Sécurité sanitaire : pas de réponse viable sans l’aide de l’industrie
Par Gaëlle Fleitour - Publié le
Créée suite aux attentats du World Trade center, l’Initiative mondiale sur la sécurité sanitaire, composée des pays du G7, a dressé le bilan de ses dix ans d’action… en épargnant ses membres. Et promet de collaborer avec l’industrie.
Attentats du World Trade Center, envoi postal de spore d’anthrax aux États-Unis en 2001, syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003, pandémie de grippe H1N1 en 2009, jusqu’à la catastrophe de Fukushima en mars… En dix ans, la sécurité sanitaire mondiale a été mise à rude épreuve. Tout comme l’Initiative mondiale sur la sécurité sanitaire (GHSI), un réseau informel de huit pays - Canada, Allemagne, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Etats-Unis et France – constitué suite aux attentats du 11 septembre 2001. Sans budget dédié, mais avec une ambition : "échanger de façon plus souple que dans les enceintes institutionnelles multilatérales sur les questions sanitaires relatives à la lutte contre le terrorisme", ainsi que les risques de pandémie grippale.
Ne pas froisser les pays membres
A l’occasion de ses dix ans, les ministres de la Santé membres du GHSI se sont donc retrouvés à Paris. L’occasion de revenir sur les dix ans écoulés… sans froisser ses membres…. La gestion de la crise liée à la bactérie E.coli entérohémorragique (Eceh), cause du décès de 49 personnes en Allemagne et une en Suède l'été dernier ? "Nous saluons les efforts soutenus de l'Allemagne en réponse à [cette] flambée épidémique d'infections", écrivent les ministres. Sans revenir sur la maladresse des autorités allemandes, qui avaient accusé, à tort, des concombres biologiques cultivés en Espagne d'être le véhicule de la maladie… alors qu’il s’agissait de graines importées d'Egypte !
Quant à la pandémie de grippe A (H1N1) en 2009, elle avait "mis à l’épreuve" le règlement sanitaire international, reconnait Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. Incapables de négocier l'achat des vaccins avec les laboratoires, qui leur ont imposé leurs conditions, les pays avaient pour certains massivement dépensé, comme la France avec l’achat de 94 millions de doses.
De quoi inciter les membres du GHSI à travailler en amont avec l’industrie, leur a demandé L’Usine Nouvelle ? "La production d’un vaccin demande de répondre à un risque identifié, répond Xavier Bertrand, le ministre français de la Santé. Mais notre rôle est de voir s’il y a une réponse sanitaire (traitements ou vaccins), et d’avoir vocation à collaborer avec les industriels pour identifier en amont les maladies émergentes." Pour la dengue, par exemple, "les choses bougent", se réjouit-il, Sanofi travaillant à la mise au point d’un vaccin. "Avoir un travail conjoint avec les industriels, c’est une évidence. Nous ne sommes pas uniquement dans la sphère politique et publique", précise-t-il.
Des réponses concrètes… à l’échelle européenne
Mais c’est sans doute en dehors du GHSI que peuvent être prises les mesures les plus concrètes. Egalement présent, John Dalli, Commissaire européen en charge de la Santé, a ainsi rappelé la communication publiée la veille par la Commission européenne. Afin de "combler les lacunes constatées" lors des récentes crises sanitaires, elle incite notamment les pays membres à l'acquisition conjointe de vaccins en cas de pandémie grippale. De quoi obliger les laboratoires à négocier…
Quant au GHSI, il compte déjà renforcer les liens entre "nos laboratoires de biologie de haute sécurité, afin de favoriser l'échange d'information et la coopération dans des domaines tels que l’étude des agents pathogènes émergents et dangereux" et le diagnostic des risques. Objectif, "renforcer les bases factuelles de notre riposte collective face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires".
Prochain bilan dans dix ans ?

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