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Sur le Tour de France, un coureur aérodynamique en vaut deux

Par Hassan Meddah - Publié le
Peloton Tour de France
© FlickR - CC

Les concurrents du Tour de France entrent aujourd'hui dans leur deuxième semaine de course. Pour améliorer leur pénétration dans l’air, certains d'entre eux ont eu l'occasion, et les moyens, de faire des tests en soufflerie. En optimisant leur posture sur le vélo et le design de leurs équipements, les coureurs peuvent en effet rouler une seconde par kilomètre plus vite.

Casques profilés, roues de compétition pleines, position des mains du cycliste avancées sur le guidon…les cyclistes cherchent toujours la meilleure pénétration dans l’air. Et pour cause : "sur terrain plat, à 50km/h, c'est au moins 90 % de la perte d'énergie d'un cycliste qui est liée à la résistance de l'air", explique Laurent Jacquin, directeur du département d'aérodynamique fondamentale et expérimentale de l'Onera, le centre français de recherche en aéronautique.

Les professionnels de la route ne vont pas le contredire. "Le cyclisme c’est de la voile. S’il n’y avait pas de vent et pas d’air, un coup de pédale nous propulserait à des centaines de mètres. La résistance de l’air et du sol sont une composante essentielle, et la façon dont vous entrez dans ces courants est déterminante. C’est l’une des clés de ce sport", reconnaît Philippe Raimbaud, le directeur de développement de l’équipe Sojasun-Saur. "Deux paramètres sont à prendre en compte : la surface frontale offerte par le cycliste et son vélo (soit environ une surface de ½ m2, ndlr) et sa forme plus ou moins allongée vers l’arrière mesurée par le coefficient de trainée", explique le chercheur.

Quand les cyclistes s’inspirent des canards
Le cyclisme est un sport d’équipe. Afin de préserver leur leader de la pénétration de l’air le plus longtemps possible, les coureurs adoptent des configurations en V, appelée "en bordure" ou "en éventail", comme les canards dans le ciel
Pour optimiser ces paramètres et leur aérodynamisme, les coureurs du Tour de France n’hésitent pas à faire appel à des installations techniques spécialisées : les souffleries. Leur principe de base est le même : un ventilateur géant crée un flux d’air qui est conduit droit sur l’objet d’étude (avion, voiture…) afin de tester sa pénétration dans l’air dans des conditions proches de la réalité. Deux paramètres caractérisent une soufflerie : la vitesse du vent créé (environ 1000 Km/heure pour une soufflerie aéronautique, 100 Km/heure pour un cycliste) et sa taille qui permet l’étude d’objets plus ou moins grands.

Des tests sur des vélos contre-la-montre

Parmi les opérateurs de soufflerie, Aero Concept Engineering (ACE) dispose d’une installation basée à Magny-Cours dans le département de la Nièvre. Une installation ouverte aux cyclistes professionnels et aussi aux fabricants de cadres, de roues et d’accessoires. La soufflerie produit un vent ajustable de 10 à 150 Km/heure. A cela s’ajoute un système de prise de photos qui permet le suivi des positions du coureur.

L’équipe Cofidis, engagée sur le Tour de France, y a réalisé des tests en mars 2010 avec quatre de ses coureurs. Les essais ont été effectués sur des vélos de contre-la-montre. "Ces tests effectués en soufflerie sont bénéfiques car les coureurs peuvent évaluer leur résistance de pénétration dans l’air, quantifier le gain qui peut être apporté en modifiant leur posture ou avec un casque ou une combinaison différente", explique Jean-Luc Jonrond, directeur sportif de Cofidis sur le site Web de l’équipe cycliste relatant les essais en soufflerie. En moyenne, les gains d’aérodynamisme pour une vitesse de déplacement de 50 Km/heure correspondent à gain de temps théorique d’environ 1 seconde par Km.

Toutefois, si les opérateurs de soufflerie ont beau vous vendre du vent, cela coute cher. "Les essais en soufflerie, ça coûte la peau des fesses", reconnaît Philippe Raimbaud, de l’équipe Sojasun-Saur.

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