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Tata Steel s'offre Corus

31/01/2007
Le sidérurgiste indien va devoir débourser 12,2 milliards de dollars pour ravir l'anglo-néerlandais à la convoitise du brésilien CSN.
Tata Steel s'offre Corus Tata Steel va enfin devenir le cinquième sidérurgiste mondial après avoir accepté de surenchérir dans une bataille qui l'a opposé à Companhia Siderurgica Nacional (CSN) depuis son offre amicale effectuée le 20 octobre dernier. L'offre initiale de Tata, 455 pence par action Corus,  avait été relevée à 500 pence le 10 décembre avant que le brésilien ne monte à 515 pence. Corus, CSN et l'office britannique des fusions (le Takeover Pannel)  s'étaient ensuite mis d'accord sur un dispositif d'enchères, un mécanisme rarement utilisé dans une situation de ce genre. Tata a emporté ce matin la décision avec une offre finale de 608 pence, supérieure à celle de CSN, 603 pence.

Les 12,2 milliards de dollars (13,09 milliards en incluant la dette selon les calculs du Metal Bulletin) que devra débourser Tata Steel représentent, et de loin, le plus important investissement indien à l'étranger. On est loin cependant des 32 milliards de dollars que Mittal Steel a dû mettre sur la table pour s'emparer d'Arcelor. Cette opération valorise Corus à environ sept fois sa prévision de bénéfice d'exploitation 2006 (Ebitda), alors que l'OPA de Mittal avait valorisé Arcelor à 4,6 fois son Ebitda. Une hausse qui souligne les tensions d'un secteur qui n'a pas fini de se restructurer et dans lequel le mouvement de concentration est loin d'être achevé. Rappelons qu'Arcelor Mittal, de loin le numéro un de la sidérurgie mondiale, n'assure pas plus de 10 % de la production globale d'acier. Du côté de leurs fournisseurs, trois mineurs de fer produisent les trois quarts du minerai commercialisé.

Le résultat final de l'enchère, en hausse de 33 % par rapport à l'offre initiale, est particulièrement favorable pour les actionnaires de Corus, en crise depuis des années et sauvé par la hausse cyclique du prix de l'acier. Un niveau de prix critiqué par les analystes de Citigroup qui estiment que le prix payé par Tata est trop élevé. Pour CSN il s'agit d'un échec, le deuxième en quatre ans, pour s'emparer d'une cible visée depuis longtemps et de réaliser l'opportunité de se développer sur les marchés européens.

Le nouveau groupe indo-anglo-néerlandais disposera d'une capacité de production globale de plus de 23 millions de tonnes (Mt) :
- L'aciérie d'Ijmuiden aux Pays-Bas qui a produit 6,7 Mt de produits ferreux en 2005 ;
- L'usine de Jamshedpur en Inde avec une capacité de 5 Mt ;
- Les sites de Port Talbot, Scunthorpe, Teeside et Rotherham au Royaume-Uni avec une capacité combinée de 12 Mt.

De plus, Tata Steel, qui compte doubler d'ici à 2012 la production de son site de Jamshedpur, a l'intention d'augmenter ses capacités en Inde à 16,5 Mt en construisant un nouveau complexe intégré au Jharkhand, en Orissa ou au Chhattisgarh. Les aciéries du Royaume-Uni souffrent toutefois de coûts de production particulièrement élevés et une chute des prix de l'acier les replongerait dans le rouge. Tata Steel s'est engagé à poursuivre les programmes d'investissement déjà programmé par Corus mais ne s'est pas engagé au-delà de 2010.   
Daniel Krajka

sous-traitance
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