Dossier

Tchernobyl, 25 ans après

Arche Novarka -  Tchernobyl
© DR

Tchernobyl attend son arche de protection

Le 26 avril 1986, le réacteur de la centrale de Tchernobyl explosait, créant alors un accident nucléaire sans précédent. 25 ans après, le site, soumis aux agressions de l’environnement, est fragile. D’ici à cinq ans, une arche géante devrait protéger le vieux sarcophage qui tombe en morceaux.

Dans les semaines qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl, un sarcophage de béton et d’acier a été coulé en urgence pour isoler le réacteur n° 4. Une mesure désespérée qui a permis de limiter les diffusions dans l’air de poussières hautement radioactives. Mais l’étanchéité n’a tenu que quelques mois. Très vite des fissures ont fait jour.

 

Les 2 000 tonnes de matériaux contaminés se retrouvent, aujourd’hui, encore à la merci des intempéries et des risques d’incendie. Ces brèches du sarcophage sont patiemment colmatées avec du béton, tel une rustine de fortune.

 

Dès les années 90, des études de faisabilité sont faites pour concevoir et mettre en place une nouvelle enceinte de confinement autour du réacteur endommagé. Ce travail d’ingénieur, auquel EDF a participé, a été complexe et long. Il ne débouchera sur le lancement d’un appel d’offres qu’en 2004 pour une décision définitive en 2007.

 

travaux pharaoniques

 

C’est le consortium français Novarka qui remporte alors ce contrat. Ce groupement est constitué à 50/50 par Vinci Construction Grands Projets et par Bouygues Travaux Publics. Leur projet : rien de moins que l’un des plus grandes constructions industrielles de l’histoire… qui plus est, une construction mobile.

 

Il s’agit de recouvrir le sarcophage non-étanche d’une gigantesque arche de protection. Elle mesurera 257 mètres de portée, 105 mètres de haut, 150 mètres de long. Tout en béton et en acier, elle affichera plus de 30 000 tonnes sur la balance.

 

Les différents composants de l’arche seront d’abord construits en usine puis assemblés sur le site même de Tchernobyl, à quelques centaines de mètres du réacteur. Une fois l’assemblage achevé, elle coulissera sur des longrines de béton… Une mise en place envisagée pour 2015.

 

100 ans de Garantie

 

Les constructeurs garantissent son intégrité pour un siècle. Mais cette arche ne sera pas inerte pendant cette période. Elle doit permettre de faire pénétrer et sortir des robots qui vont entamer le démantèlement du sarcophage et de l’ancien réacteur.

 

Ce projet pharaonique a un coût exorbitant : plus de 1,5 milliard d’euros. Une somme difficile à réunir. A l’origine 760 millions avaient été provisionnés. Aussi, il a fallu remobiliser les contributeurs pour remettre la main au porte-monnaie. Réunis à Kiev le 19 avril dernier, une cinquantaine de pays ont annoncé une rallonge de 550 millions d’euros dont 47 millions d’euros de la France.


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