TRIBUNE Le gouvernement augmentera le salaire minimum de 2% au 1er juillet 2012. Si au Medef, on juge que "cette hausse aura peu d'incidence sur l'emploi", le commentaire n’est pas le même chez Croissance Plus, l’association des dirigeants d’entreprise en forte croissance. Tribune signée de son président, Olivier Duha.
Pour les entrepreneurs de CroissancePlus, les responsables politiques seraient plus inspirés à se préoccuper de ce sujet plutôt que de proposer une revalorisation du SMIC qui renchérit le coût du travail, véritable talon d'Achille de notre appareil productif.
N'oublions pas qu'avec cette hausse de 2%, les entrepreneurs n'auront pas d'autre choix que d'essayer de la répercuter sur le prix final ce qui ne fera qu'amplifier leur déficit de compétitivité-prix. Ceux qui ne pourront pas le faire devront une nouvelle fois céder des points de marges, opération à haut risque quand on sait que nos PME sont parmi les moins rentables de la zone Euro.
Le retour de la croissance ne se fera pas sans la dynamique de progrès de nos entreprises. Produire le meilleur service, fabriquer le meilleur produit à un coût compétitif, voilà ce qui rend une entreprise performante face à ses concurrents. Or le constat est terrifiant, nous perdons chaque jour des parts de marché comme notre balance commerciale en témoigne.
De plus, la France n'a pas à rougir de son SMIC. Il est parmi les plus élevés d'Europe, un correctif ne s'imposait pas. Pis encore, l'augmentation symbolique de 21,50€ par mois n'est pas de nature à résoudre les attentes légitimes de nos salariés qui revendiquent des hausses de pouvoir d'achat plus significatives, ni même à provoquer une relance par la demande.
La hausse significative et pérenne du pouvoir d'achat de nos concitoyens passe inéluctablement pas la croissance de nos entreprises. Il n'y a pas d'employés sans employeurs, il n'y a pas de revalorisations de salaires sans création de richesses préalable.
Olivier Duha, président de Croissance Plus










