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Suez Environnement : gros contrat à Dubaï

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
SuezDubai.

La filiale de Suez va construire en consortium une usine de réutilisation des eaux usées. Montant de l'opération : 800 millions de dollars sur dix ans dont 54% revenant à Suez Environnement. Interview de Jean-Louis Chaussade, directeur général du groupe.

Suez Environnement a signé dimanche un contrat à Dubaï avec le développeur immobilier Palm Water pour construire en consortium avec Besix une usine de réutilisation d'eaux usées. A l'occasion de la signature de ce contrat, Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement, à répondu à nos questions, à quelques mois aussi de la mise en Bourse de cette filiale de Suez.

Quels sont les enjeux au Moyen- Orient pour Suez Environnement
Aujourd'hui cette région représente 1% de notre chiffre d'affaires. Il y a de grandes perspectives de développement dans cette zone, dont l'économie est en plein boom économique et démographique avec de gros besoins en eau potable et en assainissement. Les acteurs publics et privés ont décidé de prendre en main les problématiques d'environnement, ce qui est vraiment nouveau. La construction de villes nouvelles comme ici à Dubaï, l'amélioration des infrastructures... tout cela fait que notre activité va croître de façon significative, on devrait pouvoir atteindre 3% de notre chiffre d'affaires à l'horizon de cinq à dix ans. Ce qui est beaucoup... car tout le reste du groupe est aussi en fort développement. La croissance de notre chiffre d'affaires au Moyen-Orient sera de 15% par an sur les trois à cinq ans à venir

Quels sont vos concurrents dans cette zone?
On rencontre quelques groupes asiatiques, notamment de Singapour, et des groupes locaux, mais aussi nos concurrents habituels français, anglais et espagnols.

Ce contrat de Dubaï repose sur la technologie membranaire, plutôt innovante dans l'assainissement, plus généralement pour Suez Environnement, quels sont les enjeux en matière de R&D ?
Les problématiques de développement durable et de changement climatique vont nécessiter des investissements en R&D important pour améliorer les technologies existantes, et en trouver de nouvelles.
Chez Suez, nous avons le principe du partenariat en matière de R&D. Nous dépensons 55 millions d'euros en association avec des laboratoires publics, ou au sein du GIE Alliance. Cela fait que notre effort réel est double. Nos thèmes sont nombreux, notamment dans l'eau. Les micropolluants, le "reuse" ou réutilisation pour des applications comme ici à Dubaï qui devient vraiment une réalité.

Il y a aussi la maîtrise des fuites, un thème sur lequel on mène beaucoup d'études sur l'utilisation de capteurs électronique placés dans les réseaux qui permettent de détecter en avance les fuites et donc les pertes en eau.

Les odeurs sont un vrai sujet sur lequel nous avons un projet commun entre toutes les composantes de Suez environnement et avec des partenariats étrangers autour du programme NOSE.
Il y a aussi la thématique des micro-polluants, c'est à dire comment les maîtriser, les détecter, les éliminer....

Dans les déchets, il y a les thèmes du tri, de l'incinération avec nos équipementiers mais aussi de technologies plus nouvelles comme les bioréacteurs sur lesquels on travaille de plus en plus comme le montre notre contrat emporté à Montpellier pour une usine de méthanisation de 200 000 tonnes.

Le Grenelle de l'environnement a fait d'exprimer de nouveaux besoins en matière de protection de l'environnement. Comment les financer ?
Question difficile ! C'est aux politiques de savoir comment ils vont répartir le financement des investissements entre les tarifs supportés par le client final, l'impôt, les subventions.... Je n'ai pas d'a priori. Les investissements qui nous attendent sont très importants, notamment pour revenir en ligne simplement avec les exigences européennes. C'est vrai dans les déchets, le traitement de l'eau résiduaires, le recyclage. En la matière si l'on combine des systèmes d'écotaxe et l'éco-conception cela peut se faire sans augmenter les prix de façon significative.

Enfin, quand aura lieu l'introduction en Bourse de 65% de Suez environnement et qu'est ce que cela va changer pour votre groupe?
Elle se fera en 2008, le plus tôt possible, sans plus de précision pour l'instant, en fonction du calendrier de la fusion Suez GDF. Suez environnement est une division importante de Suez. Elle représente un quart de son chiffre d'affaires, un tiers de ses effectifs, un quart de son EBITDA. On est très bien dans Suez.

Mais en Bourse on aura une visibilité beaucoup plus grande, nous aurions été un peu caché par le tropisme énergie de GDF-Suez. Nous aurons le meilleur des deux mondes, un actionnariat de référence avec Suez qui assure la stabilité du capital, et de l'autre la visibilité du marché. On entre dans cette aventure avec enthousiasme. Suez Environnement sera une bonne affaire pour l'investisseur. Je pense que ce sera même une très bonne affaire !

Propos recueillis à Dubaï par Pierre-Olivier Rouaud


Une usine pour réutiliser l'eau.

Le contrat signé à Dubaï avec Palm Water vise à construire un réseaux de 40 km et une usine de réutilisation d'eau usée qui sera destinée à l'irrigation des espaces verts et plusieurs golfs d'une ville nouvelle au sud-ouest du centre de Dubaï. Dans ce type de projet, jusqu'à présent, l'irrigation était le plus souvent effectuée avec de l'eau potable. Ce contrat de 800 millions de dollars au total comprend la construction et l'exploitation sur 10 ans d'une usine de 220 000 m3/jour (soit 900 000 habitants à terme) utilisant une technique membranaire innovante.

Suez Environnement aura 54% du projet et le groupe de BTP belge Besix les 46% restant. Besix construit notamment la Burj Dubaï tower, la tour la plus haute du monde, il est un filiale du groupe égyptien Orsacom construction... celui là même qui vient d'entrer au capital de Lafarge.

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