Slovaquie : l'eldorado automobile

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La Slovaquie va entrer dans la zone euro. En abolissant les risques de change, l'opération est une bonne affaire pour les industriels français qui ont investi sur le territoire, notamment dans l'automobile. Zoom sur les attraits industriels du pays.

Les dirigeants européens ont approuvé jeudi à l'unanimité l'entrée de la Slovaquie dans la zone euro, à compter du 1er janvier 2009. La décision sera entérinée le 8 juillet, malgré des craintes de la Banque centrale européenne sur la maîtrise de l'inflation à long terme.

De l'eau a coulé sous les ponts depuis la chute du bloc soviétique, pour ce pays onze fois plus petit que la France, qui a intégré l'Union européenne le 1er mai 2004 et s'est séparé de la République Tchèque en 1993. Depuis 2001, des efforts ont été menés pour stabiliser inflation, déficit (2,2 % en 2007) et taux d'intérêts, tandis qu'une série de réformes - privatisations, réduction de l'impôt sur les sociétés, libéralisation du marché du travail - stimulaient les investissements étrangers.

Hausse attendue des investissements. L'absence de risque de change liée à l'entrée du pays dans la zone euro devrait attirer de nouveaux investissements dans le pays. La stabilisation des cours, dans un contexte où la couronne slovaque s'était appréciée de 30 %, va en effet stopper la progression de la masse salariale et donc des coûts de production. Une bonne affaire pour les industriels français et allemands, très présents, surtout dans l'automobile. D'autant que les véhicules étant essentiellement destinés à l'export, ils se payaient en euros. De nouvelles opportunités s'ouvrent donc, notamment pour les PMI françaises du secteur de l'équipement automobile.

Chiffres-clés

  • 5,4 millions d'habitants
  • Tx de croissance : 10,4 % (est. 2007), 6,8 % (prév. 2008)
  • Tx croissance de la prod. industrielle (est. 2007) : 17,2 %
  • PIB (est. 2007) : 72,7 Md $
  • Exportations (est. 2007) : 53,2 Md $
  • Solde commercial (est. 2007) : - 2,2 Md $

    Sources : FMI, CIA, Ubifrance
  • Présence française. La France et l'Allemagne représentent plus de 60 % des investissements directs étrangers en Slovaquie. Volkswagen, PSA, Siemens, Gaz de France, E.ON, EDF, RWE, Orange, Deutsche Telekom, Veolia, Dalkia ont su s'imposer sur ce marché, dominé par les entreprises européennes. Depuis 2004, les implantations d'entreprises françaises sont passées de 180 à près de 500,
    et le nombre de résidents Français a triplé entre 2002 et 2007. Sur les cinq dernières années, les entreprises françaises ont investi plus de 6 milliards d'euros en Slovaquie. Nombre d'industriels ont été séduits par le côté low cost du pays en termes de fiscalité et de main d'œuvre, le développement des infrastructures, et l'afflux de fonds européens (16,2 Md d'euros devraient être alloués entre 2007 et 2013). Ils ont fait de la Slovaquie leur base avancée pour conquérir les marchés d'Europe de l'Est.

    Tradition industrielle. L'industrie représente aujourd'hui plus de 33 % du PIB slovaque, et emploie 29,3 % de la population active. Historiquement orientée vers l'industrie lourde et l'armement, les secteurs dominants sont aujourd'hui l'automobile, les équipements et appareils électriques (2ème poste à l'export, grâce aux implantations de Samsung et Sony), la métallurgie, l'agroalimentaire, l'énergie (électricité, gaz, charbon, pétrole, nucléaire), la chimie, la plasturgie, le textile, le bois, le papier, et le caoutchouc. En 2005, près de 2,6 Md d'euros ont été investis dans l'industrie, avec une croissance de 376 % des investissements enregistrée sur le secteur de la mécanique, porté par l'automobile.

    L'automobile reine. La Slovaquie a longtemps été vouée à l'industrie mécanique, militaire et agricole. Quand le bloc soviétique s'effondre, le pays compte donc une main d'œuvre bien formée, qui travaille déjà dans l'automobile pour le tchèque Skoda. Après la transition, Volkswagen, PSA et Kia Motors ont restructuré l'industrie slovaque, en bénéficiant d'aides pour reconvertir le bassin d'emploi. Aujourd'hui, l'automobile compte pour un tiers du PIB et constitue le premier poste à l'export (6,7 Md d'euros,  en 2006). Le chiffre d'affaires du secteur a augmenté de 56 % en 2007. La production automobile slovaque a progressé de 33 % en 2006, à 293 000 unités, et devrait atteindre 650 000 unités en 2008. En 2010, un million de véhicules devraient sortir des chaînes de montage et l'automobile représentera 50 % du PIB slovaque. Si bien que la Slovaquie importe désormais plus d'équipements pour l'automobile que de voitures. Un mouvement qui entraîne en parallèle l'implantation d'équipementiers sur le sol national, après celle des constructeurs.

    En 2006, PSA, Kia et Volkswagen ont largement développé leur production dans le pays. Volkswagen Slovakia génère à lui seul 15 % des exportations slovaques et 40 % du chiffre d'affaires du secteur mécanique. Les usines de PSA et Kia Motors, lorsqu'elles tourneront à pleine capacité en 2010, devraient à elles seules retourner la balance du commerce extérieur.

    Peugeot, le plus gros investisseur industriel français en Slovaquie, a fabriqué 52 000 unités de la 207 en 2006, 180 000 en 2007, et son objectif est de porter à 300 000 sa production de véhicules en 2009 en fabriquant sur place un nouveau modèle Citroën : un mini-ludospace baptisé Nemo.


    Raphaële Karayan





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