Semi-conducteurs : nouvelle restructuration chez NXP
Le 12 septembre 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
NXP Semiconductors (ex-pôle de semi-conducteurs de Royal Philips Electronics) vient d'annoncer une restructuration majeure de ses activités. Le fabricant recentre sa production sur trois usines et quatre marchés.
En butte à un ralentissement de son activité - sa perte nette atteint 330 millions de dollars au deuxième trimestre 2008 -, NXP Semiconductors vient d'annoncer plusieurs mesures drastiques visant à renouer avec la croissance. « L'objectif vise à rétablir une situation financière saine et à améliorer le positionnement du groupe sur le marché des semi-conducteurs », a précisé Frans van Houten, le PDG de NXP lors d'une conférence téléphonique ce vendredi 12 septembre. Avant de regretter l'impact social de la réorganisation qui affectera principalement les Pays-Bas, l'Allemagne, la France et les Etats-Unis. Elle entraînera les départs d'environ 4 500 salariés, essentiellement dans les usines, les fonctions de support et les entités de recherche et de développement.Chute du dollar
« L'environnement économique défavorable » et « la chute du dollar » sont à l'origine des difficultés de NXP, selon Frans van Houten. Il rappelle que le groupe - qui emploie pour l'instant environ 31 000 salariés à l'international - engrange près de 50% de ses revenus en dollars, tandis qu'une grande partie de ses coûts de production sont actuellement supportés en euros ; ce qui a un impact fort sur son résultat d'exploitation. La restructuration, dont le coût est évalué à près de 800 millions de dollars, doit permettre à NXP d'économiser 500 millions de dollars annuellement.
Allemagne, Pays-Bas et à Singapour
Au premier rang des mesures envisagées : la production de semi-conducteurs doit en grande partie être « recentrée » sur trois usines, qui sont « les plus avancées » selon le PDG. En Europe, l'usine néerlandaise de Nijmegen sera préservée, de même que celle de Hambourg en Allemagne. Le reste de la production sera concentré à Singapour (sur l'usine SSMC). L'idée étant d'arriver à « une base de production plus équilibrée entre l'Europe et l'Asie », poursuit-il. Les quatre usines restantes, dont la française, « seront fermées ou vendues » d'ici 2010.
Maintien des efforts de R&D
Les activités de recherche et de développement - cruciales pour cette activité - ne sont pas épargnées par la restructuration. Là aussi, Frans van Houten affiche pourtant un certain optimisme. « La restructuration doit amener une structure de coûts plus équilibrée », martèle-t-il, précisant que NXP continuera d'investir « de l'ordre de 16 à 17% de ses revenus dans la recherche et le développement, ce qui est en phase avec les autres fabricants de semi-conducteurs ».
Le groupe - qui a externalisé en avril sa fabrication de puces pour téléphone dans un joint-venture détenu à 80 % par STMicroelectronics et s'apprête à lui céder ses parts -, précise pour finir qu'il concentrera désormais ses efforts sur les quatre segments de marchés où ses semi-conducteurs sont les mieux positionnés. A savoir les équipements multimédia domestiques, l'automobile, l'identification et les semi-conducteurs « multi-usage » (multimarket).
Christophe Dutheil
NXP France vend son usine de production de Caen
De notre correspondant en Normandie, Patrick Bottois

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