Sphère poursuit sa transition vers les bioplastiques
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En développant un polyéthylène végétal, le français Sphère délaisse un peu plus les matières fossiles. Objectif: une production de plastiques souples entièrement bio-sourcés d’ici dix ans.
Le groupe Sphère se lance dans la production de sacs plastiques 100 % végétaux à base de fécule de pomme de terre et d’éthanol de canne à sucre. Pour le numéro un européen des emballages ménagers, l’intérêt pour le bioplastique n’est pas nouveau. « Il y a cinq ans, nous avons proposé des sacs biodégradables contenant 20 % de fécule. Aujourd’hui, ils en contiennent 50 % », rappelle John Persenda, le pdg de cette société familiale de 1400 personnes. Mais contrairement à ces plastiques qui coûtent presque trois fois plus cher que les produits traditionnels, la nouvelle gamme végétale de Sphère est un polyéthylène classique. Qui a l’inconvénient de ne pas pouvoir être valorisé organiquement. Et l’avantage d’être aussi compétitif qu’un modèle à base de pétrole.
Du plastique sans OGM
S’appuyer sur la biomasse plutôt que sur des matières fossiles permet à Sphère de soigner son bilan carbone. La société, qui travaille à un chiffrage précis avec PricewaterhouseCoopers, estime qu’un sac poubelle de 30 litres fabriqué avec du pétrole émet 36 grammes de CO2. Avec les végétaux, il en absorbe au contraire 36 grammes ! Consciente des critiques qui portent sur l’impact environnemental de l’agriculture intensive qui lui fournit sa matière végétale, la société s’engage par ailleurs à soutenir une agriculture raisonnée, avec le moins possible de produits phytosanitaires et une absence garantie d’OGM. Y compris pour la canne à sucre fournie par son partenaire brésilien Braskem. « Notre objectif est devenir indépendant vis-à-vis des énergies fossiles. D’accord, il y a des pesticides dans ce plastique, mais on est loin de la catastrophe du golfe du Mexique », estime John Persenda. Sphère affiche ses ambitions. Avec ses sacs biodégradables, le végétal représente aujourd’hui 5 % de ses matières premières. Le taux devrait passer à 20 % en 2011 grâce aux sacs poubelles, sachets congélation et films étirables en polyéthylène végétal. Puis à 100 % en 2020 !
Une cinquantaine d'emplois créés
Reste une question complexe. Pour une entreprise qui a toujours considéré que le végétal était une manière de relocaliser la production de plastique, ce soudain engouement pour la canne à sucre brésilienne n’est-il pas un revirement à 180° ? « Pas du tout, se défend John Persenda. L’activité locale va continuer à se développer puisque la fécule de pomme de terre fait toujours partie du procédé. C’est le pétrole qu’on remplace, pas la pomme de terre ! En 2007, nous avons d’ailleurs racheté une féculerie qui allait fermer ses portes ». Avec ces nouveaux produits qui seront dans un premier temps vendus sur le marché français (par le biais de la marque maison Alfapac), Sphère estime être en mesure de créer une cinquantaine d’emplois.
Olivier Descamps

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