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Quotidien des Usines

STX France amarré à Fincantieri après le feu vert du gouvernement

Olivier Cognasse ,

Publié le

Le rachat des chantiers de Saint-Nazaire par l’industriel italien ne fait plus de doute après l’annonce par le gouvernement d’un accord pour finaliser cette acquisition. Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, assure que toutes les garanties demandées ont été validées.

STX France amarré à Fincantieri après le feu vert du gouvernement
Le chantier naval de Saint-Nazaire.

Après avoir reçu les syndicats, Christophe Sirugue, le secrétaire d’Etat à l’Industrie, a annoncé le projet d’accord avec Fincantieri devant la presse jeudi 6 avril au soir. Un soulagement pour les salariés de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) dans l’expectative, après les pressions politiques pour nationaliser l’entreprise et les négociations qui semblaient traîner en longueur depuis que le tribunal de commerce de Séoul a annoncé le 3 janvier dernier avoir retenu la candidature des chantiers navals italiens.

"L’accord reprend quasiment tous les points que nous avions évoqués, se réjouit Christophe  Morel en répondant aux questions de l’Usine Nouvelle, délégué syndical CFDT de STX France. Et c’est plutôt rassurant que cette décision soit prise et que nous ne restions plus dans le flou. C’est un projet d’accord avec beaucoup de garanties. L’Etat conserve son droit de préemption et dispose d’un droit de veto." Il semble que tous les syndicats soient d’accord à l’exception de FO qui était plutôt favorable à une nationalisation temporaire de la filiale française de STX.

FO et Bruno Retailleau opposés à l’accord

"Nous serons la seule organisation syndicale à donner un avis négatif, car nous souhaitions que l’Etat fasse jouer son droit de préemption pour lui donner le temps de trouver une solution avec des industriels français, regrette Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée syndicale FO qui n’est pas rassurée par les garanties annoncées par le gouvernement. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. On l’a vu avec GE quand il a racheté les activités d’Alstom : il a supprimé 700 emplois et arrêté certaines activités. Et nous avons beaucoup d’incertitudes sur Fincantieri et cette fondation, car c’est l’Etat italien."

Dans le camp des opposants à cet accord, FO est rejoint par le Président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau (LR) qui déclare dans un communiqué : "Je suis surpris de la hâte de l’Etat à conclure un accord avec Fincantieri. Il s’agit en effet d’un dossier hautement stratégique, et je ne pense pas que la proximité des élections présidentielles favorise une décision précipitée. En effet, l’actuel gouvernement n’aura pas à gérer les conséquences de son choix, et l’on m’avait assuré qu’aucune décision ne serait prise avant les élections. Or, nous sommes mis devant le fait accompli."

Par contre, cet accord ravit Hervé Guillou, le PDG de DCNS. "Notre entrée au capital de STX France va permettre de préserver l’accès de DCNS aux capacités industrielles uniques en Europe des chantiers de Saint-Nazaire pour la construction de navires militaires de grande taille comme les porte-hélicoptères de type Mistral ou encore les porte-avions, garantissant ainsi la préservation des intérêts stratégiques de la France tout en renforçant notre capacité d’exportation", précise-t-il dans un communiqué. Et DNCS se trouve en terrain connu, puisqu’il a déjà travaillé avec Fincantieri pour les programmes de frégates anti-aériennes Horizon et les frégates multi-missions FREMM.

45% du capital sera français

Christophe Sirugue assure quant à lui que toutes les garanties permettent de maintenir le droit de préemption et un droit de veto si l’industriel italien ne tient pas ses engagements. En réponse à une question de l’Usine Nouvelle, le ministre a donné la future répartition du capital. "L’Etat conserve ses 33%. DCNS pourrait rentrer à hauteur de 12% et Fincantieri détiendra 48%. Le complément reviendra à la Fundazione CR Trieste." Et il a précisé que l’accord n’avait pas été précipité pour répondre aux pressions politiques sur une éventuelle nationalisation de STX France. "Nous avions reçu le 30 mars une lettre de Fincantieri nous annonçant qu’ils avaient trouvé un accord avec le Tribunal de commerce de Séoul. " Il reconnait toutefois que les négociations ont été intenses et parfois difficiles.

"La position de la France n’a pas changé. Nous souhaitions privilégier un industriel européen comme actionnaire de référence, mais avec les garanties que nous avions demandées", précise Christophe Sirugue. Les garde-fous existent bien avec le droit de préemption maintenu, une gouvernance équilibrée, notamment au sein du Conseil d’administration, des garanties sur l’emploi et le maintien des compétences et des recrutements, la protection de la propriété industrielle et du savoir-faire, toutes les commandes maintenues à Saint-Nazaire, la poursuite de la politique de diversification dans les EMR, pouvoir répondre aux appels d’offre, le maintien de la chaîne de sous-traitance,… 

Le ministère précise également les modalités sur la stabilité du pack d’actionnaires pour une durée de 20 ans. Il existe un droit de garantie sur cette période. "Le capital ne peut pas évoluer pendant 8 ans et une clause de revoyure est prévue au bout de 12 ans. Si Fincantieri veut se retirer, l’Etat français sera prioritaire pour reprendre ses parts." Le rachat devrait être signé mi-avril à Séoul et le closing devrait intervenir avant cet été au plus tard. Reste à s’assurer dans le temps que toutes ces garanties ne pourront pas être remises en causes.

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