Synergies
PSA CLONE LA PRODUCTION DE SES MOTEURS
Le site lorrain du constructeur d'automobiles entame la production de son moteur commun avec Ford, un an après son lancement à Douvrin.
Malgré son titre de numéro 1 mondial, l'usine PSA de Trémery, n'hésite pas à relever un nouveau défi. Le site mosellan, qui bat déjà le record de la fabrication de moteurs Diesel, se convertit à la duplication. A l'occasion du lancement, sur ses lignes, des moteurs DV4 TED4 de 1,4 litre développés avec Ford, Trémery a adopté la chaîne de production, baptisée " module ", mise en place l'an dernier à la Française de mécanique de Douvrin, dans le Pas-de-Calais. Ce site était le premier à démarrer la production du petit moteur. Trémery le rejoint, avec une originalité à la clé : la réplique de ses process. A tel point que PSA, à qui Ford a donné carte blanche pour la maîtrise d'oeuvre, n'hésite pas à parler de " copier-coller ". Tout d'abord, la même disposition : d'un côté, l'usinage des principales pièces, culasses, carters cylindre, bielles et vilebrequins. De l'autre, l'assemblage. Et, au centre, en position stratégique, les ateliers de maintenance, les bureaux techniques et les services de qualité. Mais les deux modules, Douvrin et Trémery, partagent surtout les mêmes outils de production, dont 72 centres d'usinage à grande vitesse et 35 robots de montage. " L'outillage représente 90 % du coût total de l'installation ", précise Thierry Vingtans, responsable du département " DV " à Trémery. Un coût qui a pu être réduit de 15 % grâce au clonage, ramenant l'investissement à 315 millions d'euros pour la rénovation du bâtiment, les moyens de production, l'étude et la mise au point.
Chaque modification sur un site est reproduite sur l'autre
Car l'autre intérêt de ces modules, c'est le retour d'expérience de Douvrin profitable à Trémery. " Pour améliorer la simulation numérique de notre installation, nous avons intégré les paramètres mesurés dans des conditions réelles à la Française de mécanique, comme le rendement de certains outils. Ainsi, le résultat est beaucoup plus proche de la réalité ", explique Thierry Vingtans. En aval aussi, les avantages sont sensibles. Ainsi, les process mis en place sont déjà " déverminés ". " Nous avons envoyé à Douvrin jusqu'à 50 personnes qui ont participé au démarrage de la production ", explique Thierry Vingtans. Les fournisseurs de robots ont également fait évoluer leurs outils. Pour la qualité, la nécessité d'installer un contrôle d'étanchéité en début de ligne, plutôt qu'à la fin, détectée à Douvrin, a été directement adoptée à Trémery. Tout comme l'utilisation d'un quatrième robot pour la pose des soupapes pour améliorer la productivité. Chaque modification sur un site est ensuite reproduite sur l'autre, pour que l'amélioration continue soit simultanée. Autant de mises à niveau qui permettent à Trémery de gagner sur les délais et la qualité. L'enjeu est de taille. Le site affiche aujourd'hui un taux de rebus de 3 à 4 %. S'il est tolérable à la cadence actuelle de 150 moteurs par jour, il ne le sera plus avec 2 500 unités quotidiennes. L'objectif est donc de le réduire à seulement 0,35 % dès la fin de 2003. Grâce à la flexibilité des outils, le concept de module de production sera déployé aux futures déclinaisons de la nouvelle famille de moteurs, comme la version 1,6 litre qui devrait commencer à être produite à Trémery dans le courant de 2003. Et déjà Didier Blanchard, directeur de l'usine lorraine, rêve d'un nouveau record : le franchissement du cap des deux millions de moteurs produits par an en 2004.
Les avantages des modules de production
Gains sensibles sur les investissements.
Réduction des délais de démarrage de production.
Amélioration rapide de la qualité.









