Smartphones, tablettes... Les accessoires Made in France
Par Patrice Desmedt - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3266
ENQUêTE Le succès des smartphones fait exploser le marché des accessoires. Protections, casques audio, haut-parleurs se multiplient. Et plusieurs entreprises françaises savent en profiter.
Ils sont partout ! Ils occupent des rayons entiers dans les magasins spécialisés et les hypermarchés, reléguant au second plan les PC. Ils trustent les pages des sites web marchands. Et surfent sur l'énorme succès des smartphones. Les accessoires pour mobiles sont en plein boom.
Selon GfK, il devrait se vendre cette année, rien qu'en France, 13 millions de casques, coques de protection et autres étuis dédiés aux smartphones et tablettes, pour un chiffre d'affaires de 246 millions d'euros. Sur ce marché hyperconcurrentiel, où plusieurs PME françaises ont su se positionner, l'originalité et la créativité, sources de valeur ajoutée, comptent beaucoup. La marque aussi.
Certains possesseurs d'iPhone sont prêts à payer plus cher un accessoire agréé par la firme à la pomme, même si aucune contrainte technique ne le justifie. Un modèle d'oreillettes Bluetooth arborant le logo "certifié Apple" sera vendu 20 euros de plus que son équivalent "multimarque".
Les royalties versées à Apple n'expliquent pas tout. Le constructeur en profite aussi pour gonfler sa marge. Et les consommateurs en redemandent ! "Pour son propriétaire, le smartphone est bien plus qu'un téléphone, explique Grégory Coillot, directeur achat et marketing chez The Phone House. C'est un bel objet qui valorise et que l'on a envie de protéger."
Chez ce distributeur spécialisé en téléphonie mobile, 60 % des smartphones sont vendus avec une protection, soit deux fois plus que pour les téléphones classiques. Si l'on parle tablette, le ratio frôle les 100 %. En un an et demi, le chiffre d'affaires des accessoires a augmenté de 30 %, les protections réalisant le meilleur score, avec une hausse de 60 %.
LE SON, NUMÉRO UN SUR CE MARCHÉ
Comme les oreillettes fournies avec les smartphones sont de qualité médiocre, les accessoires audio se multiplient. Les gros casques sont revenus à la mode. On les exhibe, si possible griffés d'une marque tendance et coûteuse comme la série Beats by Dre de Monster.
Pour se distinguer, le français T'nB (27 millions d'euros de chiffre d'affaires) conçoit le design de ses produits avant de les faire fabriquer, comme presque tous ses concurrents, en Chine. C'est aussi le cas d'un autre français, Omenex (1), qui a signé une licence avec Warner Bros pour une collection de casques aux couleurs des héros de Comics.
Autre évolution : de plus en plus de casques, classiques ou intra-auriculaires, s'équipent d'un microphone afin de basculer facilement de l'écoute de musique à une conversation téléphonique. À l'exemple du modèle IE 60 de Sennheiser (2), un spécialiste qui s'est ouvert au grand public.
En haut de gamme, les casques s'affranchissent de la liaison filaire. Le Halo2 Jabra de GN Netcom (850 millions d'euros de chiffre d'affaires) associe ainsi légèreté, confort et très bonne qualité sonore. Les concepteurs de cette entreprise, créée en 1869 à Copenhague pour installer des câbles télégraphiques intercontinentaux, ont poussé la réflexion jusqu'à choisir des réglages tactiles. Ses divisions Jabra professionnel (3) et Jabra mobiles profitent du savoir faire de GN Netcom, qui développe aussi des prothèses auditives et des outils de mesure acoustique.
Chez soi, l'iPhone posé sur une station d'accueil se transforme en source musicale. L'offre est pléthorique et les designers s'en donnent à coeur joie. Le français Parrot, numéro un du kit mains libres pour automobile, a choisi le très haut de gamme faisant appel à Philippe Starck pour le design de ses enceintes sans fil Zikmu (4).
De son côté, Muse (5) propose une station d'accueil radio-réveil. Bose joue la carte de la mobilité avec son enceinte Bluetooth Soundlink (6). MCA Technoloy (50 millions d'euros de chiffre d'affaires), un grossiste informatique qui a lancé la gamme H et B, mise, lui, sur des stations d'accueil à prix très accessibles. Le britannique Gear4, enfin, a décroché une exclusivité mondiale avec Rovio (l'éditeur du jeu Angry Birds), pour qui veut faire entrer une enceinte en forme d'oiseau en colère dans son salon...
L'IMAGINATION AU POUVOIR
L'américain Belkin (7), qui a débuté dans les solutions réseau, est devenu l'un des principaux fabricants d'accessoires. Dans son très large catalogue, on trouve des produits originaux, tel le récepteur radio FM pour iPhone.
En matière d'accessoires, l'imagination rencontre peu de limites. Pour preuve l'improbable borne iCade de Ion Audio (8) qui transforme un iPad en console de jeu vintage. Plus utiles, les pastilles Glove Tip (9) que l'on fixe sur des gants pour naviguer sur un écran tactile les mains au chaud. Les deux associés de cette start-up française Chi et Jo ont déposé une demande de brevet pour 150 pays et font fabriquer leur produit en France par deux sous-traitants, dont un spécialiste des implants en microchirurgie, pour les pointes d'aluminium.
LA PERSONNALISATION, TOUT UN ART
Le smartphone est aussi un objet très personnel, que l'on a aussi envie de personnaliser et auquel on fait attention. "Dans la protection, nous sommes passés d'un marché de nécessité à un marché de différenciation.", analyse Stéphane Tremblay, directeur opérationnel d'Omenex, filiale d'HF Company (150 millions d'euros de chiffre d'affaires).
Issentiel (10) se positionne sur l'étui haut de gamme, en utilisant des cuirs de qualité. Omenex ou Buzzebizz ont passé des accords avec des clubs de football, des marques de couture comme Façonnable. Le procédé de fabrication du plastique par injection assure une excellente qualité d'impression des motifs.
Urban Factory (4,5 millions de chiffre d'affaires) ne s'en prive pas. Cette société née en 2007 a commencé par créer des sacoches pour micro-ordinateurs portables, qui se distinguent par leurs couleurs et matériaux originaux. "Quand l'iPad est arrivé, nous avons dû être réactifs, explique Thierry Zeitoun, dirigeant fondateur d'Urban Factory, et proposer des accessoires qu'Apple ne fournissait pas."
C'est ainsi qu'est né l'étui pour iPad 2 (11), qui permet de faire pivoter la tablette, et le modèle avec clavier intégré. La structure est légère et a été conçue par trois designers indépendants.
Buzzebizz (12) a mis au point un autocollant réajustable, assurant une petite protection. Et comme les utilisateurs d'iPad l'emportent aussi au bureau, l'objet peut provoquer des convoitises. Kensington (13), marque devenue synonyme de systèmes antivol, a développé une coque pour recevoir le fameux câble que l'on fixe au bureau. Une version revue et corrigée de "touche pas à mon iPad !"


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