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SNCF Geodis se bat pour remonter la pente, face à une concurrence exacerbée

Par Yann Le Houelleur - Publié le
Fret SNCF
© DR

Un an après le lancement d’un nouveau schéma directeur, Pierre Blayau, le directeur de la branche fret de la SNCF, se réjouit d’avoir enregistré des succès commerciaux. De nouvelles offres sont proposées aux industriels. Mais reste à savoir si SNCF Geodis est suffisamment armé pour affronter, à l’échelle européenne, une concurrence qui a déjà fait ses preuves.

Confronté à une «concurrence exacerbée», selon les mots de son directeur général, Pierre Blayau, SNCF Geodis aspire à améliorer son offre de wagons isolés, à l’intention des industriels. L’opérateur global multimodal se félicite du succès que remporte une telle offre, qu’il avait mise sur rail, dans sa formule actuelle, à la fin 2008. Cette offre avait soulevé bien des polémiques et elle avait valu à SNCF Geodis un courrier indigné signé par une dizaine de fédérations, dont le Comité des constructeurs français d'automobiles, la Fédération française de l'acier, l'Union des industries chimiques (UIC), ou encore la Fédération des entreprises de transport et de logistique de France.


Dernier à s’être rallié : Arcelor Mittal

La SNCF se proposait alors d’acheminer dans de meilleures conditions les wagons ainsi livrés, avec des délais plus souples. Selon Pierre Blayau, 80 % des clients recourant à cette modalité se déclarent satisfaits. Dernier groupe à s’être rallié à l’offre du wagon isolé : Arcelor Mittal, dont il a rencontré les dirigeants récemment. L’expérimentation de la formule sur neuf lignes et quatre plateformes va se poursuivre pendant le dernier trimestre de l’année en cours. Les 20 % de clients émettant des réserves ou des opinions négatives se recrutent plutôt parmi les PME, auxquelles il faut soumettre des offres plus adaptées à leurs besoins, a reconnu le directeur général de SNCF Geodis.


Concurrents allemands mieux aguerris

Pierre Blayau a tenu de tels propos le 14 septembre 2010 lors de la présentation du bilan de la première année de fonctionnement du schéma directeur d’un "nouveau transport de marchandises" axé sur l’écologie. Pierre Blayau ne cache pas ses soucis quant à «la multiplicité croissante des acteurs dans le domaine du fret».

Après une période confuse et marquée par des déconfitures financières, SNCF Geodis peine à remonter la pente dans le cadre de la libéralisation du secteur à l’échelle européenne. Il admet que les concurrents allemands sont mieux aguerris, face à la nouvelle donne du fret européen, car ils s’habituent depuis cinq ans à voir leur marché exploité par de nouveaux entrants, qui affichent un taux de pénétration global de 30 %. On est encore très loin de cette proportion en France, et le choc sera rude : la crise a frappé plus durement l’Hexagone que l’Allemagne. Outre Rhin, un redéploiement plus vigoureux de la production industrielle fait à nouveau le bonheur des grands acteurs du fret.
 
La SNCF n’est pas rentable dans le transport des marchandises, et Pierre Blayau estime que le retour à l’équilibre devrait se faire en 2013. Cette année, SNCF Geodis devrait revenir aux mêmes volumes qu’en 2007, avant que la crise financière ne lui plante ses griffes en plein cœur. Soit un objectif de 40 milliards de tonnes transportées par kilomètre.


Contrats importants avec PSA et Scandfibre

Les projets de renforcement du pôle fret de la SNCF dans ses divers métiers - aussi bien les «trains massifs» que le transport combiné et la messagerie – ont tendance à foisonner. Pour ce qui est des trains massifs, où la concurrence des nouveaux opérateurs s’avère la plus féroce, SNCF Geodis annonce deux nouveaux contrats susceptibles de booster cette activité. D’abord, le développement d’un «train novateur» sur la liaison Vesoul-Kaluga destiné à approvisionner l’usine russe de PSA en pièces automobiles. Par semaine, cinq à sept trains ont pris la relève des 15.000 trajets en camion nécessaires auparavant. Ensuite, un «contrat majeur» avec Scandfibre, un logisticien suédois spécialisé dans les services aux industriels de la cellulose et aux papetiers.

Ce partenariat vise à élaborer un schéma européen de distribution par rail de bobines de papier couvrant une dizaine de pays.
Parmi les nouvelles offres que va décliner SNCF Geodis ces prochains mois : la création d’un réseau d’autoroutes ferroviaires pour reporter 500.000 trajets camions sur le rail. Cela permettrait d’économiser 450.000 tonnes de CO2 par an.


Les trains génèrent de moins en moins de revenuS


Par ailleurs, les premiers opérateurs ferroviaires de proximité (OFP) vont bientôt s'élancer. Vingt-deux projets en la matière ont été identifiés, visant à faire migrer le transport par la route vers le train.

Malgré tout, le train des bons bilans peut en cacher un autre : celui d’une SNCF indéfinissable et tentaculaire qui, en réalité, fait la part toujours plus belle aux activités hors rail. Dans son édition du 9 septembre 2010, le quotidien Les Echos brossait un portrait de cette «nouvelle SNCF» : «La circulation des trains stricto sensu devrait représenter moins de la moitié des revenus (45 % exactement) selon les dernières projections. Même évolution pour la marge opérationnelle, désormais générée à 50 % par les autres activités (la route, la logistique, les infrastructures, etc.).»

Malgré tout, Pierre Blayau dit se battre pour «que SNCF Geodis fasse toujours plus de ferroviaire». Et de préciser : «Des clients tels que Carrefour et Leclerc nous demandent de leur proposer davantage de solutions basées sur le chemin de fer car cela contribue à leur image de marque auprès des consommateurs.»

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