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Siemens abandonne le nucléaire

Par Rémy Maucourt - Publié le
Centrale Siemens
© Rodrigo_Soldon - Flickr - C.C

Le groupe compte recentrer ses activités sur les énergies renouvelables. Cette décision fait suite à celle de l'Allemagne de renoncer au nucléaire civil.

"Ce chapitre est clos pour nous." Peter Löscher, PDG de Siemens, est catégorique. Dans une interview accordée à l'hebdomadaire Der Spiegel, le dirigeant détaille le choix de son entreprise. "A l'avenir nous continuerons à livrer des pièces conventionnelles, comme des turbines à vapeur. Cela signifie que nous nous bornons à des technologies qui ne servent pas qu'au nucléaire, mais que l'on trouve aussi dans les centrales à gaz ou à charbon" a-t-il précisé.

Peter Löscher voit dans cette décision une "réponse à la position claire prise par la société et le monde politique en Allemagne". Fin mai 2011, le gouvernement d'Angela Merkel a décidé de fermer les huit centrales nucléaires du pays, quelques semaines après la catastrophe de Fukushima. Les efforts publics de recherche vont être réorientés vers les énergies renouvelables. Or Siemens est également fournisseur de matériels pour les énergies éolienne et solaire. Peter Löscher compte donc profiter de la nouvelle politique de son gouvernement, qu'il qualifie de "projet du siècle".

Première conséquence concrète du choix de Siemens : l'abandon d'un partenariat prévu avec le groupe public russe Rosatom dans le nucléaire. "Les deux groupes sont toujours très intéressés par un partenariat. Mais il portera sur un autre domaine", a précisé Peter Löscher. Du côté du groupe public russe, on assure que la coopération entre les deux groupes va se poursuivre dans d'autres domaines, comme la médecine nucléaire. "Siemens est l'un des leaders dans la production d'équipements pour la médecine nucléaire, et Rosatom est l'un des leaders dans la production des isotopes utilisés dans la médecine nucléaire", précise Sergueï Novikov, porte-parole du groupe russe. 

Ce partenariat fait suite à la rupture de l'accord entre Areva et Siemens, en 2009. Le groupe Allemand s'était alors retiré d'Areva NP, une co-entreprise spécialisée dans la fabrication de chaudières nucléaires. Areva a fini par racheter les 34% de Siemens pour 1,62 milliard d'euros.

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