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Sierra Wireless se réorganise et finalise l'intégration du français Wavecom

Par Christophe Dutheil - Publié le
AirPrime SL8080
© DR

Le fabricant canadien se restructure autour de trois grands piliers : les solutions mobiles, les modules M2M et les services. Il espère ainsi réduire les coûts et accélérer sa croissance sur les marchés les plus porteurs.

Près de deux ans après s'être emparé de Wavecom, spécialiste français des modules communicants pour le « machine-to-machine » (M2M), le constructeur canadien Sierra Wireless (526,4 millions de dollars de chiffres d'affaires en 2009) vient d'annoncer une réorganisation de ses activités autour de trois grands piliers : informatique mobile (« mobile computing »), solutions M2M embarquées (M2M Embedded Solutions) et solutions et services (« solutions & services »). « L'intégration de Wavecom est aujourd'hui en grande partie finalisée », a justifié Jason Cohenour, PDG de ce groupe, lors d'une conférence téléphonique, en soulignant qu'il est « temps de passer à l'étape suivante » afin de se renforcer sur « les marchés les plus prometteurs ».

Ce n'est pas la première fois que Sierra Wireless, qui est spécialisé dans les cartes 3G et les modules M2M, passe par la case réorganisation pour dynamiser sa croissance : la société a déjà licencié 56 salariés (soit environ 10% de ses effectifs) début 2009 dans le cadre d'un plan de réduction des coûts. Et on se souvient que Wavecom avait de son côté annoncé un plan de départs de 77 collaborateurs, quelques semaines seulement avant de se faire racheter par Sierra Wireless, au nez et à la barbe de Gemalto.

60 emplois supprimés

La nouvelle restructuration entraînera une soixantaine de suppressions supplémentaires de postes à temps plein (soit 6% des effectifs mondiaux), d'après Jason Cohenour, qui précise que les salariés concernés ont déjà été prévenus et qu'ils « se situent pour la plupart en Amérique du nord ». Il reconnaît que cette réorganisation, qui doit permettre à Sierra d'économiser un million de dollars par trimestre, est aussi la conséquence des efforts du groupe pour se développer en Asie, notamment en ce qui concerne les activités de recherche et de développement, et qu'elle est motivée par sa volonté d'« accélérer sa croissance ». Au deuxième trimestre 2010, Sierra Wireless a vu son chiffre d'affaires s'envoler de 18% (à 159,1 millions de dollars) par rapport à la même période en 2009 (135,3 millions). Mais la société a dans le même temps creusé ses pertes, qui ont atteint 8,6 millions de dollars contre 5,9 millions un an plus tôt.

Pour réduire les coûts, les trois nouvelles « business units » s'appuieront sur un socle commun de plates-formes technologiques et d'activités commerciales et logistiques. Mobile Computing ciblera les opérateurs et les équipementiers avec les cartes et les modems Aircard, tandis que l'activité M2M se concentrera sur les modules « intelligents » pour des marchés tels que l'automobile, la santé et l'environnement. Cette dernière activité regroupera les équipes en charge des lignes de produits Airvantage et Airlink, qui seront fusionnées et bénéficieront « d'investissements agressifs » si l'on en croit le président du groupe.

Pour lui, la réorganisation devrait aider Sierra Wireless à mettre l'accent sur de nouveaux relais de croissance, comme les tablettes (« des discussions sont en cours avec des prospects ») et les « smart grids », autrement dit les nouveaux réseaux intelligents permettant d'optimiser la performance énergétique). Mais il est probable que Sierra Wireless sera confronté à une concurrence accrue sur chacun de ces segments. Dernièrement, le rival Gemalto (lui aussi candidat au rachat de Wavecom) s'est offert Cinterion, l'autre « grand » spécialiste des modules de communication sans fil permettant de rendre les objets communicants. Et en France, le constructeur canadien n'a pas apprécié de ne pas avoir été retenu pour l'expérimentation du compteur électrique Linky d'ERDF.

Christophe Dutheil

A lire aussi :
M2M: Gemalto débourse 163 millions d'euros pour Cinterion

 

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