Sofedit Le Theil-sur-Huisne : la CFDT fourbit ses armes face à la vente du site
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Forte de quelque 1 000 salariés, l’usine ThyssenKrupp Sofedit du Theil-sur-Huisne dans l’Orne, filiale de l’allemand ThyssenKrupp spécialisée dans la découpe et l’emboutissage de pièces automobiles est à vendre.
Annoncée de façon informelle, selon la CFDT, en février dernier, la nouvelle a été depuis officialisée. L’usine ornaise est effectivement à vendre dans le cadre du projet de session de la division de sous-traitance automobile Metal Forming du groupe.
Celle-ci totalise 6 000 salariés dont 1 800 sur les sites Sofedit français, les autres salariés étant répartis entre Angleterre et Allemagne.
« Nous craignons un impact négatif sur l'emploi dans les entreprises qui reprendraient cette division, s’inquiète Johnny Favre délégué CFDT. Nous demandons un projet industriel clair condition sine qua non de notre approbation de ce projet en cas de concrétisation. En juillet dernier le CCE a déclenché un droit d'alerte et demandé avec IG Metall et la FEM, une expertise syndicale européenne sur ce projet. Celle-ci a permis d’identifier que le nombre d'emplois maison diminuait au profit des intérimaires et qu'une session dans ces conditions ferait douter les clients de la future qualité des pièces avec comme conséquence éventuelle la perte de commandes, puis d'emplois. Ce qui n’est pas acceptable ».
De son côté, la direction, « qui comprend les inquiétudes des salariés », explique clairement sa position. Aujourd’hui, un sous-traitant automobile doit être présent partout, indique Laurent Favre, PDG de Sofedit. Ce qui n’est pas le cas de Metal Forming présent en Europe occidentale uniquement. Cette division devrait investir des centaines de millions d’euros pour s’implanter dans les pays émergents et suivre ses clients. ThyssenKrupp préfère se recentrer sur son cœur de métier, l’acier. Mais le groupe n’entend pas brader son savoir-faire et ses usines. Il y a aujourd’hui quatre prétendants pour l’ensemble de Metal Forming qui ne peut être vendu par compartiments, l'aciériste chinois Shougang, l'espagnol Gestamp Autocomocion, l'italien Magnetto et le mexicain Metalsa.
Un groupe chinois en tête
Le groupe chinois, qui souhaite développer ses activités en aval de l’aciérie et s’implanter en Europe, a une longueur d’avance puisqu’il a commencé les négociations six mois avant les autres. Mais, à titre d’exemple, pour montrer la volonté du groupe, s’il l’emportait, ThyssenKrupp garderait des parts pendant trois ans dans l’entreprise pour en suivre le développement, tant vis à vis du savoir-faire que des clients et des salariés.
Concernant le calendrier, le PDG estime que le choix du repreneur pourrait se faire avant la fin de l’année.
Suivraient alors les démarches administratives et les consultations des salariés.
De notre correspondant en Normandie, Patrick Bottois
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