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Smoby entre les mains du tribunal de Commerce

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Smoby

Le tribunal de commerce de Lons-le-Saulnier (Jura) a examiné lundi après-midi les trois offres de reprise du numéro un français du jouet. MGA, l'actionnaire majoritaire, a jeté définitivement l'éponge vendredi soir.

Les salariés de Smoby-Majorette ont retenu leur souffle tout au long de cette journée. Cet après-midi, le tribunal de commerce de Lons-le Saulnier a étudié les dossiers de reprise du numéro 1 français de jouets, et numéro 2 européen, derrière le danois Lego. En jeu, les quelque 1 300 emplois répartis dans la vallée de l'Ain et le Jura.

Les trois candidats en lice pour reprendre le fabricant jurassien seraient le groupe de jouet allemand Simba, le fonds d'investissement français MIE et le holding grenoblois Abcia, associé à Caravelle, société spécialisée dans la reprise d'entreprises en difficultés. Ces offres ne porteraient pas forcément sur la « totalité du périmètre », mais elles peuvent être complétées par d'autres offres, indiquaient fin janvier une source proche du dossier.

Asphyxié par une dette de 277 millions d'euros imputable à une gestion hasardeuse depuis plusieurs années, le fabricant jurassien avait été repris en mai dernier, pour un euro symbolique, par l'américain MGA Entertainement. Mais le tribunal de commerce de Lons-le-Saulnier a considéré que le groupe californien n'avait pas tenu ses engagements et a placé Smoby-Majorette en redressement judiciaire en octobre 2007. Pour sortir de l'engrenage, deux solutions étaient alors envisageables : soit un plan de redressement présenté par l'actionnaire majoritaire en accord avec les banques créancières pour apurer la dette ; soit un plan de cession par actifs, c'est-à-dire un démantèlement.

Cinq cents "Smoby" devant le tribunal

Coup de théâtre vendredi 22 février dans la soirée : le groupe californien annonce qu'il se retire définitivement du dossier. MGA explique dans un communiqué qu'il n'a pas été en mesure de présenter le plan de continuation portant sur l'ensemble. La défection de certaines banques françaises dont la Société générale qui détient environ 35% de la dette, la BNP ou Natixis, aurait incité MGA a jeté l'éponge.

Son directeur général, Didier Piétri, s'est déclaré « déçu et inquiet pour l'avenir de Smoby et de ses salariés ». Car  concrètement, le retrait définitif de l'américain laisse la voie libre maintenant  à un démembrement de Smoby.

Pour les salariés, les pires scénarios hantent de nouveau les esprits : la vente par appartement, la fermeture de certaines usines, les délocalisations vers l'Asie... Les trois projets présentés cet après-midi inquiètent les syndicats. Ils craignent la casse sociale pour les salariés du premier pourvoyeur d'emplois de la région. A l'appel de plusieurs syndicats (CGT, FO, CFDT et CFTC), quelque cinq cents « Smoby » ont manifesté devant le tribunal où l'audience s'est déroulée à huit-clos. Le choix du repreneur final ne devrait pas être connu avant quelques jours.

Carmela Riposa


A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3087
du 7 au 13 février 2008, p. 22
« Smoby, l'éclatement attendu »


Dates clés

1924 Création de la société Moquin-Breuil à Lavans-Lès-Saint-Claude (Jura)
1945 Création deBerchet SA à Oyonnax (Ain)
1961 Création de Majorette à Rilleux-la-Pape (Rhône)
1978 Moquin-Breuil créée la marque Smoby dans un objectif d'internationalisation
1983 Introduction au second marché de la Bourse de Lyon
2003 Rachat de Majorette Solido par Smoby
2005 Rachat de Berchet par Smoby
Décembre 2006 215 millions d'euros de dettes pour 58 millions de fonds propres. Un vaste plan de réorganisation industrielle est présenté par son Jean-Christophe Breuil, P-DG et petit-fils du fondateur
Mars 2007 Placé en procédure de sauvegarde à la demande de la famille Breuil
Avril 2007 Signature d'un accord exclusif de reprise avec l'américain MGA Entertainement
25 juin 2007 Présentation par MGA d'un plan de sauvegarde
14 septembre 2007 Smoby ne paie plus ses fournisseurs qui cessent de l'approvisionner
9 octobre 2007 Placement en redressement judiciaire. MGA perd le contrôle de Smoby. Ouverture d'une information judiciaire contre Jean-Christophe Breuil.

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