Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

Sous le souffle entraînant de Tenerrdis

Publié le

En l'espace de trois ans, ce pôle de compétitivité dédié aux ENR a positionné Rhône-Alpes dans la filière des nouvelles technologies de l'énergie et fait la preuve qu'il mérite le label « mondial ».

En décidant d'initier le pôle Tenerrdis en 2005, les responsables économiques rhônalpins ont visé juste. Ce pôle de compétitivité dédié aux énergies renouvelables est parvenu à fédérer 170 adhérents, dont 24 grands groupes industriels et 62 PME-PMI. Ses fondateurs évaluent ainsi à 400 millions d'euros environ les investissements qu'il a drainés vers les nouvelles technologies de production, stockage et gestion de l'énergie mises en oeuvre dans l'industrie, le bâtiment et les transports.

Dans le même temps, il a fortement dynamisé la filière régionale des NTE (nouvelles tech- nologies de l'énergie) en accor- dant son label à 168 projets de R et D dans des secteurs variés : hydraulique, solaire, biomasse, filière hydrogène et gestion des réseaux. Tenerrdis a rapidement décollé car il est porté par la crise endémique de l'énergie et les inquiétantes problématiques liées au réchauffement climatique, comme le confirme Claude Graff, son président : « Nous sommes totalement en phase avec les objectifs du Grenelle de l'environnement et ceux de l'Union européenne, qui ont fixé aux pays adhérents une proportion de 20 % de la consom- mation énergétique globale à l'horizon 2020. »

Mais son succès tient à d'autres facteurs : « Le décollage a été rapide car le pôle est ancré dans une région qui bénéficie d'un fort potentiel scientifique et industriel dans le secteur de l'énergie et qui travaille en réseau depuis plusieurs décennies. Peu de régions ont la chance, comme c'est notre cas, de pouvoir s'appuyer sur un vivier scientifique et industriel aussi solide », précise Claude Graff. Grâce au développement de l'hydroélectricité, depuis le milieu du XIXe siècle, et à l'installation sur place de grands acteurs de la recherche, comme le CEA dans les années 1950, l'Isère peut s'appuyer sur une filière NTE qui fédère 700 chercheurs et 10 000 personnes dans l'industrie. Le département a aussi la chance d'héberger le centre de R et D mondial (1 100 salariés) du géant de l'appareillage électrique Schneider Electric, mais aussi celui d'Alstom Power Hydro (ex-Neyrpic), le numéro 1 mondial des turbines hydrauliques. Quant au département des NTE du CEA Grenoble, il est considéré comme l'un des plus performants dans son domaine au plan mondial.

A travers les projets de R et D qu'il labélise et les plates-formes technologiques qu'il impulse, Tenerrdis crée un effet d'entraînement sur les filières énergétiques mâtures telle l'hydraulique, mais aussi sur les filières montantes (piles à combustible pour l'automobile) et celles qui nécessitent encore des recherches pour être économiquement viables (solaire photovoltaïque, biomasse).

Effet d'impulsion sur des projets collaboratifs

Si certains projets de R et D commencent à se concrétiser (mini-piles à combustible pour appli- cations nomades par exemple), d'autres s'inscrivent sur le long terme comme la production d'hydrogène à partir de biomasse. La coopération entre chercheurs, organismes de formation et industriels au sein de projets collaboratifs commence néanmoins à porter ses fruits. Elle s'est concrétisée par la création de l'entreprise H3E-Industries, spécialisée dans la conception de microcentrales hydroélectriques, ou celle de la société Aqualienne-Elec, spécialisée dans la production et la vente d'électricité. Quant à l'entreprise grenobloise Axane, elle a déjà créé 14 emplois dans le cadre du projet Hychain Precurseur, lancé avec l'INPG de Grenoble en vue de développer un véhicule utilitaire fonctionnant avec une pile à combustible. Le groupe luxembourgeois Du- Pont de Nemours est, lui aussi, satisfait de sa participation au pôle, grâce au travail réalisé en relation avec l'Insa de Lyon, EdF et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) de Grenoble, dans le cadre du projet IMCPBAT. Objectif : intégrer la paraffine dans l'habitat et ainsi réaliser des économies d'énergie. DuPont a ainsi pu commercialiser plus rapidement que prévu son nouveau matériau, Energain, à changement de phase.

Tenerrdis a également favorisé l'émergence du projet QC Passi, associant le CEA et deux centres de recherche hollandais en vue du développement d'un concept de cellule photovoltaïque au silicium cristallin. Il a aussi impulsé le grand projet structurant Solar Nano Cristal/PV Alliance (190 millions d'euros dans un centre pilote de R et D, dont 50 millions d'euros venant d'Oseo), implanté sur le site de Photowatt Technologies à Bourgoin-Jallieu (Isère). L'idée : développer une nouvelle filière industrielle en vue d'abaisser le coût de fabrication des cellules photovoltaïques.

Les pouvoirs publics ont bien compris l'intérêt du pôle en termes d'aménagement du territoire. Pour accélérer son effet d'entraînement dans ce domaine, ils ont financé près de la moitié des 400 millions d'euros du budget de R et D qu'il a générés depuis sa création. Près d'un tiers de cet effort provient des collectivités territoriales qui ont soutenu à hauteur de 35 millions d'euros le lancement de plusieurs plates-formes technologiques (hydraulique en Isère, solaire en Savoie, biomasse dans la Drôme) et injecté notamment 25 millions d'euros dans le projet Solar Nano Cristal.

Dans un contexte de crise énergétique durable, Tenerrdis continue de labéliser de nouveaux projets de R et D à un rythme soutenu. « Les problématiques de production de stockage et de gestion de l'énergie vont devenir de plus en plus stratégiques tant dans l'industrie que dans le bâtiment et les transports », explique Claude Graff. Le pôle continuera de stimuler l'émergence de nouvelles plates-formes technologiques dans des domaines comme le stockage de l'énergie ou l'intégration des énergies renouvelables, etc.

Un marché durablement porteur

Ses responsables désirent aussi travailler en concertation avec les trois autres pôles de compétitivité français dédiés aux énergies renouvelables. Dans cette perspective, Tenerrdis s'est impliqué avec Capenergies (Paca) et S2E2 (Centre) dans la conférence internationale organisée, début juin 2008, par le pôle de com- pétitivité Derbi (Languedoc-Roussillon). Le pôle de compé- titivité rhônalpin estime avoir fait la preuve qu'il mérite « la dimension mondiale » et poursuit, aujourd'hui, les efforts entrepris afin d'améliorer sa visibilité à l'international. Au plan européen, il peut s'appuyer sur l'accord de partenariat signé, en février 2007, avec le cluster Eurêka « Eurogia » (réseau européen destiné à renforcer les synergies entre PME, centres de recherche et universités) et son ouverture aux énergies renouvelables (et non plus aux seules industries parapétrolières et paragazières). « Les PME doivent s'y intéresser car il possède une solide expérience des programmes européens, une grande maîtrise des énergies fossiles tout en affichant des objectifs similaires à ceux des pôles de compétitivité français », précise Claude Graff. Pour avoir su se structurer rapidement, Tenerrdis va pouvoir pleinement exploiter une demande qui s'annonce durablement porteuse. D'après l'Union européenne, le marché des énergies renouvelables devrait générer 450 milliards d'euros d'investissement entre 2001 à 2020. .

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus