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Siemens accueille la chaîne de production de SymbioFCell

Par Astrid Gouzik - Publié le
SymbioFCell
© D.R.

  Le fabricant de piles à combustible installe la première ligne industrielle d’Europe, dans l’usine Siemens basée à Grenoble. Bertrand Chauvet, directeur du développement commercial de SymbioFCell, répond à L’Usine Nouvelle.

L'Usine Nouvelle - Quelle est la technologie développée par votre entreprise ?
Bertrand Chauvet - Pour faire des voitures électriques aujourd’hui, il y a 2 solutions : soit on utilise des batteries, soit des piles à combustible.

Or, les piles présentent deux avantages. D’abord leur autonomie est beaucoup plus importante (entre 400 à 600 km) que pour les voitures électriques équipées de batterie (entre 70 et 120 km).

D’autre part, il faut compter entre 4 et 8h pour recharger une batterie électrique. Pendant ce temps-là, le véhicule est  immobilisé sur une borne de recharge. Un véhicule "pile à hydrogène" se recharge en seulement 3 minutes grâce à une station de recharge hydrogène, telles que celles déployées par Air Liquide. C’est même plus rapide qu’une station à essence.

N’est-ce pas un pari risqué de développer des piles à combustible dans un pays où les constructeurs automobiles ont privilégié les batteries ?
Un certain nombre de pays industriels a choisi cette technologie : l’Allemagne notamment. Elle a commencé à investir depuis mi-2010 près de deux milliards d’euros pour déployer des stations hydrogène sur l’ensemble du territoire allemand.

En France, sous la pression des lobbies électriciens, les constructeurs français ont opté pour la solution batterie. Mais nous voulons positionner les piles à hydrogène sur le marché national malgré tout, notamment car Air Liquide essaie de déployer des infrastructures de distribution d’hydrogène en France. Mais tous les acteurs devront s’y mettre : s’il y a des stations mais pas de véhicules, cela ne fonctionnera pas, et inversement.

Quelles sont vos cibles ?
Le premier segment de marché est le prolongateur d’énergie: on installe une pile à combustible sur des véhicules électriques existants (par exemple la Renault Kangoo ZE). Nous l’avons déjà fait pour l’un de nos clients, un géant de l’industrie chimique.

Le deuxième segment concerne les véhicules de forte puissance (camions, bus, engins spéciaux). Là, nos solutions sont extrêmement pertinentes.

Nous travaillons par exemple sur une voiture de course construite par l’écurie suisse Green GT. Elle sera engagée au Mans en 2012. Nous réalisons un pile à combustible de forte puissance (300 KW, plus de 400 chevaux).

La pile à hydrogène serait donc la solution idéale ?
Il reste tout de même un petit inconvénient. A l’heure actuelle, l’essentiel des piles à combustible disponibles sur le marché est produit en très petites quantités. Elles sont donc très chères. Equiper un véhicule d’une pile à hydrogène double quasiment son prix de base.

Pour réduire ces coûts de 70% les deux prochaines années et de 90% supplémentaires d’ici à 2015, il nous faut les produire en série. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de lancer une chaîne de production, la première en Europe. Jusque-là, même les constructeurs comme Mercedes font venir leurs piles du Canada.

Nous voulons industrialiser le système complet. Le CEA fournit des briques technologiques, nous, les systèmes opérationnels.

Pourquoi avoir conclu cet accord avec Siemens ?
Nous cherchions un partenaire. Or Siemens Energy à Grenoble accueille des projets innovants pour accompagner à la reconversion de ce site. Nous avons donc convenu d’installer la ligne de production de SymbioFCell dans l’usine Siemens de Grenoble. Nous avons bénéficié de leur expertise et de leur support.

La première ligne sera installée à partir du mois de janvier, et nous devrions être en mesure de produire une vraie série à la fin de l’année 2012.

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2 réactions

bdam | 24/11/2011 - 15H05

Absolument. Les développements sont surtout orientés aujourd'hui vers l'utilisation des énergies renouvelables actuellement gaspillées quand le réseau électrique n'en a pas besoin. On met des électrolyseurs et on fabrique de l'hydrogène sur le coût marginal des ENRs (cf l'exemple du plus grand parc éolien Européen à Lilland au Danemark). Il y a aussi la production par biomasse, la co-génération dans les centrales (chaleur+vapeur d'eau pour casser les molécules et récupérer l'hydrogène, et enfin, l'hydrogène fatal gaspillé et rejeté par les usines. En France, chaque année 50 000 tonnes de H2 pur sont rejetées, de quoi faire rouler 330 000 voitures H2 par an en France...

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scaletrans | 24/11/2011 - 14H28

Si les économies d'échelle annoncées sont bien là, tous les espoirs sont permis. Reste la question de la production d'hydrogène... à grande échelle.

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