégestion. Pour les contacts directs avec nos clients, lorqu'ils nous appellent pour un dépannage, par exemple, nous avons choisi de nous équiper de téléphones mobiles GSM. Nous pensons que l'envoi de messages par Minitel ou par l'intermédiaire d'une opératrice est par trop rébarbatif pour nos clients." Les bastions traditionnels de la radiomessagerie ne risquent pas d'être pris d'assaut par le téléphone mobile, d'autant que l'équation économique est sans conteste à l'avantage des messageurs. Reste à la radiomessagerie à étendre ses prérogatives. "Tout un travail de pédagogie et d'explication est nécessaire pour prouver que c'est aussi un outil de communication personnelle", pense Jérôme Gueugnier. Une mission que se sont donnée les deux challengers de France Télécom sur ce marché. Car, précédant TDR, Infomobile avait, dès l'an dernier, ouvert la voie de la concurrence avec son service Kobby. TDR et Infomobile ont en commun d'exploiter un réseau de radiomessagerie à la norme européenne Ermès. L'avantage: le récepteur reçoit des messages d'une à quatre lignes, c'est-à-dire jusqu'à 400 caractères. L'inconvénient: un seul récepteur Ermès (celui de NEC) est aujourd'hui disponible sur le marché. Là s'arrête la ressemblance entre les deux protagonistes. Car, alors que TDR déploie son offensive de charme auprès du grand public, la filiale de Bouygues se tourne résolument vers une clientèle professionnelle. Pour la convaincre, l'opérateur n'a pas hésité à proposer toute une gamme de services associés: envoi des dépêches Reuter, connexion à Internet pour recevoir son courrier électronique, envoi d'informations sur les entreprises et renseignements téléphoniques avec SVP MultiInfos... De plus, Kobby dispose de solutions informatiques pour rester en liaison avec l'informatique de l'entreprise. Le logiciel Kobby Win assure la diffusion de messages à un groupe d'abonnés Kobby à partir d'un micro-ordinateur PC. Quant au logiciel Kobby Way, il transfère les messages reçus dans la messagerie électronique d'un abonné vers son récepteur Kobby. "Nous avons été séduits par les fonctionnalités du service. La gestion des messageurs qui se fait à partir de micro-ordinateurs est beaucoup plus aisée qu'avec les solutions traditionnelles, qui imposaient la préprogrammation de Minitel." Pierre Estève, directeur technique de Resocom Services, société de maintenance de matériels de télécommunications pour les salles de marché, explique ainsi pourquoi il a choisi de résilier ses abonnements Alphapage et d'équiper la cinquantaine de techniciens de l'entreprise de récepteurs Kobby d'Infomobile. Resocom Services, dont les délais d'intervention doivent être généralement inférieurs à deux heures, gère ainsi le planning de ses interventions en temps réel. En outre, depuis qu'elle utilise Kobby, la société enregistre une réduction de sa facture téléphonique. La transmission de messages par modem ne représente que trois unités de taxe, à comparer aux 8francs que coûte l'envoi de messages par Minitel.

France Télécom n'a pas tardé à réagir

L'envoi de messages par ordinateur est, on le voit, très prisé par les entreprises et donne un avantage au service Kobby d'Infomobile. Plus communément, le correspondant qui souhaite diffuser une information à un possesseur de messageur a le choix entre décrocher son téléphone, s'adresser à une opératrice et lui dicter le message ou taper son texte sur Minitel. Il peut également laisser un message dans une boîte vocale. Le destinataire ne reçoit pas le message en clair sur son récepteur, mais il est averti de la réception de cet appel. Face à cette concurrence des deux nouveaux opérateurs, France Télécom n'a pas tardé à réagir. Même si son antériorité sur ce marché lui donne un avantage considérable. Son offre de services est d'ailleurs largement plus étoffée que celle de ses challengers. Le service Bip, le plus trivial, consiste en un signal sonore ou lumineux activé par des numéros de téléphone préprogrammés. Le possesseur du messageur identifie immédiatement l'origine de l'appel, puisqu'il a défini au préalable avec ses correspondants la signification des signaux. Plus évolué, le service Num transmet des messages de quinze chiffres. L'abonné n'a plus qu'à composer le numéro de son correspondant, qui s'affiche sur l'écran de son messageur. Enfin, le service Text correspond à l'envoi de messages de 80caractères. France Télécom a, en mai dernier, réorganisé son offre et réajusté ses tarifs. Une manière de reprendre l'initiative sur le marché professionnel. Ce mois-ci, l'opérateur public va poursuivre sa stratégie offensive en direction de sa clientèle professionnelle, mais surtout, fait nouveau, en direction du grand public avec le lancement d'un service de radiomessagerie sans abonnement, Tatoo. Pour cela, France Télécom ne déploie pas un nouveau réseau, mais bien au contraire exploite son réseau à la norme Pocsag. Celle-ci a l'avantage d'être la plus diffusée dans le monde. L'opérateur limite ainsi ses investissements. Il bénéficie d'une offre de terminaux diversifiée et bon marché et d'une marge de manoeuvre confortable sur les coûts de service. Parallèlement, mais avec moins d'ardeur, France Télécom ouvre son réseau de radiomessagerie à la norme Ermès. Il renforce ainsi son offre professionnelle et emboîte le pas à ses concurrents en offrant à son tour un service de transmission de messages de 400caractères, Textnet. Selon Marc de Villepin, directeur de marketing, "ce service va dans le sens des nouveaux usages de la radiomessagerie que sont la connexion à la messagerie d'entreprise, la diffusion d'informations émises par l'entreprise ou par des sociétés spécialisées et la complémentarité avec les autres modes de communication mobile". L.GIRARD



Les services de radiomessagerie présents sur le marché

Bip


Opérateur: France Télécom.

