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Sous le soleil brésilien, la naissance du géant mondial du jus d'orange

Par Yann Le Houelleur - Publié le

Le nouveau leader planétaire du jus d’orange (25 % de la production mondiale) est le fruit de l’union, dans ce domaine, entre le groupe Fischer et Votorantim. Cette fusion de leurs «activités agrumes» se déroule sur fonds de crise : la demande baisse sur les deux marchés consommant le plus de jus d’orange Made in Brazil, l’Europe et les Etats-Unis.

C’est un colosse de l’agroalimentaire qui a vu le jour sous le tapageur soleil brésilien, mais ses parents ne lui ont pas encore donné de nom. Le nouveau leader mondial du jus d’orange est le fruit de la fusion entre Citrosuco et Citrovita. Les deux partenaires détiendront chacun la moitié du capital de la joint-venture, qui va s’octroyer dés le départ 25 % du marché planétaire de cette commodité.

Bien entendu, cette nouvelle entreprise ne sera effective que lorsque le CADE, organisme public chargé de veiller à la concurrence, aura donné son feu vert.

Citrosuco appartient au groupe Fischer, fondé par des immigrés allemands qui s’installèrent dans le sud du Brésil peu avant 1930. Ce groupe qui s’est diversifié dans l’industrie pétrolière s’avère enraciné avant tout dans l’agroalimentaire, à la fois leader du jus d’orange au Brésil et important producteur de pommes dans l’Etat de Santa Catarina. Citrovita est l’une des nombreuses filiales du consortium Votorantim, groupe aux mains d’une famille d’origine portugaise, dont le fer de lance est le ciment mais aussi la production de papier et carton à base d’eucalyptus.

Six usines et huit terminaux portuaires 

Le nouveau géant du jus d’orange tire sa force, avant tout, du leadership qu’avait acquis Citrosuco, lequel fournissait une telle commodité à 90 pays, possédant quatre usines dans l’Etat de São Paulo et une en Floride, alors que Citrovita se contentait d’un site de production, à São Paulo. Outre un total de six usines, le duo Citrovita-Citrosuco administrera huit terminaux portuaires ainsi qu’une flotte de cinq navires. Le président de Citrosuco, Tales Lemos Cubero, a dessiné lors d’une conférence de presse à São Paulo le 14 mai les coutours de ce géant de l’agrume: «Nous aurons la capacité de transformer 40 à 50 % de la récolte annuelle au Brésil de jus d’orange. En vertu des récoltes, cela représentera 150 à 160 millions de caisses, soit quelques 160 millions de tonnes de jus.»

L’on peut d’ores et déjà affirmer que si les groupes Fischer et Votorantim unissent leurs forces sur ce marché de l’orange, c’est parce que la principale commodité agricole du Brésil, sans pour autant se trouver dans le rouge, éprouves certaines difficultés exacerbées par la crise financière mondiale.


Chiffres un zeste amers 

Le Brésil est plus que jamais le premier producteur et exportateur mondial de jus d’orange. Pendant la saison 2008/09, les exportations ont progressé de 5,3 % par rapport à la saison antérieure. Un bon résultat, certes, mais qui correspond à un record historique en termes de stocks mondiaux. C’est la raison pour laquelle, ainsi que le relevait le site d’infos en ligne UOL le 12 décembre 2009, les exportations brésiliennes de jus d’orange n’ont jamais été aussi faibles, depuis 2002, que cette année-là.

Président de Citrus BR, association défendant les intérêts des exportateurs du secteur (parmi lesquels Louis Dreyfus, investisseur d’origine français), Christian Lobhauer prévoyait le scénario suivant: «Les exportations en 2010 ne vont pas croître beaucoup, en raison de la demande plutôt molle aux Etats-Unis et en Europe.» Christian Lobhauer a cité des chiffres un zeste amers: au cours des huit années écoulées, l’Europe, premier acheteur de jus d’orange brésilien, a réduit sa consommation de 10 % alors que le reflux aux Etats-Unis a été de 28 %.

La concurrence de nouvelles boissons

L’une des raisons du succès moindre que connaît le jus d’orange made in Brazil sur les principaux marchés de l’hémisphère Nord est la concurrence effrénée des boissons énergisantes, isotoniques, des eaux aromatisées et des limonades.

Les Brésiliens ne sauraient miser présentement sur la Chine en raison, toujours selon Christian Lobhauer, des «habitudes de consommation différentes» et des difficultés en matière d’infrastructure» (manque de terminaux spécialisés dans les ports, entre autres aspects négatifs.

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