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Tarbes réinvestit son ancien arsenal

Le 05 février 2009 par DE NOTRE CORRESPONDANTE, MARINA ANGEL | L'Usine Nouvelle n° 3132

Longtemps dépendante de trois gros employeurs, l'agglomération tarbaise développe de nouveaux parcs d'activité pour diversifier son tissu économique. L'aménagement de l'ancien site de Giat Industries participe de ce volontarisme.

L'aménagement des anciens terrains de Giat Industries bat son plein à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Devenue propriétaire de ce site de 23 hectares pour 3,8 millions d'euros en juillet 2007, la Ville est à la manoeuvre. L'acquisition de parcelles voisines lui a permis de porter la superficie du futur quartier de l'Arsenal à une trentaine d'hectares. L'Arsenal, c'est le grand chantier du nouveau mandat de Gérard Trémège, réélu maire (UMP) de Tarbes en mars 2008 et élu, dans la foulée, président de la Communauté d'agglomération du Grand Tarbes.

Pas question de faire table rase du passé ni du patrimoine immobilier. « Notre objectif est de redonner vie à ce site, de le rendre attractif et d'offrir aux Tarbais et aux entreprises qui viendront s'y implanter des espaces aménagés et accessibles, dans un environnement accueillant », précise Gérard Trémège. L'investissement public est évalué à 10 millions d'euros. Le chantier a démarré début 2008. Sur un total de 89 000 mètres carrés de bâtis, 16 000 mètres carrés de hangars sont promis à la démolition. Le reste sera rénové. La blessure est considérable. Giat Industries employait un peu plus de 3 000 personnes au début des années 1980 et encore 776 en 2003, lors de l'annonce de la fermeture quasi totale du site, où était intégrée la tourelle du char Leclerc. Seul un atelier de pyrotechnie employant 71 salariés a été maintenu par le groupe Nexter, filiale à 100 % de Giat Industries. L'opération de réhabilitation de cette enclave proche du centre-ville ne s'avère pas moins colossale à l'échelle d'une commune de 50 000 habitants.

Un tiers des surfaces sera réservé à des activités économiques. Les premières entreprises sont en cours d'installation. « D'ici à dix-huit mois, nous comptons sur pas moins de 300 emplois dans ce quartier », précise le maire de Tarbes. Une pépinière d'entreprises est en projet. Le reste du site sera voué à des activités ludiques et culturelles, au commerce et à des infrastructures municipales. Au programme : 11 salles de cinéma, une école de danse, un hôtel trois étoiles, une galerie marchande, les archives municipales, une maison des associations... Le schéma d'aménagement du quartier de l'Arsenal prévoit une voie principale et une place centrale, ainsi que des jardins et des espaces réservés à la promenade. Les premières livraisons sont prévues dès cette année. Gérard Trémège se veut optimiste : « Nous pensions avoir besoin d'au moins dix ans. Finalement, l'essentiel de ce nouveau quartier sera opérationnel avant cinq ans. »

Une ZAC de 220 hectares près de l'aéroport

En parallèle, le Grand Tarbes s'est attaqué au remodelage de l'entrée sud-est de l'agglomération, connectée à l'autoroute A 64. Le dossier est complexe. Il s'agit d'accompagner la transformation du site d'Alstom Transport, de ramener son périmètre de 30 à 8 hectares et d'intégrer les surfaces libérées au sein d'un parc d'activités de 100 hectares, appelé parc de l'Adour. Construite au début du XXe siècle pour fabriquer des locomotives, l'usine assemble des appareillages électriques, des chaînes de traction et des convertisseurs, et conçoit des modules d'électronique de puissance. Son effectif est passé en vingt ans de 1 500 à 715 salariés.

Après plusieurs années d'hésitation et une redéfinition du projet par la nouvelle équipe du Grand Tarbes, présidée jusqu'aux dernières élections municipales par le socialiste Jean Glavany, la rénovation du site d'Alstom devrait être engagée au printemps 2009. Le projet est évalué à 20 millions d'euros. La création d'un pôle électronique de puissance, autour d'un laboratoire associant Alstom Transport à une douzaine de grandes écoles et laboratoires, dont l'Ecole nationale d'ingénieurs de Tarbes, reste suspendue à cette opération. Longtemps dépendante de trois grands employeurs (Giat Industries, Alstom Transport et EADS-Socata, récemment repris par Daher), l'agglomération tarbaise mise désormais sur le développement de parcs d'activités diversifiées.

Aux côtés de la région Midi-Pyrénées, du département des Hautes-Pyrénées et des villes de Lourdes et Ossun, le Grand Tarbes a ainsi contribué à la création d'une ZAC (zone d'aménagement concerté) de 220 hectares près de l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Tarmac Aerosave a choisi d'y implanter un centre de stockage, de maintenance légère et de déconstruction d'avions (lire page 36).

L'ambition est d'attirer sur cette ZAC d'autres entreprises spécialisées dans les avions d'occasion, la peinture et la maintenance d'équipements aéronautiques, le recyclage de sièges, etc. Sur les communes voisines d'Ibos et de Bordères-sur-l'Echez, le Grand Tarbes construit également son avenir. « L'objectif est de diversifier notre offre de terrains, en vue de renforcer l'attractivité du bassin d'emplois en direction des PME-PMI », souligne Fabrice Angot, le responsable du développement économique à la Communauté du Grand Tarbes.

Le Parc des Pyrénées à Ibos est opérationnel. Sur la première tranche de 30 hectares, inaugurée en septembre 2007, cinq entreprises sont déjà installées et une vingtaine d'autres devraient les rejoindre, pour un total de 500 emplois, « dont 270 créations », précise Fabrice Angot. Avec deux dominantes : le travail de l'aluminium et la logistique. Cette première tranche devrait accueillir, sur neuf hectares, le futur campus de Veolia Environnement, qui regroupera un centre de formation des apprentis et un centre de formation continue.

Un tissu économique à dynamiser durablement

A Bordères-sur-l'Echez, un Ecoparc sera desservi par la future rocade nord-ouest raccordée à l'A 64. L'objectif est de rapprocher des producteurs d'énergies renouvelables et des entreprises consommatrices de froid ou de chaud, notamment dans l'agroalimentaire, le stockage et les transports frigorifiques. La construction d'une centrale de méthanisation est en projet. Une unité de collecte et de valorisation des déchets d'élevage et des activités d'abattage et de transformation de canards est également à l'étude.

Avec tous ces nouveaux parcs d'activité, l'agglomération tarbaise entend bien changer la donne. Gérard Trémège exprime un voeu, en forme de constat : « Ce qui manque aujourd'hui, c'est une dizaine de PMI de 150 à 250 emplois chacune, qui puissent dynamiser durablement notre tissu économique. »

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