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Tchernobyl : quand le nuage respectait les frontières...

Par Morgane Remy - Publié le
Tchernobyl
© DR

26 avril 1986, l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, génère un nuage chargé de particules radioactives. Ce nuage se dispersera sur une large partie de l’Europe occidentale. Sauf en France, selon les déclarations de l’époque. 25 ans après, retour, vidéos à l’appui, sur la façon dont les autorités françaises ont géré la catastrophe.

Dans un contexte de rivalité Est-Ouest encore prégnant en 1986, l'explosion dans la centrale de Tchernobyl est un accident qui se produit de l'autre côté du rideau de fer... Par manque de transparence de la part des autorités soviétiques, les informations arrivent au compte goutte dans les pays d'Europe.

En France, une autre culture du secret incite les autorités politiques et scientifiques de l'époque à minimiser l'impact de la catastrophe dans notre pays. Le nuage radioactif de Tchernobyl est, selon les déclarations officielles, repoussé hors de nos frontières grâce à un anticyclone arrivé au moment opportun.

29 avril
L'URSS annonce la veille au soir qu'un accident s'est produit à la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, non loin de Kiev. L’ampleur de l’explosion et la date précise restent encore floues pour les médias :

 

Le jour même, le chef du département de la protection sanitaire au CEA, Jacques Lafuma, s'exprime au sujet des 2 morts officiels de la centrale : "Pour mourir si rapidement, il faut des doses énormes. Il est très peu probables que les doses soient telles qu’ils y aient des morts dans des délais de un à six mois" :

 

 

30 avril
Au lendemain de la nouvelle de l’accident, le discours officiel, relayé par la presse, se veut rassurant : "Au vue des conditions climatiques - direction du vent- le nuage radioactif ne touchera pas la France" :

 

A grand renfort de cartes météorologiques, on assure que les Français n'ont rien à craindre, contrairement à leurs voisins européens. En effet, l’anticyclone des Açores présent sur le pays forme une barrière naturelle :

 

"Sur le plan de la santé, confirmation que le danger est et a été négligeable", annonce le présentateur sur Antenne 2. Puis de lancer l’interview du professeur Tubiana. "Le risque n’est pas nul mais il est minime par rapport aux autres risques de la vie courante", explique le cancérologue :

 

11 mai
"On nous a menti. Quinze jours après la catastrophe et des déclarations contradictoires, nous apprenons que la France n’a pas été épargnée par le nuage radioactif", dénonce le reporter au journal de 20h :

 

Réponse d'Alain Carignon, ministre de l’écologie à l’époque :

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