Steelcase sauve les vieux meubles
Le 03 septembre 2009 par Agathe Remoué | L'Usine Nouvelle n° 3158Très actif dans l'écoconception, le spécialiste du mobilier de bureau haut de gamme propose désormais de récupérer, auprès de ses clients, leurs meubles en fin de vie, pour les réutiliser ou les recycler.
C'est une nouvelle philosophie que le leader mondial du mobilier de bureau essaye de développer : le « cradle to cradle ». Plutôt que de s'occuper de ses produits « du berceau à la tombe », le groupe américain veut promouvoir cette nouvelle voie du « berceau au berceau ». Sylvie Etancelin, la responsable, pour la filiale française, du nouveau département récupération et recyclage, indique que « 40 à 60 % du mobilier de bureau sont simplement jetés et détruits après un déménagement ». Ces meubles, une fois retapés, sont pourtant parfaitement réutilisables.
A défaut, les éléments peuvent être recyclés. C'est pour assurer cette continuité et débarrasser ses clients d'un casse-tête réglementaire que le groupe propose et garantit désormais la reprise, la réutilisation et la traçabilité. Car la nouvelle directive européenne sur les déchets, parue en novembre 2008, va progressivement obliger les entreprises privées et les établissements publics à se tenir informés et à suivre le devenir de leurs déchets.
OFFRIR UN SERVICE SUPPLÉMENTAIRE AU CLIENT
Steelcase est déjà connu pour ses démarches d'écoconception. Le groupe est, en France, l'un des sept membres fondateurs du réseau Créer (avec notamment Areva, Seb, Plastic Omnium, Veolia), dont la vocation est de développer ces démarches. Steelcase a ainsi entièrement repensé le siège le plus vendu de sa gamme, « Please ». Les PVC, les colles... ont disparu. Il compte 30 % de composants en moins et pèse 20 % de moins que la version précédente.
Mais, gérer les déchets « n'est pas notre métier », rappelle Sylvie Etancelin. Le groupe a donc décidé de s'entourer de spécialistes. La recherche d'un prestataire s'oriente vers une entreprise qui puisse récupérer, démanteler, réparer ou recycler des quantités importantes de meubles. « Il était très important pour nous qu'il possède une solide démarche de réinsertion, notamment de handicapés. » Sur le salon Pollutec, en décembre dernier, la responsable rencontre donc les représentants du réseau Envie. Cela tombe bien : ce groupement d'entreprises, spécialisé dans le démantèlement des déchets d'équipements électriques et électroniques, cherche à se diversifier. Ce réseau, qui fête cette année ses 25 ans, compte actuellement 48 sociétés et 900 salariés. L'accord est vite signé. Envie s'occupera des comptes générant moins de 200 postes de travail. Premier client à bénéficier de ce partenariat, la banque HSBC, pour 180 postes. Pour des mouvements plus importants, « nous aurons un autre partenaire », signale la responsable de l'activité.
Quel que soit le partenaire, l'interlocuteur de l'entreprise cliente (donc le responsable de la bonne gestion de ces déchets) reste Steelcase. Quant à la facturation... « Nous prendrons à peine plus que ce qui sera demandé par notre partenaire », assure ainsi Sylvie Etancelin. L'objectif est davantage de proposer un service supplémentaire aux clients, que de générer une activité lucrative.

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