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Quotidien des Usines

Start-up et hackathon pour inverser la courbe du chômage

Cécile Maillard , , ,

Publié le

Un hackathon s’est tenu les 8 et 9 avril dans les locaux de l’école 42, afin de développer les applications qui rendront plus simple l’utilisation du compte personnel d’activité (CPA). Une approche nouvelle pour l’Etat, qui ouvre ses données aux startups afin d'aider les demandeurs d'emploi à retrouver un travail.


Au hackathon - Cécile Maillard

Le choc des cultures était prévu, promesse  tenue. Au rez-de-chaussée de l’école de développeurs 42, à Paris, chaises multicolores et notes adhésives au mur, brouhaha de voix au niveau sonore maximal, prise de parole des organisateurs debout sur une chaise, sodas et chips dès 10 heures... Une ambiance de travail inhabituelle, vendredi 8 avril au matin, pour les agents de Pôle emploi et les fonctionnaires du ministère du Travail – dont l’un refusera tout de même de grimper sur la chaise.

La ministre du Travail Myriam El Khomri passe entre les tables, accompagnée de celle du numérique Axelle Lemaire, dans l’indifférence générale des participants, concentrés sur le sujet de leur atelier : Carrière et transition,  Formes atypiques de travail – celui qui attire le plus de monde, ou Financer et déclencher une formation...

Pendant deux jours, les 8 et 9 avril, l’agilité du numérique s’est confrontée aux lourdeurs du marché de l’emploi, le parcours atypique des étudiants de l’école 42 à celui, plus académique, de ceux de l’Ena ou de l’Essec. Ajoutez un zeste de sociologues, syndicalistes, spécialistes RH, et vous obtenez un cocktail inédit d'une centaine de participants, dont l’objectif est de développer, en deux jours, les nouveaux services qu’hébergera la plate-forme du compte personnel d’activité (CPA).

Au 1er janvier 2017, chaque personne, salarié ou chômeur, jeune ou retraité, disposera d’un compte qui recensera ses droits à la formation, à une retraite anticipée s’il a connu la pénibilité, ses droits au chômage... L’idée est de sécuriser les transitions professionnelles, aider les personnes licenciées à retrouver un emploi, orienter vers les bonnes formations, par exemple. Le CPA, qui sera précisé dans la loi El Khomri, est aussi la contrepartie promise à la CFDT, aux efforts demandés aux salariés par le reste du texte...

Moteurs de recherche d'emploi

"Le sujet me parle, je suis étudiant à l’école 42 en tant que chômeur…", commente Baptiste, 22 ans, qui a abandonné l’école d’ingénieurs dans laquelle il s’ennuyait pour entrer à l’école 42. "A ma table, les représentants de l’administration veulent mettre énormément de choses dans le CPA ! A mon avis, il faut commencer petit, et on ajoutera des briques au fur et à mesure. Le minimum vital, vu mon expérience, c’est de bien connaître ses droits. Le CPA doit commencer par ça."

Au soleil dans le patio de l’école, un étudiant de l’ENA et trois d’une école de communication, peaufinent les attentes de Juliette, personnage imaginaire. 20 ans, caissière après avoir abandonné ses études, elle souhaite se réorienter mais ne sait pas vraiment vers quoi. "La plate-forme du CPA lui proposera un moteur de recherche pour qu’elle puisse trouver les métiers qui recrutent dans sa région, si elle veut y rester, les formations qui lui permettent d’atteindre ce métier, leur durée, leur coût", explique un des jeunes.

Les participants doivent trouver une interface, un contenu, une navigation, des moteurs de recherche spécifiques, pour le site qui accueillera le CPA. Mais au-delà de cet aspect pratique, ils réfléchissent aussi à des services de coach intégrés, à des applications qui, grâce à des algorithmes utilisant le nombre de recrutements annuels d’une entreprise, ses dernières levées de fonds, peuvent en déduire une probabilité d’embauche… Les services publics se sont mobilisés pour cet exercice, notamment les agents de Pôle emploi, qui a ouvert de nombreuses bases de données et les API (interfaces de programmation) de ses applications La bonne boite et La bonne formation.

L'Etat ouvre ses données pour que d'autres proposent de nouveaux services

Ces deux sites sont nés de la démarche "start-up d’Etat" lancée il y a deux ans par le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP, services du premier ministre). L’Etat compte sur le numérique et ses démarches innovantes pour se réformer, "il fournit des ressources qui permettent à d’autres de proposer des services", résume Pierre Pezziardi, animateur des startups d’Etat au sein du SGMAP.

"Le CPA est potentiellement une usine à gaz ! reconnaît Axelle Lemaire. Plutôt que de le définir dans une administration centrale, nous avons choisi de partir des besoins de ses utilisateurs. C’est une manière radicalement différente de réformer l’action publique et de rendre les services publics plus efficaces."

Le repoussoir absolu, c’est le compte personnel de formation (CPF), dont l’interface numérique a montré des failles importantes. "On a fait une erreur en ne partant pas du terrain", reconnaît la ministre. Cette démarche de l’Etat démarre à peine : début avril, un hackathon avait été organisé à l’occasion de l’ouverture du code source du calculateur de l’impôt sur le revenu.

Des start-up au service des demandeurs d'emploi

Le 9 avril au soir, le jury a désigné deux projets "gagnants", qui seront réellement développés. Les autres poursuivront leur bonhomme de chemin ailleurs. Cap Digital (pôle de compétitivité de la transformation numérique) suit de près, dans le cadre de son "challenge Big data", qui met en contact grands comptes et start-up.

L’association aidera le gouvernement "à trouver les pépites, les start-up les plus pertinentes pour travailler sur les idées qui ont émergé lors du hackathon, explique Jean-Baptiste Bini, de Cap Digital. On passe d’une logique de silos à l’innovation ouverte."

Au bout d’une heure de réflexion, la trentaine de participants de l’atelier "Formes atypiques de travail" se scinde en trois sous-groupes. Plus efficace. Autour de la table consacrée au financement de la formation, les institutionnels, qui ont un peu monopolisé la parole au début, écoutent enfin les autres, tout en gardant la main sur l’animation du groupe. Parfois, on marche sur des œufs. Les agents de Pôle emploi peuvent se sentir critiqués, ou dépossédés de leurs missions, par tous ces participants qui veulent aider les chômeurs à retrouver un emploi…

Cécile Maillard

 

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