Le géant japonais de l’électronique fait face à une situation financière critique. Pour se renflouer, il pourrait être contraint de vendre plusieurs de ses activités.
Rien ne semble arrêter la descente aux enfers de Sharp. Après une perte record de 376 milliards de yens (4,8 milliards de dollars) sur l’exercice fiscal 2012 clos le 31 mars dernier, le géant japonais de l’électronique s’enfonce encore plus dans la crise.
Sur le premier trimestre de l’exercice fiscal 2013 (du 1er avril au 30 juin 2012), il a enregistré une chute de son chiffre d’affaires de 28,4% à 458,6 milliards de yens (5,8 milliards de dollars) par rapport au même trimestre un an auparavant. Une contre-performance qui entraine une perte nette de 138,4 milliards de yens (1,7 milliard de dollars), trois fois celle du premier trimestre de l’exercice précédent et la plus importante de toute son histoire.
Et Sharp n’est pas prêt de voir le bout du tunnel puisqu’il prévoit une perte nette de 250 milliards de yens (3,2 milliards de dollars) sur l’ensemble de l’exercice 2013. A la bourse de Tokyo, le cours de l’action est tombé en dessous de 200 yens, dix fois celui il y a cinq ans. Autant dire que les 57 000 employés, qui s’apprêtent à célébrer le centième anniversaire du groupe en septembre prochain, n’auront pas le cœur à la fête.
Pour redresser les comptes, Takashi Okuda, qui a succédé à Mikio Katayama en tant que PDG, a décidé un ensemble de mesures visant à réduire les coûts fixes de 100 milliards de yens (1,3 milliard de dollars) par an. La production de grands écrans LCD dans l’usine de Sakai, la plus grande et la plus avancée du groupe, a été réduite à 30% de sa capacité, ceci afin d’éviter l’accumulation de stocks, synonyme de dépréciation et de coûts.
Sur les traces de Sanyo ?
Mais Sharp ne désespère pas de remonter le taux d’utilisation entre 80 et 90% au trimestre allant de juillet à septembre 2012 grâce à la reprise des commandes de ses clients dans la télévision et l’arrivée des premières commandes de Hon Hai Precision Industry. Ce sous-traitant taïwanais d’électronique a noué en mars 2012 un partenariat capitalistique et stratégique avec Sharp. Le groupe a également annoncé la suppression de 5000 postes, une première dans son histoire.
Mais la presse nipponne doute que ces mesures suffisent. Le groupe d’Osaka croule sous un endettement de 1250 milliards de yens (16 milliards de dollars). Pour faire face à ses engagements financiers à venir, il pourrait être contraint de vendre plusieurs de ses activités. Les photocopieurs, les systèmes d’impression, les climatiseurs et l’éclairage à LED figurent parmi les activités sujettes à la vente. Selon des fuites dans la presse japonaise, Sharp prépare déjà la vente de ses usines au Mexique et en Chine à Hon Hai Precision Industry.
L’un des plus vieux groupes japonais d’électronique est donc menacé de démantèlement. Ce scénario n'est pas sans rappeler les déboires de Sanyo qui, pour se renflouer à suite d’un retournement brutal de ses marchés en 2004, a dû vendre ses écrans plats, ses semiconducteurs, ses téléphones mobiles et son gros électroménager. L'histoire s'est soldée par une absorbtion en 2011 par Panasonic.









