imprimer

Swatch Group met un terme à son partenariat avec Tiffany

Publié le

  par Nathalie Olof-Ors

ZURICH (Reuters) - Swatch Group met fin à son partenariat dans les montres avec Tiffany & Co, invoquant des "efforts systématiques" du joailler américain pour bloquer le développement de leurs activités de montres communes.

Vers 10h20 GMT, le titre Swatch cédait 0,96% à 350,80 francs, après avoir ouvert en baisse de 2,99%, tandis que l'indice européen des valeurs de biens de consommation courante et de celles du luxe perdait 1,6%.

Le groupe basé à Bienne, le centre névralgique de l'industrie horlogère suisse, a précisé dans un communiqué qu'il entendait réclamer des dommages et intérêts.

En décembre 2007, Tiffany & Co avait noué un partenariat avec Swatch Group afin d'externaliser la production de ses montres par le biais d'une co-entreprise.

Lors d'un entretien avec Reuters à l'occasion du salon horloger de Bâle fin mars, Nayla Hayek, la présidente du conseil d'administration de Swatch Group, avait toutefois exprimé son mécontentement à l'égard de Tiffany & Co, estimant que le joailler américain ne mettait pas assez en valeur les montres dans ses boutiques.

Dans une note de recherche matinale, Rene Weber, analyste chez Vontobel, considère que la fin de la coopération entre les deux maisons n'est pas une surprise et que l'impact sur les ventes de Swatch Group est limité.

"Nous estimons que les ventes de montres Tiffany ont atteint 30 millions en 2010, ce qui représente 0,5% des ventes du groupe", évalue-t-il, se référant à Swatch Group.

L'analyste estime toutefois que le potentiel se chiffrait aux environs de 300 à 400 millions de francs. "Nous regrettons donc l'arrêt de cette coopération", commente-t-il.

Jon Cox, analyste chez Kepler Capital Markets, juge également que cette annonce n'est pas surprenante mais demeure "décevante" puisque Swatch Group perd ainsi un partenariat avec la seule marque de joaillerie de grande envergure.

Cette décision "va probablement renouveler la spéculation autour d'un rachat de Tiffany, dans la mesure où l'accord sur les montres avec Swatch Group était perçu comme un obstacle potentiel", souligne-t-il.

Tiffany & Co fait régulièrement l'objet de rumeurs, le joailler américain étant perçu comme l'une des dernières cibles potentielles dans le secteur de la joaillerie depuis le rachat de l'italien Bulgari par LVMH.

L'annonce pourrait également attiser la spéculation autour d'une nouvelle co-entreprise dans le secteur, remarque Jon Cox, qui s'interroge sur Harry Winston, le diamantaire américain coté à la Bourse de Toronto.

Edité par Robin Bleeker et Benoit Van Overstraeten

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Les articles liés :

Tiffany réclame 542 millions de francs suisses à Swatch
ZURICH (Reuters) - Le groupe horloger Swatch Group annonce lundi que le joaillier américain Tiffany a déposé une plainte contre lui, réclamant 541,9 millions de francs suisses (450 millions d'euros). Cette action fait suite aux […]

Les valeurs à suivre sur les marchés américains
NEW YORK (Reuters) - Les valeurs à suivre lundi à Wall Street : * TIFFANY & CO - Swatch Group met fin à son partenariat dans les montres avec Tiffany & Co, invoquant des "efforts systématiques" du joailler américain pour bloquer le […]

L'horlogerie ou la vie sans Swatch
Cela ne se verra pas lors du salon mondial de l'horlogerie Baselworld, à Bâle (Suisse), mais les manufactures suisses sont lancées dans une course contre la montre. Pour pallier la pénurie de composants décrétée par Swatch, elles […]


Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter