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SocGen augmenterait les licenciements dans la BFI

Publié le

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS/LONDRES (Reuters) - La Société générale a sensiblement augmenté ses licenciements ces deux derniers mois pour s'adapter à un environnement économique et financier qui s'est nettement dégradé, ont indiqué à Reuters des sources syndicales et des salariés.

Selon ces sources, les licenciements, qui touchent essentiellement la banque de financement et d'investissement (BFI) de la SocGen dont la moitié environ des effectifs sont en région parisienne, se font au cas par cas, mais les syndicats veulent s'assurer que ces départs, s'ils prennent de l'ampleur, ne cachent pas un plan social déguisé.

Les responsables syndicaux ne s'attendent toutefois pas à ce que la Société générale suive l'exemple d'établissements comme la banque britannique HSBC ou la suisse UBS qui ont annoncé des plans massifs de suppressions de postes.

"On a remarqué qu'il y avait une augmentation significative des licenciements individuels dans la BFI", explique un responsable syndical de la SocGen. "On a repéré au moins une quarantaine de cas en juillet et août. Le nombre réel est certainement plus élevé."

"Les licenciements ont déjà commencé dans la BFI", confie sous couvert d'anonymat un salarié de la banque. "Un gars est rentré de vacances et un chèque l'attendait. (...) On lui a dit que s'il voulait attaquer en justice, ce serait long et ardu."

En raison de la crise de la dette souveraine dans la zone euro et de la dégradation de la conjoncture économique, la Société générale a d'ores et déjà été contrainte d'abandonner ses objectifs financiers pour 2012.

Début août, lors de la présentation de ses résultats du deuxième trimestre, la SocGen a ainsi indiqué n'être plus en mesure de tenir son objectif d'atteindre la barre des six milliards d'euros de bénéfice en 2012.

"UN RYTHME DÉJÀ SOUTENU"

"Nous stabilisons aujourd'hui les effectifs du fait de l'environnement de marché dégradé", a réagi une porte-parole de la banque, rappelant que la Société générale n'avait pas mis en place de plan global de réduction d'effectifs.

La Société générale, qui emploie plus de 150.000 salariés dans le monde, dont environ 12.000 dans la BFI, n'a en revanche pas souhaité faire de commentaires sur des cas de licenciements en juillet et août.

"Sur la Société générale en France, on est habituellement aux alentours de 200 licenciements par an", a fait savoir un responsable syndical à Paris. "Avec une quarantaine de licenciements minimum en BFI en juillet-août, on est déjà sur un rythme soutenu."

Les syndicats sont aussi vigilants sur des cas de départ dans l'activité fusions et acquisitions dirigée par Thierry d'Argent, où des salariés disent avoir été poussés à la démission.

"En 2010, j'ai contribué à hauteur de 10% des revenus de la division et j'ai reçu le même bonus que les derniers arrivés", raconte l'un d'eux. "La direction a clairement fait tout ce qu'elle pouvait pour me décourager et me forcer à partir."

"S'ils disent qu'il n'y a rien et qu'ils continuent de licencier par dizaine, on ira au tribunal pour faire dire qu'ils procèdent à des licenciements individuels visant à éviter la charge d'un plan social pour motif économique", fait savoir une source syndicale.

Au cours de l'été, sur fond d'inquiétudes persistantes des investisseurs concernant l'issue de la crise de la dette dans la zone euro et la solvabilité du système bancaire européen, l'action Société générale a lourdement chuté en Bourse, perdant plus de 30% de sa valeur sur le seul mois d'août.

Depuis le début de l'année, la capitalisation boursière de la banque a été du coup divisée par deux et ramenée à 15 milliards d'euros.

A ce niveau de capitalisation, la banque n'est valorisée qu'au tiers de ses capitaux propres (46,4 milliards d'euros à fin 2010).

Avec la contribution de Sophie Sassard à Londres, édité par Dominique Rodriguez

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