Courverture: urbaine ou multiurbaine.

Norme: Pocsag.

Définition du service: déclenchement d'un signal sonore ou lumineux sur simple appel téléphonique.

Messageur: Philips, Swissphone (800 à 900francs).

Coût du service*: 50francs l'abonnement, 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: coût, simplicité, le message est déclenché par un simple coup de téléphone.

Inconvénients: couverture et service limités.

Utilisation: professionnelle pour garder le contact.

Textnet

Opérateur: France Télécom.

Courverture: Paris et petite couronne.

Norme: Ermès.

Définition du service: envoi d'un message de 400caractères maximum.

Messageur: Nec (1450francs).

Coût du service*: 100francs l'abonnement avec un forfait de 100messages; 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: service évolué, le messageur devient un véritable répondeur de poche.

Inconvénients: couverture limitée, un seul messageur.

Utilisation: professionnelle , envoi de messages et d'informations (400caractères).

Biplus

Opérateur: France Télécom.

Courverture: nationale.

Norme: Pocsag.

Définition du service: déclenchement d'un signal sonore ou lumineux sur simple appel téléphonique.

Messageur: Philips, Motorola (800 à 900francs).

Coût du service*: 96francs l'abonnement; 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: bonne courverture, simplicité.

Inconvénient: service limité.

Utilisation: professionnelle pour garder le contact.

Num

Opérateur: France Télécom.

Courverture: urbaine ou multiurbaine.

Norme: Pocsag.

Définition du service: envoi d'un message de 15chiffres.

Messageur: Philips, Motorola, Swatch (1000francs).

Coût du service*: 50francs l'abonnement avec un forfait de 100messages, puis 5francs par message reçu; 3,65francs

l'envoi du message.

Avantages: choix de récepteurs (norme Pocsag), simplicité.

Inconvénient: couverture limitée.

Utilisation: professionnelle pour garder le contact.

Numplus

Opérateur: France Télécom.

Courverture: nationale.

Norme: RDS.

Définition du service: envoi d'un message de 10chiffres.

Messageur: Nokia (1590francs).

Coût du service*: 120francs l'abonnement avec un forfait de 100messages ,puis 5francs par message reçu; 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: bonne couverture, simplicité.

Inconvénient: un seul messageur.

Utilisation: professionnelle pour garder le contact.

Text

Opérateur: France Télécom.

Courverture: urbain ou multiurbaine.

Norme: Pocsag.

Définition du service: envoi d'un message de 80caractères maximum.

Messageur: Philips, Motorola, Swissphone (1250francs).

Coût du service*: 98francs l'abonnement avec un forfait de 100messages, puis 5francs par message reçu; 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: service plus évolué, choix de récepteurs, services à valeur ajoutée.

Inconvénient: couverture limitée.

Utilisation: professionnelle, envoi de messages.

Textplus

Opérateur: France Télécom.

Courverture: nationale.

Norme: RDS.

Définition du service: envoi d'un message de 80caractères maximum.

Messageur: Nokia (1990francs).

Coût du service*: 150francs l'abonnement avec un forfait de 100messages, puis 5francs par message reçu; 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: service plus évolué, bonne couverture.

Inconvénients: couverture limitée, un seul messageur.

Utilisation: professionnelle, envoi de messages et d'informations (400caractères).

Tam Tam

Opérateur: TDR.

Courverture: régionale (Ile-de-France, Nord- Pas-de-Calais, Normandie, Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Norme: Ermès.

Définition du service: envoi d'un message de 400caractères maximum.

Messageur: NEC (1290francs).

Coût du service*: pas d'abonnement; 3,65francs l'envoi du message.

Avantages: service évolué, le messageur devient un véritable répondeur de poche, service sans abonnement (si utilisation dans une seule région).

Inconvénients: couverture limitée, un seul messageur.

Utilisation: professionnelle, envoi de messages et d'informations (400caractères).

Kobby**

Opérateur: Infomobile.

Courverture: régionale (Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Norme: Ermès.

Définition du service: envoi d'un message de 400caractères maximum.

Messageur: NEC (1450francs).

Coût du service*: de 45 à 85francs l'abonnement; 1,85 ou 2,46francs l'envoi du message.

Avantages: service évolué, le messageur devient un véritable répondeur de poche, lien avec l'informatique de l'entreprise et la messagerie électronique.

Inconvénients: couverture limitée, un seul messageur.

Utilisation: professionnelle, envoi de messages et d'informations (400caractères).

* Frais de mise en service: 150francs pour les services de France Télécom, 200francs pour Tam Tam et 142francs pour Kobby.

** Kobby va évoluer à partir du 21septembre avec un service plus large au public.

USINE NOUVELLE N°2515

Imprimer
Afficher tous les magazines par année

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous