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System@tic se forge une identité internationale

Le 20 novembre 2008 par A. B | L'Usine Nouvelle n° 3124

Pour se faire un nom hors de France, le pôle de compétitivité francilien mise sur des partenariats européens. En veillant à y associer des PME.

Avec près de 400 membres et plus de 230 millions d'euros de financements publics décrochés depuis 2005, System@tic Paris Région fait figure d'exemple... en France du moins. Car le pôle de compétitivité francilien, spécialisé dans les systèmes embarqués complexes, est encore loin de pouvoir prétendre au titre de cluster de classe mondiale que souhaite voir émerger la Commission européenne. La qualité de sa gouvernance, le soin qu'il porte à ses 183 PME membres et sa politique de partenariats européens en font néanmoins un candidat crédible. Si on lui en laisse le temps. « Les exemples japonais le prouvent. Pour construire un pôle, il faut au minimum cinq ans, puis encore cinq pour transformer l'écosystème et acquérir une visibilité internationale, rappelle Dominique Vernay, le président de System@tic Paris Région. En trois ans, le pôle a réussi à établir sa crédibilité au niveau français. L'ancrage européen viendra dans un deuxième temps, via des accords interclusters. »

UN PREMIER PROJET DE RECHERCHE EUROPÉEN

System@tic collabore déjà avec d'autres pôles européens. Conjointement avec son homologue d'Aquitaine Aerospace Valley, un premier accord a été signé dès juin 2006 avec le pôle allemand SafeTrans, spécialisé dans la sécurité des systèmes embarqués dans les transports. Ce partenariat est l'une des retombées positives du réseau Eicose (European Institute for Complex et Safety Critical Embedded Systems Engineering). Il a débouché cet automne sur le financement d'un premier projet de recherche portant sur le développement d'outils logiciels, porté par Thales et Airbus. Mais la dynamique de partenariats européens ne décolle vraiment que cette année. En juin, System@tic a signé avec le cluster néerlandais Point-One (construit autour de Philips). Et des discussions sont en cours avec le pôle bavarois BICC-Net, spécialisé sur les technologies de l'information. D'autres accords avec les pôles Seguridad (Espagne), Kista (Suède) et Idiap (Suisse) pourraient suivre.

Dans l'immédiat, le pôle francilien doit composer avec les rivalités politiques entre la région Ile-de-France, la ville de Paris et l'Etat qui proposent chacun des projets de pôles d'innovation différents avec respectivement la vallée de la Science, Paris Métropole et le cluster de Saclay. La multiplication des structures du dispositif enseignement-recherche-innovation brouille aussi les cartes. Qui peut, en effet, s'y retrouver de l'extérieur entre le réseau thématique de recherche avancée Digiteo Labs, qui lie les laboratoires publics du plateau de Saclay, l'association d'écoles d'ingénieurs ParisTech, les divers pôles de compétitivité de la région ou encore le réseau OpticsValley, qui fédère les entreprises de la filière optique, électronique et ingénierie logicielle en Ile-de-France, avec lequel System@tic vient de signer un partenariat !

SE FAIRE CONNAÎTRE AUX ETATS-UNIS

« Si Microsoft a choisi Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) pour installer son nouveau centre de R et D, c'est aussi parce que System@tic, Digiteo Labs et ParisTech ont parlé d'une seule voix. Et d'autres entreprises s'apprêtent à suivre le même chemin », tempère Sylvain Dorschner, le délégué général du pôle System@tic. Soit. Mais le projet de cluster scientifique et technologique sur le plateau de Saclay (lire Le journal des régions, page 52), défendu par Christian Blanc, le secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale, est loin de clari- fier la situation. Au point que personne n'arrive à s'accorder sur un nom. « Silicon-sur-Yvette », « Silicon Saclay », « Paris Technology Valley »... Alors qu'une marque forte est un atout indispensable pour s'imposer en dehors des frontières. Conscient de l'enjeu, Dominique Vernay défend l'idée d'un label unique.

En attendant cette marque forte, System@tic avance doucement ses pions. En collaboration avec la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, le pôle de compétitivité francilien va ouvrir un bureau permanant au Massachussetts Institute of Technologie (MIT), pour faire connaître ses activités outre-Atlantique.

Pour se faire un nom à l'international, System@tic mise également beaucoup sur ses membres, les PME notamment. D'autant qu'une des missions fixées par l'Etat aux pôles de compétitivité est de les aider à croître et à exporter.

Le pôle francilien se veut, en la matière, un bon élève : 80 % des 183 PME du pôle sont impliquées dans un projet collaboratif. Ces mêmes entreprises représentent 22 % de l'effort de recherche. Elles ont perçu 27 % des subventions publiques obtenues dans le cinquième appel à projets et 36 % dans le sixième (il y a deux appels à projets par an).

« Non seulement le pôle apporte un accès à un réseau de partenaires, mais il nous apprend à travailler en mode collaboratif, clé de l'innovation d'aujourd'hui », explique Jean-Noël de Galzain, le PDG de la start-up Wallix, spécialisée dans les logiciels libres pour la sécurité des infrastructures. Jean-Noël de Galzain est l'un des trois patrons de PME siégeant au bureau exécutif, qui compte 20 personnes. Il est aussi le pilote d'une des cinq actions du plan « ambition PME » mis en place pour soutenir des start-up du pôle (un accueil encadré, un club, une aide au financement, davantage de partenariats avec les grands comptes et des cours de marketing). Le pôle a également signé une convention de partenariat avec le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France pour permettre à ses PME membres d'accéder à une expertise sectorielle ou géographique.

CAPITALISER AU PLUS VITE LES PROJETS DES PÔLES

System@tic a d'autres projets dans ses cartons. Un catalogue électronique des compétences permettant aux PME de se présenter aux grands comptes du pôle sera ouvert courant 2009. System@tic vient aussi de répondre à l'appel d'offres lancé cet été par l'Etat pour constituer une plate-forme technologique inter-pôles destinée à fournir l'infrastructure physique nécessaire aux tests et à la validation des technologies en développement. « L'idée est de capitaliser au plus vite les projets portés par les pôles pour les transformer en valeur pour les entreprises », explique Sylvain Dorschner. System@tic voudrait là servir d'exemple. .

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