Sécurité : Suis-je bien protégé contre l'espionnage industriel ?

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3320
Tous les salariés doivent être vigilants.
Tous les salariés doivent être vigilants.

Pour tester la sécurité de son entreprise, Urgo, le spécialiste français des pansements, a demandé à la DCRI d’évaluer ses défenses.

L’affaire d’espionnage industriel qui avait frappé Renault en 2011 a laissé des traces et pas seulement dans le secteur automobile. À Dijon, les laboratoires Urgo, le numéro un en France des pansements vendus en pharmacie, se sont interrogés sur la vulnérabilité de leurs outils de protection. Pour les tester, ils ont demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de les attaquer. « Tout est parti d’une rencontre avec un spécialiste de l’intelligence économique au gouvernement, qui m’avait fait part de la méconnaissance générale sur le nombre d’attaques dont on peut être victime, raconte Pierre Moustial, le directeur général des laboratoires Urgo. Sans être forcément spectaculaires, elles peuvent représenter des pertes d’information importantes au quotidien. » Un stagiaire qui diffuse des données sur internet, un collaborateur qui réalise une présentation dans une université qui la met en ligne sans prévenir, sans compter les cinq ordinateurs qui seraient quotidiennement volés dans le Thalys !

Pour veiller à ce que les secrets de développement d’Urgo soient bien gardés, la DCRI a évalué, pendant quelques jours, la sécurité de l’établissement principal, ainsi que son informatique. Avec un retour d’expérience recensant les points forts et ceux à améliorer.

« Nous en avons fait un projet constitué d’une dizaine de thèmes, comme la protection informatique, l’encadrement des visiteurs, les déplacements à l’étranger, que nous avons déclinés en actions », explique Pierre Moustial.
 

Voyages à risques

Urgo a édité un guide des déplacements, afin de rappeler les règles à respecter. Limiter l’accès visuel à son écran d’ordinateur dans le train, ne pas débriefer une négociation dans un taxi, broyer les documents sensibles… « Et se méfier des techniques d’élicitation, qui vous soutirent de l’information sans que vous ne vous en aperceviez ! », prévient le directeur général. S’il est trop tôt pour dresser un bilan, la démarche – contrairement à un audit classique, parfois mal perçu – a retenu l’intérêt des salariés. « Ils ont été très coopératifs, n’ayant pas envie de se faire voler leurs compétences et leurs innovations ! » La Délégation interministérielle à l’intelligence économique (D2IE) a, quant à elle, lancé une lettre d’information électronique destinée aux chefs d’entreprise et aux cadres dirigeants, diffusée tous les deux mois. Par réseau sécurisé ? ??

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