Dossier

Industrie : comment se financer

Soutien au financement des entreprises : top départ !

Par  - Publié le
Euros
© DR

Le gouvernement annonce  le relèvement du plafond des livrets d’épargne. Radicale pour le LDD, par étape pour le livret A. Les sommes alimenteront  les besoins du logement social et surtout le financement des PME. L’affaire n’arrange pas forcément les banques qui ont leur propres contraintes de régulation.

Le conseil des ministres de ce matin a décidé de relever de 25 %   le plafond du livret A  à 19 125 € et de doubler celui du livret de développement durable à 12 000 €.  "La mesure sera effective dès septembre après avis du conseil d’Etat et parution du décret" a indiqué ce 22 août, à Paris, Pierre Moscovici engagé  dans une guerre de mouvement comme l’ensemble du gouvernement pour lutter contre les critiques d’inertie sur sa gauche comme sur sa droite. Cette mesure annoncée par le ministre de l’Economie doit bénéficier au financement du logement social et à celui des entreprises.

C’est  un des volets de ce que le ministre des finances appelle le "tryptique  pour remettre la finance au service de l’économie", au côté du  lancement de la banque publique d’investissement et de la réforme bancaire. "L’ensemble sera mis en œuvre en 2012", a-t-il rappelé.

Quel impact ces mesures auront-elles pour les entreprises ? Le ministre s’est refusé à avancer des prévisions de montants de collecte supplémentaire.  Mais le livret A  dont 65 % sont gérés par la Caisse des dépôts et 35 % conservé par les banques avec obligation de financer les PME est un des placements préférés des français.

Résistances du monde bancaire

En juillet 2012 l’encours s’élevait à 230,2 milliards contre 165 milliards en 2008. La raison ?  Un placement sûr, défiscalisé et plutôt rémunérateur par les temps qui courent.

Le livret de LDD est de son côté entièrement dédié au financement des PME et entreprises innovantes. Il est toutefois moins attractif puisqu’il ne récolte "que" 71, 9 Milliards d’euros à peine plus qu’en 2008. Il a donc été doublé d’office contrairement au livret A où la mesure ne sera effective que fin 201, après cette première étape de 25 %.  Le livret de LDD viendra alimenter la banque publique d’investissement.

Si le doublement du livret A n’est pas immédiat c’est que le gouvernement doit affronter les résistances du monde bancaire. Les banquiers craignent que l’attractivité de ce produit ( qu’ils ne captent qu’en partie) ne fasse une sérieuse concurrence à leurs produits maison : assurance-vie, livret bancaire et comptes à terme. Or ces produits sont vitaux pour satisfaire les exigences de liquidité des banques de la régulation dite de Bâle 3.

Avant de procéder au doublement du livret A, le ministre va donc revoir les règles de l’épargne règlementé : le taux de commission des banques, la part qu’elles conservent sans la reverser à la Caisse des dépôts, l’emploi des fonds … "Il n’y aura aucun tabou dans cette nouvelle étape", a-t-il précisé. Un nouvelle bataille s’annonce.

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

2 réactions

Denis JAGER | 23/08/2012 - 10H56

Dans le "contexte" européen dans lequel s'est engagée la France, il me semble peu probable que la Banque Publique d'Investissement ne soit pas considérée comme une tentative de protectionnisme, à moins qu'elle ne s'ouvre aux entreprises des autres pays européens ... ce qui perdrait de son intérêt.

Si c'est le cas, l'épargne des français va servir (partiellement ?) à financer des projets de création d'entreprises et donc de création d'emplois dans d'autres pays ... est-ce bien le but recherché ?

Signaler un abus |  CITER

cOOdil | 22/08/2012 - 17H24

Tout cela me paraît fort compliqué.

Pourquoi augmenter le plafond du Livret A alors que peu de monde (10%) épargne à ce niveau ? Pourquoi dire que comme 35% de cette épargne est gérée par les banques qui ont alors obligations de financer les PME avec ces sommes, tout va bien, alors que tout le monde sait que obligation ou pas, les banques ne vont pas plus ou moins aider au financement des entreprises ?

Il serait beaucoup plus simple de soulager la fiscalité des particuliers qui veulent investir directement dans les entreprises ...

Mais cela se ferait sans le "contrôle" de l'état. C'est peut-être là la clef ...

Signaler un abus |  CITER

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous