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L'Usine de l'Energie

Stimulation plutôt que fracturation

Publié le

Enquête Les acteurs de la géothermie en France se défendent de pratiquer la fracturation hydraulique et parlent de stimulation. Ils ne veulent pas que leur activité soit interdite, à l’image du gaz de schiste.

La géothermie a-t-elle recours à la fracturation hydraulique Voilà un débat, lancé par les pétroliers, qui embarrasse les acteurs du secteur. Dans un rapport publié en juin dernier, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) le confirmait, entraînant ainsi un risque d’amalgame avec la technique utilisée dans l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. De quoi faire trembler les professionnels de la géothermie. Ces derniers craignaient que leurs activités n’en pâtissent : la fracturation hydraulique, mise en cause pour son impact environnemental, est en effet interdite en France depuis 2011. Le Conseil constitutionnel les a cependant rassurés en estimant, le 11 octobre, que la fracturation hydraulique utilisée en géothermie profonde "ne présentait pas les mêmes risques pour l’environnement".

Risques de microséismes

Les acteurs de la géothermie se gardent d’ailleurs de parler de fracturation, préférant le terme de stimulation hydraulique. Celle-ci "est employée en géothermie et s’approche par certains aspects de la fracturation employée dans le gaz de schiste", reconnaît Romain Vernier, le responsable de la division géothermie du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). La stimulation est utilisée dans la nouvelle technologie dite de systèmes géothermiques stimulés ("enhanced geothermal systems" ou EGS). Elle vise à capter l’énergie de la terre pour produire de l’électricité non plus dans des zones volcaniques comme c’est le cas traditionnellement, mais dans d’autres types de roches (de socle ou sédimentaires). La technologie EGS a pour but d’améliorer les performances hydrauliques de ces milieux non conventionnels afin d’extraire la chaleur. Elle a été expérimentée sur le pilote de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin) où quatre puits ont été creusés dans la roche granitique, entre 3 600 et 5 000 mètres de profondeur.

Selon le BRGM, les différences entre la stimulation et la fracturation sont nombreuses. "La géothermie cherche à exploiter des milieux déjà fracturés, contenant naturellement du fluide. Il s’agit d’ouvrir ces fractures existantes pour connecter le puits aux circulations d’eau du sous-sol. Pour le gaz de schiste, il s’agit de casser une roche compacte et imperméable", précise Romain Vernier. Il suffit d’une seule injection d’eau pendant quelques jours au début de l’opération, contre des fracturations successives pour le gaz de schiste. Les volumes d’eau sont trois fois plus faibles car la roche ciblée en contient déjà. Et il n’y a aucun recours à des agents chimiques dits de soutainement, servant à décoller le gaz de la roche. "En géothermie, en plus de la stimulation hydraulique, peut être menée une stimulation chimique, à base d’agents acidifiants. Celle-ci est proche des technologies de forage d’eau", poursuit Romain Vernier. L’eau est ensuite réinjectée dans le réservoir.

Une démonstration qui omet un détail : la stimulation géothermique n’est pas neutre. Elle provoque des microséismes. Un tremblement de terre de magnitude 2,9 a été enregistré en 2003 autour de l’installation de Soultz-sous-Forêts. 

Le principe de la stimulation

 

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