SOUS-TRAITANCEStequal se développe à grands pasCroissance externe, implantation au Brésil, investissements à la pelle : le groupe de découpage et d'injection de plastique s'est taillé une belle place sur son marché.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2690

SOUS-TRAITANCE

Stequal se développe à grands pas

Croissance externe, implantation au Brésil, investissements à la pelle : le groupe de découpage et d'injection de plastique s'est taillé une belle place sur son marché.



" Attention ! c'est en plein chantier ", avertit Antoine Provazza. Mais le P-DG du groupe savoyard Stequal ne résiste pas à l'envie de faire visiter le nouveau bâtiment où il est en train de regrouper les activités de découpage-emboutissage de deux de ses sociétés. " J'ai l'impression d'être devenu un constructeur immobilier plutôt qu'un industriel ", ajoute-t-il, en évoquant les 25 000 mètres carrés de locaux construits en quelques années par Stequal, autour de Scionzier. Dans cette vallée de l'Arve habituellement plus encline à faire pousser les affaires de décolletage. Pourtant, si le P-DG est un habitué des chantiers, c'est bien sur le terrain industriel. Dernier en date : l'acquisition, en avril dernier, de la société annecienne Industrie Développement (75 millions de francs de chiffre d'affaires). L'occasion, pour le groupe de sous-traitance, d'élargir sa clientèle, de se doter d'autres technologies (rondelle ressort et coulisseau multiple) et, surtout, de moyens humains supplémentaires. " Le plus difficile, pour mener à bien la croissance ", souligne Antoine Provazza.

Depuis une petite dizaine d'années, Stequal peut se targuer d'une belle croissance. De 30 millions de francs de chiffre d'affaires en 1990, pour une seule société de découpage-emboutissage (Decoup Systems), il est passé à 233 millions en 1998. Et 340 millions sont prévus cette année. Une savante alchimie entre les acquisitions - trois sociétés spécialisées respectivement dans l'emboutissage, l'injection de plastique et la fabrication de produits connectiques - et la croissance interne. Celle-ci tourne autour de 15 à 20 % par an. " Notre politique était d'aller vers la fabrication de sous-ensembles, explique Antoine Provazza. Un donneur d'ordres qui utilise des petites pièces découpées est souvent utilisateur de pièces injectées. " Rien n'est plus vrai dans la connectique, où DMS a réalisé un tiers du chiffre d'affaires du groupe en 1998. Cette filiale conçoit ses propres machines d'assemblage.

Prochaine étape : développer ses propres produits

La politique de Stequal s'accompagne d'un fort investissement : 8 % de son chiffre d'affaires chaque année. Et quinze personnes travaillent en bureau d'études au sein des différentes sociétés. Tiré par l'automobile et par la construction électrique, pour lesquelles il travaille respectivement à 57 % et à 18 %, Stequal vient aussi de s'implanter au Brésil. L'entreprise, baptisée Alptec, compte déjà 40 personnes après huit mois d'existence... En effet, il a partagé l'investissement, de 12 millions de francs, avec des voisins de la vallée de l'Arve, Enricau, spécialisé dans le décolletage, et Bonioni, dans la frappe à froid. Et bénéficié de l'externalisation par Schneider d'une activité d'outillage et de découpage, et par Valeo d'une activité de décolletage. En parallèle, les trois partenaires ont maintenu une activité de prospection commerciale mise en place deux ans auparavant. Mais tout cela a un coût. Et, si le groupe a toujours été bénéficiaire, sa marge nette n'excède pas 3 à 4 %. Difficile, dans ces conditions, de continuer seul ! " Asseoir les fonds propres est devenu une priorité ", estime Antoine Provazza, qui partage le capital avec son directeur général et son directeur technique. La solution envisagée ? Le capital-risque, voire une introduction au marché libre. Et, même s'il ne se dit pas trop pressé, ce pourrait être pour bientôt. Le P-DG n'a-t-il pas d'autres projets à financer ? Comme celui de lancer des produits propres... Laurence Demoulin



Cinq sociétés

Decoup Systems Chiffre d'affaires 1998 : 93 millions de francs

DMS 77 millions de francs

Sompy 69 millions de francs

Albatros 6 millions de francs

Industrie Développement, acquise le 1er avril 1999 75 millions de francs.

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