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Sodiaal reprend Entremont

Par Fabrice Frossard - Publié le
Entremont / sodiaal
© DR

Le rapprochement entre Entremont et le groupe coopératif Sodiaal est engagé suite à l'accord du principal actionnaire d'Entremont, Albert Frère. Un accord réalisé avec l'aval du gouvernement.

Après 12 mois de discussions et l’abandon en décembre dernier de Lactalis, le groupe coopératif Sodiaal (Yoplait) seul en lice depuis, emporte l’adhésion des actionnaires du leader de l’emmental, Entremont Alliance, détenu majoritairement par le milliardaire Albert Frère (via Unifem et CNP). Comme nous l’évoquions récemment, cette opération s’est faite sous la pression du gouvernement par l’entremise du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle). "Sur ces bases, le processus d’information et de consultation des instances représentatives du personnel pourra être mis en œuvre rapidement", indique Sodiaal.

Selon les termes de l’accord divulgués  par le ministère de l’Agriculture, les banques seraient prêtes à convertir les 70 millions d’euros de créances d’Entremont en obligations remboursables d’ici à dix ans. La société Unifem recevra pour sa part 10 millions d’euros, mais souscrira aux obligations pour un montant de 15 millions d’euros

 

Des salariés en colère

Avec cette reprise, le groupe coopératif Sodiaal devient le quatrième opérateur laitier européen avec plus de cinq milliards de litres de lait collectés, réalise un chiffre d’affaires dépassant 4 milliards d’euros et représente plus de 7 500 salariés. Si la décision a été globalement bien accueillie par les éleveurs d’Entremont, les salariés de l’entreprise sont plus circonspects, voire en colère comme le traduit le délégué central CGT d’Entremont cité par nos confrères du Télégramme, « C'est la pire des solutions. Nos ennuis vont commencer avec Sodiaal. Alors qu'il y avait une solution alternative qui préservait l'emploi, on a choisi la casse sociale», estime ainsi Jean-Pierre Trouboul. Cette solution alternative reposait sur un accord signé avec un client asiatique, l’engageant à acheter 450 millions de litres de lait par an pendant dix ans. Lequel client se serait aussi engagé à investir dans deux tours de séchage.

Pour protester contre cet accord, les salariés  manifesteront ce vendredi devant la mairie de Quimper.

 

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