Siemens quitte le nucléaire...sans grande conséquence
Par Ludovic Dupin - Publié le
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"Le choix de Siemens montre que les énergies renouvelables sont une réalité industrielle" Siemens abandonne le nucléaireQuand l’un des plus grands groupes industriels au monde tourne la page du nucléaire, c’est forcément un symbole fort. Six mois après la catastrophe de Fukushima, Siemens vient d’officialiser sa sortie de l’atome, mais le nucléaire représente une part très faible de son chiffre d’affaires…
La décision du groupe était attendue depuis qu’en 2010, il avait refusé de signer la lettre envoyée par des industriels allemands à la chancelière Angela Merkel pour réclamer l’allongement de la durée de vie des réacteurs nucléaires outre-Rhin.
En réalité, Siemens n’a jamais eu vraiment la main heureuse en matière d’atome civil. Sa dernière grande aventure reste la construction du réacteur EPR à Olkiluoto (Finlande), lancée en 2005 au côté d’Areva. Depuis, Siemens s’est retiré de la filiale franco-allemande Areva NP, déçu de son dialogue avec l’État français, actionnaire majoritaire de son partenaire… Un divorce qui lui a coûté 648 millions d’euros.
Le PDG Peter Löscher explique que Siemens va maintenant se contenter de livrer des pièces génériques pour le nucléaire et les centrales thermiques. La seule véritable conséquence est la rupture des négociations avec Rosatom, l’Areva russe. Sans états d’âmes, Siemens tire les conséquences de la décision du gouvernement allemand de fermer toutes les centrales nucléaires du pays d’ici 2022. Sans un marché nucléaire intérieur, il est difficile de porter des affaires à l’étranger.
Siemens compte sur les centrales à gaz, les lignes hautes tensions et les énergies renouvelables, trois domaines dans lesquels l’Allemagne va investir pour pallier la part d’électricité nucléaire (22% de son mix énergétique) appelée à disparaître. D’ici 2020, le pays doit construire 10 GW de centrales à gaz, quelques centrales à charbon et faire passer la part des renouvelables dans son mix énergétique de 18 à 35 %.
La vraie conséquence du retrait de Siemens de l’atome concerne la France. A l’avenir, l’Hexagone concentrera le savoir atomique européen, et ses filières éoliennes et photovoltaïques auront bien du mal à prendre leur envol… à l’ombre de géants allemands qui passent la vitesse supérieure.

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