imprimer

Smoby devient américain

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Smoby

Le premier fabricant français de jouets a conclu un accord d'exclusivité avec MGA Entertainment Inc., à la suite d'une offre de reprise présentée par le groupe américain aux actionnaires.

Le nom du repreneur est officiel mais le sort du numéro 1 français du jouet n'est pas réglé pour autant. C'est au très secret MGA Entertainment (535 millions d'euros de chiffre d'affaires estimés en 2005), que l'industriel a choisi de confier une partie de son capital en contrepartie d'un soutien financier.

Cet accord intervient dans le cadre de l'ouverture d'une procédure de sauvegarde - proche du "chapitre 11" existant aux Etats-Unis - visant certaines sociétés du groupe, demandé par Smoby en mars. "Au cours de cette période d'exclusivité, MGA fournira à Smoby, par l'intermédiaire d'un établissement bancaire, les moyens nécessaires pour financer le besoin en fonds de roulement des sociétés du groupe placées sous sauvegarde de la justice.

Promesse de vente des actions

En contrepartie, les actionnaires de contrôle du groupe (...) ont consenti à MGA une promesse de vente de leurs actions", indique Smoby dans un communiqué. "L'ouverture de cette procédure de sauvegarde s'est avérée comme étant la solution la plus adaptée pour permettre au groupe de négocier sereinement avec ses banques créancières les conditions d'apurement de sa dette qui soient compatibles avec l'exploitation de l'entreprise", estime le groupe.

"C'est dans ce cadre que la direction s'est vue proposer une offre de reprise de la part d'un investisseur industriel, MGA, laquelle représente une véritable opportunité pour la pérennité du groupe, à la fois dans son environnement industriel et dans son périmètre international", indique encore le fabricant de jouets, soulignant que la proposition de MGA est "la seule à ce jour qui garantisse (sa) pérennité".

Smoby, qui a accusé une perte nette de 25,5 millions d'euros en 2005-2006 et de 9,0 millions d'euros au premier semestre 2006-2007, estimait que le redressement de la situation d'exploitation du groupe se révélait insuffisant pour absorber les frais financiers générés par sa dette.

"Partenaire à long terme"

La société a fait état d'un résultat opérationnel courant de 500 millions d'euros au premier semestre, contre une perte de 3,3 millions un an plus tôt. Le coût de son endettement financier s'élevait alors à 5,3 millions d'euros.

"La direction a d'ores et déjà reçu des garanties quant à la nature de l'investissement et à la qualité de MGA pour s'inscrire comme un partenaire à long terme du groupe", a estimé Jean-Christophe Breuil, président du conseil d'administration de Smoby, cité dans le communiqué.

"Le nouveau groupe constitué de MGA et de Smoby Majorette permettra de fournir à ses clients une plus large gamme de produits et de renforcer sa présence internationale", indique également le groupe. Le titre Smoby a été suspendu jusqu'à nouvel avis le 19 mars à la Bourse de Paris, sur un dernier cours de 33,41 euros.

Pour MGA, détenteur de la poupée Bratz, la grande rivale de Barbie (Mattel),  cette reprise est une opportunité majeure pour investir le marché européen. Les créanciers de Smoby, eux, doivent approuver aux deux-tiers les conditions de remboursement proposées. Candidat malheureux à la reprise et principal créancier du jurassien, la Deutsche Bank ne devrait pas faire de cadeaux.

M. D., avec Reuters



Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter