SERVICESVivendi amorce une sortie de l'énergieAvant la fin de l'année, Vivendi décidera du sort de ses activités de producteur indépendant d'électricité, rassemblées aux Etats-Unis autour de Sithe. Le pôle " énergie-services " de Dalkia n'est, pour l'instant, pas en cause. Alors que Suez-Lyonnais...

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2702

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Vivendi amorce une sortie de l'énergie

Avant la fin de l'année, Vivendi décidera du sort de ses activités de producteur indépendant d'électricité, rassemblées aux Etats-Unis autour de Sithe. Le pôle " énergie-services " de Dalkia n'est, pour l'instant, pas en cause. Alors que Suez-Lyonnaise des eaux vient de se renforcer outre-Atlantique.



Jouer dans la division d'honneur aux côtés de Pacific Gas & Electric, AES, Edison International, Enron et des autres grands de l'électricité aux Etats-Unis exige, en permanence, des moyens colossaux. Et il en faudra plus encore lorsque la dérégulation s'accélérera sur le marché américain au rythme des législations mises en place par les Etats. C'est pourquoi Sithe Energies, la filiale américaine dont Vivendi détient 60 % aux côtés du japonais Marubeni (29 %), est mise " sous revue stratégique ". En clair, son maintien dans le groupe n'est plus considéré comme prioritaire.

Difficile d'être en tête dans tous les secteurs

Parallèle saisissant, au même moment, Elyo (Tractebel) vient d'annoncer la prise de contrôle à 100 % de sa filiale américaine Trigen Energy (cogénération), détenue jusqu'à 52,7 % pour plus de 120 millions de dollars. Une société de 745 salariés implantée dans l'Etat de New York qui a réalisé, au premier semestre, un chiffre d'affaires de 146,3 millions de dollars (+ 16 %) et dégage plus de 14 % de marge opérationnelle. Bref, au moment où Suez-Lyonnaise des eaux pousse Tractebel, dont il vient de prendre le contrôle, à forcer l'allure à l'international, Vivendi fait le chemin inverse. S'apprêtant, au mieux, à revoir ses ambitions aux marchés européens et à un recentrage sur l'optimisation énergétique et les services associés, aujourd'hui regroupés dans sa filiale Dalkia. Malgré les nombreux désinvestissements opérés par Jean-Marie Messier depuis son arrivée à la tête du groupe, il lui est de plus en plus difficile de poursuivre la course en tête dans tous ses métiers dans des secteurs aussi différents qu'Internet, l'eau ou l'énergie. C'est en tout cas ce que pensent de plus en plus d'analystes. Le titre a ainsi cédé plus de 8 % en Bourse la semaine dernière, malgré des résultats semestriels supérieurs aux prévisions. Retour en arrière. Voilà un an, Jean-Marie Messier avait pris à contre-pied les milieux financiers en annonçant l'achat, pour 1,7 milliard de dollars, des vingt- trois centrales non nucléaires de GPU (General Public Utilities). Avec ses 7 000 mégawatts de capacités directes et 11 000 mégawatts sous gestion, cette acquisition lui donnait une position dominante dans le nord-est des Etats-Unis. Et, venant après la prise de contrôle, pour 657 millions de dollars, de douze centrales cédées par Boston Edison dans le Massachusetts, elle laissait présager une stratégie de grande ampleur dans la production indépendante d'électricité (les " IPP ", selon la terminologie américaine). Aux Etats-Unis, mais aussi en Amérique latine, en Australie et en Asie du Sud-Est. Elle ne devait cependant devenir effective qu'à l'automne de 1999, après la mise au point d'un montage financier où Vivendi n'aurait apporté que 30 % du montant total de la facture. Cet automne, la prise de contrôle des actifs de GPU n'est tou- jours pas bouclée, et l'heure est aux interrogations stratégiques. " Notre système existe aux Etats-Unis depuis six mois. Je me donne encore du temps pour voir s'il fonctionne ", confiait Jean-Marie Messier en juillet. En ajoutant : " En Europe, il n'y a rien à faire, et nous n'allons pas nous battre. Nous ne sommes pas à armes égales avec EdF dans un contexte où, avec l'ouverture du marché, la concurrence va augmenter. Nous resterons sur notre offre actuelle. D'autant que, avec le système de clients éligibles, il ne nous est pas possible de proposer une offre globale. "

Des perspectives de rentabilité décevantes

Les conclusions sont faciles à tirer. Une étude récente de Credit Lyonnais Securities Europe faisait état de " la déception de Vivendi face aux perspectives de rentabilité de cette activité énergie, extrêmement concurrentielle, exigeant une forte mobilisation des capitaux (1,8 milliard d'euros de capitaux employés pour un chiffre d'affaires de 1,1 milliard). Le pôle " énergie " ne pèse aujourd'hui que 12 % (3,6 milliards d'euros) du chiffre d'affaires de Vivendi (contre 36 % pour Suez-Lyonnaise). Et, dans cet ensemble, ce sont les activités " énergie-services " (Compagnie générale de chauffe et Esys-Montenay), dirigées par Armand Burfin, qui se taillent la part du lion. En chiffre d'affaires et plus encore, sans doute, en rentabilité. Premier gestionnaire européen d'installations thermiques, Dalkia (2,64 milliards d'euros de chiffre d'affaires) projette de se développer au rythme de 20 % l'an d'ici à 2001. En misant sur les opportunités de marchés les plus nombreuses : la cogénération, le " facilities management " et l'optimisation des réseaux de chaleur. Que ce soit ou non au sein de Vivendi. avec



L'energie : 10 % des ventes en 1999

Sur les 39,62 milliards d'euros de chiffre d'affaires que Vivendi devrait atteindre cette année, l'énergie ne devrait plus représenter que 10 % (3,8 milliards d'euros, en hausse de 8 %), selon une étude de J. P. Morgan Securities. Elle se place loin des activités dans l'eau (10,11 milliards de chiffre d'affaires), la construction (8,85 milliards), les télécommunications (4,3 milliards). Les médias pèseraient d'un poids sensiblement équivalent (3,99 milliards), de même que le traitement des déchets (4 milliards). L'immobilier (1,9 milliard) et le transport (2,6 milliards) rassemblaient les actifs les moins importants.

Ses 6 % de croissance attendue la rangent aussi loin des progressions escomptées dans l'eau et les télécommunications (50 %), les médias (30 %), le traitement des déchets (29 %) et les transports (25 %).

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