Le cofondateur d'Apple anticipe des "problèmes horribles" à venir avec le développement croissant du Cloud computing. Selon ce pionnier de l'industrie de l'informatique, le Cloud peut entrainer une perte du contrôle des données, une problématique à laquelle sont particulièrement sensibles les entreprises européennes.
Steve Wozniak s'inquiète du développement croissant du Cloud computing. "Cela me tracasse vraiment que tout passe dans le Cloud, je crois que ça va être épouvantable. Je pense qu'il va y avoir des problèmes horribles dans les cinq prochaines années, a déclaré le cofondateur d'Apple selon l'AFP. Avec le nuage, rien ne vous appartient (…) Plus on transfère dans le nuage, moins on garde le contrôle."
L'ingénieur de 62 ans, s'exprimait à la presse ce week-end, en marge de l'avant-dernière représentation de théâtre à Washington, intitulée : "L'agonie et l'extase de Steve Jobs". Il s'agit d'un monologue de deux heures de l'acteur Mike Daisey sur les conditions de travail en Chine dans les usines qui fabriquent des produits Apple. À l’issue de la représentation, Steve Wozniak a été interrogé sur l'une des grandes tendances actuelles en matière d'informatique. Ses réponses se sont donc concentrées sur ses inquiétudes face au développement du Cloud computing.
Il ne s'agit bien entendu que d'un avis personnel. Mais venant du co-fondateur d'Apple, considéré par beaucoup comme un des pionniers de l'industrie micro-informatique, ces inquiétudes prennent une dimension à part.
Le contrôle des données dans le Cloud : première problématique des entreprises
Steve Wozniak n'est bien entendu pas le seul à émettre des réserves vis-à-vis du Cloud computing. Bob Jones, un des responsables du département IT du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), nous confiait récemment que le Cloud posait problème dans le cadre réglementaire européen actuel.
Au cœur de ces préoccupations, également le contrôle des données, qui peut échapper à l'entreprise et transiter vers les Etats-Unis où sont hébergés les principaux services de Cloud. Or, la directive 95/46/EC de 1995 interdit les transferts des données personnelles en dehors de l'Union européenne. Il y a donc un risque juridique pour une entreprise qui n'a pas contrôlé le transfert de ses données, ce qui est parfois difficile avec le Cloud.
Cette problématique serait même au cœur des préoccupations de DSI européens. Selon une récente étude de Forrester Consulting, leur principale crainte vis-à-vis du Cloud computing est le manque de visibilité sur la traçabilité des données et leur possible stockage hors de l'Europe. Gartner observe pour sa part que les entreprises européennes rechignent à opter pour des solutions de Cloud américaines, à cause du Patriot Act. Cette mesure permet au gouvernement américain d'accéder à toute donnée hébergée par une société sur son territoire en cas de risques liés au terrorisme.
En France, la Commission de l'informatique et des libertés s’est récemment penchée sur la question. Elle propose une série de clauses contractuelles de référence afin que les entreprises puissent mieux choisir leur prestataire de Cloud, et éventuellement modifier leur contrat. Parmi elles, plusieurs clauses encadrent les transferts de données à l'étranger et précisent les responsabilités des prestataires.









